Out of context


Chercher ce soir – dans le creux de la tête – des images précises, des bouts de temps. C’est flou. Parcourir les pages du carnet. Peu de mots. Peu de notes. Peu de temps. C’était le dernier soir. Après. Rentrer. Partir. Dans la nuit et laisser derrière la magie des rues. Les images derrière les paupières. Ensuite. L’urgence d’écrire. Après. D’autres choses. D’autres journées. Ce soir. Y retourner. Chercher au fond de la mémoire et déchiffrer cette écriture incrustée dans le papier.

Il fait froid. Nuance. Il fait frais. Retour au lycée Saint-Joseph. Patienter devant la porte lourde. En bois. Imaginer. S’engouffrer et longer les artères du lycée. Lieu magique. Entrer dans la cour et tenter l’ascension des gradins. La rangée est déjà noire de monde. Il faut avancer. Place au centre. Les gens se lèvent. Tous ou presque. Patience…

/Je viens de perdre mon texte – encore – il faut sauvegarder…/

Plateau vaste. Dépouillé. Vide. Silhouette descend les gradins. Une. Puis. Plusieurs. Neuf. Le silence. Que le vent. Enlever le vêtement. Comme une seconde peau. Le déposer sur le sol. Fond de scène. ça s’envole. Prendre une couverture. Corail. S’envelopper. Corps sous la couverture. Une autre peau. Un autre corps. Une autre vie. Mouvements. Gestes coupés. Découpés sur la surface. Homme se déplace. Handicap. Démarche se fixe puis se corrompt. Percute. Choc. Avec un s. Démarche oblitérée. Porte micro. Puis. Ne porte plus. Tombe. Bruits sur le sol et dans l’air. Choc. Micro tombe et tombe et tombe.

Lenteur du préambule. Une bande-son oppressante. Une vache. Ou peut-être pas. Le geste est hommage. For Pina. Les images-sublimes se déversent sur le plateau. Tableaux corporels. Mimiques. Onomatopées. Cris.

Dans le public/ certains décrochent et le font savoir/ A ma droite/ la même/ Derrière/ « c’est long », « il est quelle heure? »/ Toutes les 5 minutes/ Derrière/ « c’est long », « il est quelle heure? », « pfff »/ Rage/ ça gâche  – ça gâche le plaisir/ ça massacre – la/ con/cen/tra/tion/ est /altérée, / brouillée/ Ne pas être en mesure de profiter pleinement/ à l’intérieur, ça enrage doucement/ à l’extérieur, ça tente de s’accrocher à la scène et rien qu’à la scène/

Mental/ Une épure. De la différence. Une réalité consumée. Prononcée par les danseurs. Micro. ça bouleverse les entrailles. Le ballet se désintègre puis se retrouve. Réflexes. Secoue la tête. Convulse. Interpelle. Corps-hystérie. Repousse les limites. Saccade.

/Derrière les murs du Lycée St-Joseph. Un mélange d’applaudissements et de hurlements. Peut-être la cour du palais des papes. Peut-être Richard./

Paroles. Spectateurs lèvent la main. Mouvement exquis. D’autres. Pensent. Voient le bon sentiment. Comme un geste-démagogie. Mais on ne peut nier l’intense. Spectateurs descendent sur scène et dansent avec corps. L’Intense. Quitter le plateau. Fond de scène. Prendre le tissus. le vêtir. Plier le corail et s’en aller. Que le vent. Applaudissements. Public debout. L’ovation.

Quel dommage. Je suis sortie énervée. Impossible. Passer à côté. Le résultat du parasite sonore.  Concentration détruite. Cambriolée. Quel dommage.

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