On Lines


Puisque je ne dors pas. Puisqu’il est six heures. Puisque c’est encore un peu hier. Ecrire. Se replonger dans les lignes de CharlElie. Et raconter. La couleur, le contraste de ses toiles-photographies. 18 heures. Vernissage d’une exposition intitulée On Lines. Et quelle exposition!!!!

En 2007, il invente le concept des « Photo-Grafs »,  « deuxième degré d’interprétation », œuvres mixtes conçues comme « la rencontre entre la captation objective de la réalité photographique et la subjectivité du mystère intérieur formalisée par la peinture, écriture-graf » (source: site Adel Gallery)

[J’ai encore perdu mon texte. Oui. Encore. Des sauvegardes. Des sauvegardes. Il faut faire des sauvegardes ]

J’avais la tête pleine, la tête vide. Qu’une ombre sur le sol. Et puis le goudron, les fissures, la rue Auguste Comte. Qu’une passante. Trajectoire perforée, dévastée. Un temps. La tête en l’air. Les yeux cherchent le 13. Comme une découverte. Un cheval coloré et puis une succession de boutiques. J’avais hâte. Sortir de là, de cet état. Longer les vitres. Les prolonger. A l’intérieur des oreilles… des notes. J’entends. En boucle Valse Vague à l’âme. En boucle. ça revient. Dans la mémoire, agitation. Dans le sac… Le vieux carnet… griffé, plissé… et puis juste derrière, enveloppé dans un magnifique plastique… Le Couloir des brumes. Extrait pour l’occasion de la bibliothèque des livres préférés, dévorés. Entre Brigitte et Henri. Il y a CharlElie. Le seul dont je possède tous les albums. J’exagère un peu. Juste un peu. Et puis. Revenir au goudron. A la vie. Quelqu’un.  Sort. Juste là. Devant moi. Une porte vitrée. Un appareil photo dans les mains. Un chapeau vissé à la tête. C’est lui. C’est il. C’est CharlElie. Sous le même ciel. Les pieds stoppés. Quoi faire??? Se nourrir des élans. Se laisser aller. Et puis écrire. Juste là. Parce que derrière la porte vitrée, il y a quatre personnes et qu’il faudra – en entrant – dire quelque chose, aller derrière le « bonjour »… et là, maintenant, tout de suite. Non. Impossible. Il y aura un bonjour timide mais la voix. La voix sera-t-elle là. Alors habiter. Un temps. Ce morceau de goudron. Lever les yeux. Observer. Adel Gallery. Rouge. Tableaux. Des cadres qui transpercent les vitrines. ça attire. Je cherchais. J’avais la tête dans des cercles de brume. Avant. Et puis, écrire. Se libérer. Comme une respiration. Passer. Se dépasser. Dépasser le seuil de la porte. Survivre au bonjour. Happée par la matière. Yeux attirés vers les lignes, vers… Fond de la galerie. Noircir le papier. Différence des matières. Passages piéton. Ligne. Sort du cadre. Du cadre blanc. Peinture épaisse sur les bords, déborde… Hors cadre… Hors… Exit… Excite la curiosité. Scruter le détail. Passer de l’autre côté. Je suis le trait orange, le vert. Un sac. Un panneau. Dedans. Sur le sol, épure. Une bouche. Dessinée. De la dentelle. Parfois fracassée. Parfois fine et légère. Rouge-trait / Contourne les espaces. Marquer / le sol /  Mouvement / NY / Une ville. Les vapeurs urbaines dépassent les contours. Nette. DRK. Je navigue entre les verticales. Perdre la notion des espaces. Dame grande comme pot de fleur. Empreintes oranges. Bitume tapé. Fissures. Mon esprit est ailleurs. Derrière moi – ça parle – silhouette apparaît dans le reflet. Ne pas oser. Respirer. Happer. Happer la pensée. Happer les yeux. Happer le coeur. Toiles qui correspondent aux mouvements de mes pieds. En sens inverse. parfois vouloir aller dans les ailleurs. Contourner les destinations quotidiennes. Un autre chemin. Une seconde vie. Comme une autre couleur. Entre le noir et le blanc. Orange. Vert. Rouge. Merci. D’autres trajectoires. D’autres rêves. Parce que ça rêve. Parce que c’est la vie derrière l’objectif. Celle qui dépasse. Celle qui accélère. Celle qui décélère. Celle qui est double. Je ne vois peut-être pas ce qu’il faudrait voir. Mais c’est comme une réponse. On Lines. Suivre. Follow the line. Mégot. Tronc. Jambes.  Entendre les pas à l’intérieur des cadres-silences. Aller dans les contraires. Jaune. Taxis. Ailleurs. La jupe est blanche et l’ombre s’échappe comme un fil, comme un parfum, comme une âme peut-être. Voyageurs. Des pattes bleues et floues. Musique. Fond sonore. La galerie est comble. Des silhouettes. Partout. Un verre à la main. Du Saint-Joseph. De l’Ambérieu (je crois). R Phone/ Duane Reade/ Chevys/ Sac à dos et téléphones portables/ Des spectres de bus. Je suis à New York city ce soir. Zones de trouble. En adéquation. Dans la marge, ça murmure. Et puis. Revenir à la réalité. Le sens de la vie. Essence.

[Cet article sera difficile à lire – certainement – mais parfois le flot des mots emporte]

J’ai acheté une affiche. Magnifique. Impossible de prendre le livre. Trop chargée. Impossible de se hisser tout près et de dire quelques mots. Je suis passée à côté. A côté. Que la voix. Que la silhouette.  J’étais dans les à l’envers ce soir. Ecrire. Ne pas parler. Piégée par Dame timidité. Alors. Quelques mots – les derniers – pour dire que ce vernissage fut un véritable succès. Du monde. Du monde. Du monde. L’exposition est ouverte encore pour quelques jours: de 14h30 à 19 heures au 13 rue Auguste Comte – 69002 Lyon.

Plus d’infos ici: http://www.adelgallery.com/artiste10.html

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s