Pièces électroacoustiques et instrumentales


Pièces électroacoustiques et instrumentales

Photo André Morin
Avec: Aurélien Marion-Gallois – Maki Nakajima – François Roux – Julia Blondeau – Lucie Antunes

Au milieu de l’exposition A Step Backwards, Bob’s Kitchen, Caprice… le CNSMD (département « Sonvs ») occupe l’espace le temps d’un concert exceptionnel: pièces électroacoustiques et instrumentales. Au milieu des cubes blancs et des toiles « épurées »… un clavier, une console, des appareils divers… Coussins colorés et dispersés sur le parquet.. Prendre possession du lieu. Après un petit jeu de piste dans le musée d’Art Contemporain. Après la visite de l’exposition consacrée à Trisha Brown. S’asseoir. Regarder. Ecouter.

Quatre pièces. (intermède de Lucie Antunes et Poème lu par une petite fille)

  1. Maki Nakajima Communication (15′)
  2. Aurélien Marion-Gallois Création (10′)
  3. François Roux Comme elle est gentille (14′)
  4. Julia Blondeau Avant-Sêma (5′): pièce pour huit crotales et générateur de fonction – Chevolek na storone (24′)

« La composition n’est pas envisagée ici comme une chose rêvée et écrite dans la seule perspective du plaisir sonore, mais comme lieu d’architecture, de conception formelle dans laquelle l’expression peut prendre toute sa place. L’incitation au rêve, à la poésie et au plaisir musical réside dans le discours et dans la façon dont les différents éléments musicaux s’organisent et sont contrôlés. La période expérimentale du développement technologique étant révolue, il s’agit de rendre ici la musique électroacoustique aussi simple, courante, pour ne pas dire ordinaire, que la musique instrumentale. » (texte publié sur le programme)

Je connais très mal cette musique et cet article ne sera constitué que d’impressions et d’hypothèses. Cependant, je peux d’ores et déjà dire que l’intérêt est né. Le premier pas est toujours essentiel. Il faut ouvrir les vannes et prolonger les horizons. Il me semble que l’on pourrait – tout à fait – plonger dans l’écriture automatique grâce à ces architectures sonores. Une expérience à réitérer. Mais pour l’heure. Tenter la formulation.

/J’avais mon petit carnet bleu – et il faut dire que ce carnet n’a pas la même aura que le jaune, je peine à écrire sur ces pages, mais quelques notes ici et là devraient faciliter l’écriture /

Voix expulsée et reconstruite. La pièce de Maki Nakajima me fait penser à de la poésie sonore. Mon oreille est accrochée. Déformation. Distorsion des sons. Cathédrale moderne. Fermer les yeux. [SILENCE] Comme lorsque la fatigue est là et que tu entends des bouts de son. Entre lenteur et rapidité. Dans la salle / Une femme veut partir / L’homme non / DISPUTE discrète entre deux cubes blancs/ Pendant ce temps, la musique se diffuse. Les spectateurs sont en écoute. Allongés sur le sol. Les yeux clos et les oreilles en éveil. Dans un mouchoir de poche – La mer – Fermer les yeux. Le spectateur – même s’il est emporté par le flot des sons – peut être perdu, il n’y a pas de repères visuels. L’artiste est derrière ses machines. Lors de cette première pièce, François Roux et Aurélien Marion-Gallois nous font face. Ils sont concentrés sur les partitions. Ne bougent pas. Ne regardent pas. Sont dans leurs bulles. C’est assez déroutant. Les mains sur le bord du tabouret se préparent, les doigts se réveillent, s’allongent et se glissent sur le clavier. Le corps s’anime. Les corps s’animent. Et ça réveille le regard et la perception. Je ne suis plus perdue. Les repères sont là. J’ai beaucoup aimé cette seconde pièce. Derrière son clavier, Aurélien Marion-Gallois propose une Création  singulière. Main sur la manette. Comme un vaisseau. Torsion sonore. Les mains se propagent avec la même force, la même intensité que l’on retrouve dans le répertoire classique. Entre les pièces, il y a les percussions, des indices précieux pour l’auditeur novice… et puis le texte dit et lu par une petite fille – assise sur un coussin rouge « J’écris pour toi, pour moi… pour les gens d’aujourd’hui et pour ceux de demain » / Deux bouches rouges discutent et ça brouillent l’écoute – une mère et une fille / Les gens marchent sur la pointe des pieds pour ne pas gêner. François Roux est passé derrière la console (je ne sais si c’est le bon terme), le corps s’anime et fait rage. Compositeur passionné transmet son oeuvre. Les gens se rapprochent. Percevoir des bouts de magie. Comprendre le fonctionnement. Je suis restée à ma place. Ne pas bouger. Pourtant ça intrigue. Le concert s’est achevé sur la pièce de Julia Blondeau qui a exploité un film de Tarkovski. Une grande maîtrise. Applaudissements, on sent les musiciens un peu timides, ne sachant pas vraiment comment il faut réagir. Après le concert, regarder les partitions. Une langue étrange faite de portées, de lignes, de schémas, de chiffres… Une jolie découverte. Ce serait très intéressant d’écrire dans cette optique musicale. Il y a vraiment un lien entre poésie et l’électroacoustique.

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