Un nid pour quoi faire


Cadiot, Poitrenaux, Lagarde: rois du Gymnase Gérard Philipe!!!

« Cour royale en exil à la montagne cherche conseiller image, chambre tt cft dans chalet atypique, artistes s’abstenir, envoyer prétentions »

Lieu: Gymnase Gérard Philipe

Texte: Olivier Cadiot

Mise en scène: Ludovic Lagarde / Adapation: Olivier Cadiot et Ludovic Lagarde

Musique: Rodolphe Burger / Vidéo: David Bichindaritz et Jonathan Michel

Distribution: Laurent Poitrenaux – Pierre Baux – Valérie Dashwood – Guillaume Girard – Constance Larrieu – Ruth Marcelin – Samuel Réhault – Julien Storini – Christèle Tual

Photos du spectacle:http://www.festival-avignon.com/fr/Spectacle/3

Un nid (musique Burger; texte: cadiot): Album à se procurer. C’est excellent. Vous trouverez sur ce blog divers articles sur Mr Rodolphe Burger – artiste incontournable!

Extrait du livre (p:74)

Un homme seul est assis dans cette cuisine, appelons-le Robinson, il n’a pas de barbe, de chapeau en peau de chèvre, de parasol et de perroquet, mais quelque chose dans son cerveau persiste, il traduit tout ce qui lui arrive en termes d’île, chaque événement est un naufrage, chaque décision minuscule est à la vie à la mort, comment faire pour s’installer ici, que faire pour améliorer ça? tout ressemble à un campement, tout est précaire, on ne va jamais s’en sortir, les problèmes se subdivisent à l’infini, en minuscule soucis, comme une côte est accidentée jusque dans le contour d’un grain de sable, il ne faut pas dramatiser, quand même.

C’est déjà de l’histoire ancienne.

Ce spectacle est resté ancré dans ma mémoire pendant toute la période du Festival. Les images les couleurs, les déplacements, le timbre de la voix, la folie, le verbe, le rythme. Gravés. J’espère que « la pièce » va tourner. J’admets: j’aime l’oeuvre de Cadiot, les mises en scène de Ludovic Lagarde, le jeu de Laurent Poitrenaux. Alors. Forcément. Lorsque ces trois là sont réunis…  la magie opère. Retour en arrière. Nous ne sommes pas le 26 mais le 17 Juillet, il n’est pas 7h50 mais 16 heures et il est temps de prendre la navette près des remparts pour se diriger vers le Gymnase Gérard Philipe. Chaleur écrasante. Soif. S’engouffrer dans le bus. Commencer le cahier. Noter des mots, des parcelles de phrases. Se donner des repères visuels au cas où. Sur place. Récupérer les billets, les déposer précieusement et ne prendre que le nid. Dans la salle. Frais. Mais soif. Soif. J’aurais dû prendre une bouteille d’eau. Scruter l’espace, le plateau. Un petit clic et ouvrir et noircir le papier.

« Plateau structuré, une banquette au centre, des peaux de bête. Plusieurs lits. Etagères. Echelles. Coin cuisine. Presque symétrie de l’espace. »

Pas de chance. Par contre. Toujours le chic pour tomber sur le spectateur qui vous flingue votre spectacle. Une tête tout près de l’oreille à vous décoller les tympans: ça peut tuer un spectacle une chose pareille. Mais revenons à la pièce. Une sorte d’OVNI, cela faisait longtemps que je n’étais pas allée au théâtre. Pourtant cursus. Pourtant passion. Mais il faut parfois un temps pour revenir à ses amours, pour profiter de nouveau, et quel meilleur moyen que de commencer par un texte comme celui-ci. Je n’avais pas lu le descriptif avant de me placer en N7. La volonté de se laisser porter, de découvrir, de n’avoir aucun a priori, aucune images pré-conçues. Qu’un titre. Un nid. La forme est hybride, poétique, absurde parfois acide. La pièce (je ne sais si ce mot convient) débute par la musique de Rodolphe Burger: magnifique, envoûtante et parfois angoissante. Je me demande d’ailleurs s’il y a pas une reprise du thème de la chanson Un Nid (musique Burger – Texte: Cadiot).  Des images… la route, les arbres, les contours. Une voix off. Une toyota. Entrée en scène des comédiens. Chaussures de ski. Allures. S’installent. Se couchent. Lumière sur l’avant-scène. Une femme assise à une table travaille sur une maquette (représentant une piste de ski). Robinson – le nouveau – entre. Muet. Sonnerie. Les personnages s’agitent, prennent forme. Une cour royale dans un nid presque douillet. Le Roi (Poitrenaux) se réveille. Déjanté. (J’en ris encore). Tyran désabusé. L’humour est absurde, décalé, grinçant. J’adore. Excellente exploitation de l’espace, le dispositif est plus qu’ingénieux. Je crois que l’on peut dire que ce texte est une fable utopiste sur le pouvoir, les gens, l’image. On pourrait certainement déplacer le « ridicule » de certaines scènes à notre réalité. Peu à peu, la trame dérive. ça se détraque, ça tangue, ça accélère. La cour sombre dans la déchéance. Certaines références m’échappent. Quel dommage. Il faudra lire. Lire. Lire. Il y a des moments savoureux, le retour du roi après une sortie ski: quel régal (j’en ris encore – deux fois).  Il y a également le film d’archive du temps où la cour vivait au château. (j’en ris encore). Le jeu de Laurent Poitrenaux est excellent. Roi d’une cour, d’un chalet, d’un soir, d’un festival. Singulier. Laurent Poitrenaux!!! Texte incroyable et fort.  La mise en scène est un petit bijou qui scintille encore dans le fond de ma cornée. Je fuis l’analyse formelle. Je ne suis pas critique. Laissons l’impression s’étendre. La pièce sera jouée à la Comédie de Reims. Je croise les doigts pour que la troupe vienne dans notre contrée. Veux y retourner. Veux y retourner.

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