Olivier Cadiot au Théâtre des Ateliers


J’attendais cette soirée depuis longtemps. Olivier Cadiot est à Lyon. Lecture au Théâtre des Ateliers. Les ailes vous emportent loin lorsqu’elles ont pour courant d’air Olivier Cadiot. Le pas est rapide, proche de la course – le souffle s’accélère, le coeur s’emballe. Vous hésitez entre deux rues parce que vous vous trompez à chaque fois. C. vous attend et vous êtes en retard. La perspective se précise. Les contours du bâtiment se dessinent. Une silhouette à quelques mètres. Manteau noir. Cigarette. Trois livres serrés contre le coeur. Lui. Décontraction apparente. Enfin. On y est. C’est ce soir. Entrer dans le théâtre. Récupérer les places. Monter les marches.

Les portes s’ouvrent. Investir l’espace. Choisir le siège. The siège, celui qui vous permettra d’être en phase, en lien avec le texte, les textes. AUTO-CADIOT. Sur scène: une table (au centre), une chaise, deux verres. Faire des paris idiots avec N. Se raconter les dernières nouvelles. ça fait du bien. Le noir s’installe. Silence. Olivier Cadiot fait son apparition. Applaudissements. S’installe. Silence. Cherche une page.

[pause-thé: après tout ce sont les vacances, profitons de ce gouffre-temporel, de ce soleil qui perfore la fenêtre et vient éblouir le chat – qui aimerait dormir]

« Des nénuphars énormes recouvrent un bras immobile (…) si j’étais artiste, j’aurais pu les récupérer et les disposer par couleur en mosaïque monochrome  » Corps se tourne au trois quart. Murmure. Page s’accroche. Main sur hanche. Mouvement de la paume. Lunettes glissent. Olivier Cadiot maîtrise parfaitement l’art de la lecture. Les mots parviennent à l’oreille du spectateur. C’est rare. On s’ennuie souvent lors des lectures d’auteur. Yogamots / YOGA / MOTS / Yoga / Yoga / mots / Gymnastique mentale et auditive un soir  au Théâtre des ateliers / Tourne les pages / Cherche sa montre / Regarde les aiguilles / Change de livre / Change de page – Là. Les rires. Les émotions. Le partage. J’aime. Voix s’arrête. Rythmique précise et musicale. Une langue qui me transperce.Verre N°2. Page. Livre redressé. Les gens tentent de déchiffrer le titre. Un mage. C’est le mage – je crois – j’ai quand même un doute – la main hésite – le verre-eau ou l’autre – le verre-eau ou l’autre – de l’eau.

/ J’ai cherché dans la pénombre mon carnet bleu-paillettes – parce que la main démange – parce qu’il faut retenir – parce qu’il faut conserver cet instant – le transcrire sur des pages – écrire mal – en travers – impossible de relire mais qu’importe, la tentative était belle – provoquer le flash./

Une heure de lecture. Ecriture de la marge, hors du temps. Hors. Entre la poésie, le théâtre, le roman. Une écriture du mouvement, de l’arrêt, du rythme. Suivre la rivière et ses couleurs. S’inscrire dans les profondeurs et se laisser bercer ou emporter ou … par la voix d’Olivier Cadiot. Qui chuchote. Qui respire. Un moment important. Puis. Se lever. Boire une gorgée. Enlever les lunettes. les glisser dans la poche. Et partir. Quitter le plateau sous les apllaudissements des spectateurs.

[Hier. Elle était là. La Bible.  Sur une étagère entre deux grains de poussière et un livre sur la peinture. La nouvelle traduction. Depuis longtemps: l’idée de parcourir ces pages fines/ Frédéric Boyer. Pierre Alféri.  François Bon. Olivier Cadiot. Pour ne citer qu’eux. Beauté du verbe. Langue poétique. Le Cantique des Cantiques – Magnifique – Dans mon souvenir – Et la voix et le souffle de Bashung – et la voix et le souffle –

/ On doit beaucoup à Olivier Cadiot / Collaborations multiples, ça décape, ça invente en permanence / Au coeur de mes espaces / Liens / Toile qui se tisse encore et encore / Dans la barque, sur la rivière verte / J’entends et la voix et le souffle / Billy the Kid – I love you / Samuel Hall – Samuel Hall – je vous déteste tous… Une rivière verte et des pages et des pages à dévorer – à retenir – à parcourir – à emporter / En ce moment, posé sur le coin de la table – à côté des doigts et des yeux: Retour définitif et durable de l’être aimé – pas encore le moment – l’esprit happé par quelques zones de non droit – patienter – le lapin fluo n’est pas loin – j’entends – je vois ce rose – ce vert – ces pages blanches et fluorescentes. Monsieur Cadiot. Vos livres m’emportent dans des à l’envers et j’aime ce cheval-mouvement]

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