Le Moche


Photo de Philippe Schuller

Texte de Marius Von Mayenburg

Mise en scène de Lionel Armand

Avec Séverine Anglada, Florian Barbet, Anthony Liebault et François Tantot

Création lumière de Jonathan Brunet

Le Moche (Dossier).pdf

LA DICTATURE DE LA BEAUTE
Lette est un talentueux ingénieur, spécialisé dans les systèmes de sécurité électrique. Un jour, son supérieur Scheffler préfère envoyer son assistant Karlmann lors d’un congrès pour présenter sa dernière réalisation, argumentant que le physique de Lette n’est pas assez attractif pour les clients. Lette se rend compte d’une chose qu’il n’avait jamais voulu « voir »: il est laid…

Avec cette comédie satirique, la Cie Les Désaxés Théâtre interroge la notion même d’identité dans une société où la dictature de la beauté plastique devient une condition de reconnaissance et de réussite sociale. La pièce du dramaturge allemand nous plonge dans une suite de quiproquos délirants et cyniquement liés à notre vie quotidienne.

L’Espace Jean Poperen est plein. 20h30. Jouer. Le Moche. [Cette semaine, ne voir que des pièces commençant par la lettre M… ] La Compagnie Les Désaxés est là. Jouer. Vaste plateau recouvert par un décor… Structure métallique. Ecran surplombant la scène. Comme toujours, Lionel Armand soigne la scénographie et chaque détail a son importance. Les spectateurs s’installent, discutent. La lumière est encore là lorsque les acteurs investissent l’espace. Un silence magnifique. Prendre le temps. De longues minutes. Puis. Le Noir. Une rupture du rythme et de la couleur. Un fond sonore acide / de la techno / Images fortes où l’esthétisme règne.  Puis le texte. Ce texte incroyable et posant la question de la beauté, du dictat de la beauté. Ce thème qui parcourt les époques. Au coeur de l’humain. Marius von Mayenburg  s’éloigne des artères classiques pour dessiner son visage… cruel, monstrueux… Une dictature de l’apparence. La réussite liée. Le piège se referme sur le personnage principal Lette. Sombrer dans la perversité. Perdre sa conscience, son humanité. Le spectateur rit. Mais la légèreté ne fait oublier – qu’un temps – le thème terrible de la pièce. Les comédiens interprètent à merveille cette langue – délirante et assassine – Anthony Liebault / Le Moche / propose une partition sans failles. Deux moments magiques: l’interprétation de Silicone Baby (de Babx) et le monologue à la fin de la pièce. Une lutte… Travail du corps et de la voix. Impressionnant. Très belle performance. « Un jour, je serai une icône, s’il faut j’y mettrai le prix, sillicone baby… » On sent l’énergie sur le plateau, le rythme. Les lumières sont très belles. Justes. Sublimes. Mention spéciale à Jonathan Brunet pour son travail d’orfèvre. Applaudissements.

Une représentation exceptionnelle aura lieu aujourd’hui à 14 heures.

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