En Transcendance


En Transcendance

Avec: CharlElie Couture (chant – guitares – clavier) – Karim Attoumane (guitare) – Kevin Cerrovitch (batterie) – Ganxtha (basse) – Phil Bresson (clavier)

Commencer la journée par l’écoute de chants liturgiques… une pensée accrochée quelque part… dans un coin du cerveau… Ce soir, c’est concert!!! CharlElie débarque au Transbordeur. Et dans la mémoire, ça bouscule. Artiste lié à une période, depuis il accompagne. Comme un fil. Quatorze ans, des docks marteens rouges avec des poissons bleus. Une lenteur rebelle. Dans les oreilles, il y avait en permanence de la musique et notamment celle de CharlElie Couture. Baladeur jaune à cassettes, ça tournait, ça tournait et les chansons diffusaient ce parfum magique: pouvoir du son et des mots. Premier choc. Je me souviens de ce concert à l’Espace Malraux, il y avait Alice Botté à la guitare, c’était pour la tournée Casque nu… Alors forcément, ce soir, je n’oublie pas le cheminement: des docks marteens à aujourd’hui, les albums se sont multipliés jusqu’au petit dernier Fort Rêveur (je vous invite à vous reporter à l’interview de CharlElie).

Je suis arrivée tôt sur les lieux puisque je n’avais pas encore acheté ma place. Manque de temps. Bousculée sans cesse par le rythme intense de la vie. Alors ce soir. On arrête tout. On se pose. On attend devant la scène. Il y a du monde, l’espace se remplit peu à peu… Tendre les oreilles. Projeter l’oeil au-delà des barrières de sécurité. Scruter. Noter. Ouvrir le carnet et commencer cette lente digression mentale dans des sphères lointaines et belles. S’allume / une lumière intérieure. C’est ma phosphorescence. Forêt d’instruments. Batteries – Guitares – Basses – Mélange d’installation des deux formations: Narrow terrence et CharlElie. Dans le flot sonore d’avant concert, on peut entendre les échanges entre initiés: ils écoutent et visionnent des morceaux de l’artiste dont Ma Marseillaise. Juste devant. Une barrette-baleine souffre, dans les sphères de la nausée. Les lumières s’éteignent… le disque s’arrête… quelques sifflets… applaudissements

Première partie: Narrow Terence / EXCELLENT

Avec: Antoine Puaux (chant – guitare – batterrie) – Nicolas Puaux (chant- guitare – clavier) – Benoît  Rault (flûte – basse) – Alex Viudes (batterie)

En Transcendance

Quatre silhouettes entrent sur le plateau. Les panneaux lumineux s’allument. Les premières notes surgissent. Rythme emporte. Accroche. Prestance scénique. Le batteur: Alex Viudes est impressionnant. On est loin de la première partie catastrophique du concert de Brigitte Fontaine. Comme dans un film. On imagine Robert Redford et Paul Newman. Ou / Rio Bravo /  Introduction instrumentale et puis la voix se pose… Tom Waits,  timbre singulier… voix des bas-fonds… Tom Waits dans les oreilles… ouvrir les yeux… ce n’est pas Tom Waits, c’est Antoine Puaux. Puissance de l’interprétation. Groupe charismatique. Un peu de (visuellement) Philip Glenister/Gene Hunt, Kurt Cobain, [David Soul…] Bref. Et puis sur scène, on oublie le nom de ces personnages et on ne retient qu’une seule chose: Narrow Terrence. Quelle énergie!!! Une jolie découverte. Dextérité musicale puisque les membres du groupe changent d’instruments… Talents!!! Les morceaux se suivent et proposent une couleur, un son, une énergie sauvage. Folk. Rock. Et puis on ne sait trop quoi encore. Trente minutes plus tard, le concert s’achève par « l’ultime chanson »… on serait bien resté encore… à écouter, à bouger, à taper du pied…

Setlist: (quelques doutes… désordre ambiant )

  1. Narco corridos
  2. Clay
  3. You made the sea
  4. Weakness of the sheep
  5. The Hole

Salle se rallume. Ballet de techniciens. Câbles. Forêt. Ranger. Enrouler. Déplacer. Pousser. Faire disparaître les instruments. Installer le décor: un établi (pour dissimuler le clavier), de la tôle,.. Fort Rêveur… l’esprit CharlElie prend possession du plateau. On. Coupe AC/DC. Assez!!! Silence. Pénombre.

Entrée en scène. Introduction de « Tu joues toujours »… CharlElie est là. Au centre. S’arrête. Chapeau. Lunettes. Prend la guitare. Dit le mot… Tu joues toujours… Enchaîne les morceaux à une vitesse folle. Seul bémol: j’aurais aimé qu’il nous parle… mais le son est là… rock and poetic… Non. On ne se trompe pas. Pas une illusion. CharlElie est de retour. Au Transbordeur. Et ça fait du bien. La musique s’inscrit et s’empare du cerveau, des miettes, des orteils, des doigts, des mains qui accompagnent la mesure. « C’est difficile de se jeter dans le vide, retrouver la liberté »… ça tente, se prolonger dans des ailleurs et s’écrire autrement, dans d’autres pas… ça tente… ailleurs que dans des zones rouges et assassines… Ce soir, oublier le reste et s’élancer… Pluie de notes et d’émotion… Plus de docks. Un peu plus âgée. Mais. Retrouver les repères. Bonheur!!! Danser et Oublier. Oublier. C’est sa phosphorescence… musique et transcendance. Derrière le piano, se laisse aller, se libère… se détend… parle à ses musiciens, se parle à lui-même, commente… mimiques… s’éclate… Karim Attoumane nous offre des solos magnifiques…Liens magiques entre les musiciens. Marcher. Rester en mouvement. Traverser le miroir.  Raconte des histoires pour introduire les chansons… Mélange savoureux entre les anciennes et les nouvelles. Partir puis revenir et parler. Parler vraiment. Remerciements. Chaleur . Retour au piano et s’envoler. Des noires. Des blanches. Musique percute. Musique transporte. Corps en osmose. Qu’un truc qui m’énerve un peu (même si je comprends): la dame – juste derrière – chante terriblement FAUX et ça massacre un peu quand même. Faire abstraction   « Le vin pique la gorge… un canon, deux canons avant d’aller se coucher… » Deux rappels… et puis, il est temps de partir…  Salut la compagnie… Alors, se précipiter dans la nuit et garder une place – dans le creux de l’âme – pour ce joli moment… Merci!!!

Setlist: 

  1. Tu joues toujours
  2. Quelqu’un en moi
  3. Underground
  4. Une certaine lenteur rebelle
  5. Ta phosporescence
  6. Les statuts de ma liberté
  7. Peintures de guerres
  8. Bémol boogie
  9. Bob le prophète
  10. Nés trop loin
  11. Guett’ la chance
  12. Le Phénix
  13. M’enfermer avec toi
  14. La Ballade du mois d’août 75
  15. Oublier
  16. Présentation des musiciens
  17. 58th street
  18. Rappel: La Vie facile
  19. Jacobi marchait
  20. Rappel 2: L’Histoire du loup dans la bergerie
  21. Comme un avion sans ailes

Interview de CharlElie ici: http://paulinecatherinot.kazeo.com/Interview/CharlElie-le-bruit-de-la-vie,a2139568.html

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. xbmacx dit :

    Article excellent !

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