Le Chat de Barcelone


Je ne savais rien du chat de Barcelone. Naïve. Je ne savais rien de tout cela. C’est le hasard qui m’a mené jusqu’à lui… Une recherche sur la photographie menant à plusieurs noms: ceux de Dominique Mahut, de Chloé Mons… Un matin.  J’ai ouvert la boîte aux lettres. L’enveloppe était mangée par la pluie, à l’intérieur: une revue Photos Nouvelles. Mes yeux n’avaient pas donné de sens à cette forme: pourtant il s’agissait bien d’un chat. Un chat mort. Celui d’André S.Labarthe.

Fragments d’un journal: « Mai 2002. Le chat de Barcelone. Je le repère en 1982 sur la chaussée poudreuse d’un faubourg industriel de Barcelone. Il est à demi enseveli dans la poussière. Je le pousse du bout du pied et l’observe. L’état de sa fourrure râpée comme un très vieux manteau (…) témoigne qu’il a séjourné de longs mois dans la fange après avoir été écrasé par un camion. Je le prends entre deux doigts et l’examine de plus près. Il est sec, plat, démonstratif: il ressemble à une photopgraphie. Ou, plutôt, à deux photographies qui auraient été tirées dos à dos sur le même support et représenteraient le recto et le verso d’un même objet: un chat (…) » / « Décembre 2009. Le chat de Barcelone (coda). Un instantané? Non: un instant tanné » André S. Labarthe

Le chat était à l’honneur. Maison d’Art Bernard Anthonioz. Carte blanche à André S. Labarthe et à Anne-Lise Broyer. Le mélange des matères filmiques, sonores, photographiques… il s’agissait pour le spectateur d’exposer, de caresser à travers « un choix d’objets chimériques ce félin catalan,une pensée aussi singulière que libre ». Un prolongement entre les pages de cette nouvelle revue. Le Chat de Barcelonne « photocopié, photographié, radiographé, interprété, scénarisé, raconté ou fantasmé par 42 artistes ». J’avoue, il est parfois difficile, de venir à bout de certains textes. Mais il faut trouver le temps d’y revenir. Certaines lectures ont besoin d’espace. Le lecteur doit être dans un état singulier pour s’ouvrir et dépasser la difficulté et cette sensation étrange. On peut se poser la question de l’art, de son utilité, de sa représentation. Il y a en fait derrière l’objet, il me semble, une réflexion sur la vie. Enfin, je crois. Il faudra, avant de conclure, lire d’autres revues, d’autres textes sans craindre de tomber sur la dépouille du félin… qu’elle soit scénarisée ou photographiée.

Le Chat de barceloneExtrait du texte « J’ai porté le chat de Labarthe » par Dominique Mahut : « (…) Dès que j’ouvre le couvercle, je comprends: IL EST LA, DANS LA BOITE! Mon geste s’alourdit, devient lent, c’est comme une cérémonie minuscule, je soulève un coin du sac aplati qui le contient, une douce patte m’apparaît, et un peu du reste de la dépouille (…) Quelques temps après, nous sommes tous les trois dans le métro, Anne-Lise a la main bandée, je lui propose de porter « LE CHAT » (…)

Sommaire de la revue: Richard Dumas – Anne-Lise Boyer – Tatiana Vialle – Cécile Callou – Sophie Calle – Eric Rondepierre – Muriel Pic – Bruno Nuytten – Nicolas Comment – Pascal Bourg – Alain Fischer – Alain Coulange – Jean-Christophe Bailly – Dominique Mahut – Anne Bertrand – Paul-Armand Gette – Atiq Rahimi – Pierre de Chevilly – Chloé Mons – Arnaud Le Guilcher – Charles Berberian – Jennifer Ward – Denis Polge – Henri Foucault – Bertrand Schmitt – Frédérique Chapuis – Valérie Villieu – Julien Mérieau – Dominique Païni – Grégoire Hespel – Danielle Robert-Guédon – Jacques Henric – Guillame Geneste – Laurence Faure – René Tanguy

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