Est-ce que tu peux éteindre ton téléphone et me donner un revolver? (Avignon)


Avignon - Ludovic Lagarde et Laurent Poitrenaux lisent TchekhovLieu: Maison Jean Vilar

Date: 24 Juillet à 15 heures

Texte: Anton Tchekhov

Voix: Ludovic Lagarde et Laurent Poitrenaux

18h06. A cet instant. Pas samedi. Aujourd’hui. Lundi. Laurent Poitrenaux / A cet instant. Laurent Poitrenaux doit être sur la scène de l’Opéra théâtre pour interpréter Un Mage en été. Quel bonheur de le voir sur scène. Et comme je ne savais plus par quel bout prendre ce cahier. Je me suis dit. 18h06. Laurent Poitrenaux est sur scène. Alors. Parler d’un autre temps, d’une autre heure, d’un autre jour. ça frise la folie. ça la frôle… ça. ça. ça… Quelques marges subsistent…  Lecture… Tchekhov.

Chercher dans la mémoire le lieu, la date, l’heure. Se perdre dans les méandres  et tenter de déchiffrer les pages noires. 14h40: pousser la porte. Monter les escaliers et découvrir une cour intérieure. Magnifique. Jardin caché. Une scène. Une table en bois. Deux chaises. Patienter. Parler avec les voisins-spectateurs d’un jour. Échanger. Convaincre. Mistral. Parasol subit le rythme du vent. 15 heures: deux silhouettes poussent la porte – Ludovic Lagarde et Laurent Poitrenaux – S’équiper. Micro. Monter sur scène. Laurent Poitrenaux est assis. Lunettes. Livre. Une gorgée. Ludovic Lagarde se débat avec son micro. Quelques problèmes de son. Se diriger vers la table. Poser une main sur le dossier de la chaise. Rire et dire:

« Hé, mon livre… ».

/ Excellent. /

Retourner sur ses pas. Attraper le bouquin. S’asseoir. Allumer une cigarette. Présentation des comédiens par Mr…. (je ne connais pas son nom: l’homme à la chemise bleue) – Présentation du texte. Changement de programme. Je ne sais plus ce qui était prévu au départ, j’ai un doute. Pas le titre. Deux textes d’Anton Tchekhov… Le Tragédien malgré lui et Le Chant du cygne (il me semble)

Le Tragédien malgré lui

Tolkatchev, père de famille, se présente chez son ami Mourachkine les bras chargés de paquets, visiblement épuisé. Tolkatchev n’en peut plus, il demande à son ami de lui prêter un revolver ; pour en finir avec sa vie qui n’est qu’un calvaire ! Mourachkine refuse, mais accepte d’entendre les malheurs de son ami.

Rôles:

  • Tolkatchev: Laurent Poitrenaux
  • Mourachkine: Ludovic Lagarde

Laurent Poitrenaux lit. Répartition des rôles. Main bienveillante sur épaule. Rire. Portable qui sonne. Celui de Ludovic Lagarde. Complices. Rires. Improvisation

« Est-ce que tu peux éteindre ton téléphone et me donner un révolver »

Rythme. Voix qui porte. Rires des spectateurs, de Ludovic Lagarde. Porte qui claque. Sursaut de L. Poitrenaux.

« ah mais qu’est-ce que c’est? »

Un moment savoureux. Drôle. Fin. Intense. Le public est sous le charme. Moustique. Moustique « zzzzzzz », parfaite maîtrise du langage moustique par L.P. Excellent. Images dans la tête forcément. Bruit dans le creux de l’oreille (encore) Bzzzzzzz. Applaudissements. Deuxième texte. Un bémol cependant: le son. Trop fort. Quel dommage!!!

Avignon - Ludovic Lagarde et Laurent Poitrenaux lisent TchekhovLe Chant du cygne

Résumé (par Michel Vittoz)
Après une représentation, Svetlovidov, un vieil acteur qui a un peu trop arrosé la célébration de son jubilé, quitte le plateau et s’assoupit à peine assis dans sa loge. Quand il se réveille, tout le monde est parti, le théâtre est vide. Le vieil acteur s’avance sur la scène et découvre une salle plus sombre qu’un tombeau. Un vent coulis glacial le fait frissonner, la peur l’envahit et bientôt l’effroi, quand une silhouette blanche apparaît dans la nuit. Mais ce n’est que Nikita Ivanitch, le souffleur qui, lui, est resté dormir dans le théâtre parce qu’il n’a nulle part ailleurs où coucher.

http://colline.labomatic.org/assets/textes/peda_platonov.pdf

Rôles:

  • Svetlovidov: Laurent Poitrenaux
  • Nikita Ivanitch: Ludovic Lagarde

Une deuxième lecture plus sombre. Toujours la même complicité entre les deux artistes. Difficile de commenter. Il faut écouter, se plonger dans les respirations, les intonations. Magie du jeu tout en subtilité. Après. Applaudissements. Quelle prouesse. On imagine leur fatigue. Ils ont tellement donné pendant ce festival. Un immense merci. ça emporte. LP joue dans deux heures à quelques pas… le Mage. Comment fait-il pour tenir? Bravo. Je n’ai qu’une envie: y retourner. Le Mage d’un été. Se plonger encore dans ces univers pluriels. Quelques mots. Quelques maladresses pour dire le profond. J’ai dit: « c’est fabuleux » trois fois. Parce qu’il n’y avait rien d’autre à dire.  A cet instant. C’était fabuleux. Il y a a priori la possibilité d’entendre cette lecture sur le site de la Maison Jean Vilar, je n’ai pas trouvé l’endroit. Si quelqu’un sait où chercher. Je prends.

Dossier très intéressant ici: http://maisonjeanvilar.org/public/pdf/cahiers_mjv_110.pdf

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s