Cabaret poétique – 5


Traverser le pont et regarder le train se glisser dans la nuit. Reflet mouvant dans l’eau. Pas lent et précis. Je rentre. J’arrive. J’écoute Léo. Léo Ferré. « Des constellations de mots ». Comme pour retrouver l’ambiance de cette cinquième édition. Comme pour accrocher aux oreilles et aux yeux: les sons, les images. La voix qui s’étrangle et s’étouffe dans ces absences de respiration. « On peut me rire au nez. Yes. I am… » C’est comme un écho. Semaine chargée. Comme décharnée, arrachée de la substance. En déséquilibre. Confondre la nuit et le jour. Assommée par ces rafales . Alors ce soir. Juste. S’arrêter. Rue Delandine. Pour que les ailes se prolongent, se gonflent. Papillon. Vivre plus de trois jours, plus de trois heures…

Flashback. Il est 16 heures. Croquer une pastille contre le mal de gorge. Menthe verte. Je marche dans les rues. Rendez-vous au Périscope avec Béatrice Brérot pour une interview. J’imagine le bruit des voix et du souffle dans les micros. Répétition. Entendre les prémisses de ce qui sera dit plus tard. Sur scène. Sur le trottoir. Là. Un cercle (le cercle des poètes… – j’ai toujours eu un humour discutable). Dimitri Sebian, Frédérick Houdaer, Yve Bressande, Samantha Barendson et Thomas Pourchayre. Discutent. En cercle. Rient. En cercle. J’arrive. Rupture du cercle. Comme une bulle de savon qui éclate. On entend de la musique. Mais qui est à l’origine de ces notes qui s’échappent sur le trottoir. Un groupe. J’ai pensé – à cet instant – « chouette: musique et poésie ». Et puis en fait, rien de tout cela: le groupe est en résidence au Périscope. Une erreur s’est glissée dans le planning. Répétition jusqu’à 16h45. Situation incongrue. Pénétrer à l’intérieur de l’antre et se laisser happer par le plateau. Par les réglages, les interruptions, les échanges entre musiciens. Hors du plateau, la résistance poétique s’organise… autour d’un café… et d’une pincée de sucre. Tourner. Tourner. Boire et lire sur les lèvres. Puis abandonner. Frédérick Houdaer est derrière le comptoir. On ne s’entend pas. Je n’entends rien. Je n’écoute plus que cette petite voix intérieure. Impossible de faire l’interview. Profitons du spectacle et rêvons. Samantha et Thomas partent répéter dans les profondeurs du Périscope: salle de répétition dissimulée en sous-sol. Frédérick tente d’écrire le nom des artistes sur le tableau. Application et Implication. Magnifique!!! Une véritable prouesse: écrire à la craie sur un tableau humide…

17 heures – La salle est pleine. Silhouettes s’installent « dans » les fauteuils. La scène est mangée par les instruments de musique. Il faudra se frayer un chemin et préserver l’équilibre. Frédérick Houdaer s’empare du micro et présente la « soirée »…  « On va commencer très simplement par un premier poète, puis par un second… c’est très élaboré… on a répété à mort en même temps que les musiciens qui sont sortis de scène il y a cinq minutes… »

  • Yve Bressande / Textes: Quatre minutes; Au nom du sang, du sol; Poème apocalirythmique (texte dédié au Périscope). Lecture percutante. Poésie sonore. Voix articulée expulse le verbe. Surprendre l’auditoire. Du rythme. On se réveille. Butttt.
  • Paola Pigani a lu un texte écrit pour le peintre Evaristo. Une lecture un peu courte à mon goût. J’aurais aimé en entendre un peu plus. « On verra un jardin comme une consolation…Croire en son double, en son infini, pierre, feu, eau »
  •  Marie-Ange Sebasti et Frédérick Houdaer / Mélange des univers et des voix / Installation des pupitres – des micros – les textes s’entrecroisent: Quelqu’un; Lecture publique; La liste des vertiges; Panneau de signalisation; Ils nous ont engrangé dans l’aurore; Un ami auteur; L’allégresse se cache; Pluie renversée; Dans la boutique du prophète; Sur le parking de la basilique; Si vous passez par là; Route de Vienne; Ils blanchissent; Que sais-tu des morts et des vivants? ; Un colporteur; Au-dessus de chaque page de mon agenda; Avant de remonter la pendule; Au-dessus de chaque page de mon agenda 
  • Stéphanie Lefort Une pochade avec un cheval; Galerie de portraits: Dans le trou où l’histoire d’une liberté retrouvée De l’humour. De la légèreté. Le spectateur est embarqué dans l’univers de Stéphanie Lefort. [Séphir – un chien –  le chien / THE DOG / DER HUND/ lèche Frédérick de manière appliquée / Un enfant dessine, puis joue à la balle. Un verre tombe sur le sol/ La bière se répand sur le sol et sur les chaussures / L’enfant récupère sa balle/ Dessine de nouveau en oubliant ce petit incident / Séphir poursuit sa quête de caresses – la langue en dehors et le souffle long ]
  • Serge Rivron / Un premier texte – court et drôle – autour d’un mot, d’un verbe. Puis. Les Buffets. On salive. On imagine. Les mains qui se glissent pour s’emparer du précieux. Le fromage. Le vin.
  • Samantha Barendson et Thomas Pourchayre / L’oeil; L’oeil (1); Un ange passe; L’oeil (2) fermé; Le regard du matin; L’oeil (3); Elle pourrait; Regards; Ojo (version espagnole); Ojo (version française). Une thématique. Deux regards croisés. Magie des mots. Une grande complicité entre ces deux artistes. Ecritures précises. Textes rythmés par les paroles de la petite Juliette: « papa », « papa »… Un joli moment pour clore cette cinquième édition.

Le Cabaret poétique s’est achevé sur .. la disparition de la scène poétique. Dans le micro. Dans les oreilles. Les voix. Frédérick Houdaer. Patrick Dubost. Petit rappel: la pétition compte un peu plus de 400 signataire. Regardez le programme 2011 du Printemps des poètes (à Lyon). Première page. Un édito signé. Des initiales.  Quelle ironie!!!

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. thomas p dit :

    Merci Pauline ; je n’avais pas vu passer ce billet sur… nous tous ! Merci ! Ma fille – qui s’appelle Jeanne ! – a je crois aimé ce moment… A bientôt

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