Juliette Gréco


Juliette Gréco: Magnifique!!!
Avec: Juliette Gréco – Piano: Gérard Jouannest – Accordéon: Jean-Louis Matinier
Setlist:
Je me souviens de tout
Dans ma chambre de dame
Jolie môme
Le Contre-Ecclésiaste
Un petit poisson, un petit oiseau
Les Amants d’un jour
Accordéon
La Javanaise
Avec le temps
Né quelque part
Un Train de nuit
Bruxelles
Tout ira bien
Déshabillez-moi
La Chanson de Prévert
Mathilde
La Chanson des vieux amants
J’arrive
Ne me quitte pas

A Juliette Gréco et Gérard Jouannest,

(Merci à … et …)

Après les rivières de pluie. Après les montagnes abîmées. Après les noyaux de cerises projetés dans le dehors.

Fouler une terre-fromage: Saint-Marcellin. Une silhouette vole dans le vent… entre deux arcs-en-ciel… Barbara… Image superbe… Son fantôme flotte au-dessus de nos têtes. Egérie d’un festival. Quelle merveilleuse idée!!! Ce soir… une invitée d’honneur sera sur la scène du Diapason: Juliette Gréco… Les semelles sont sur des nuages. Les pensées se précipitent….

20h30… Les lumières s’éteignent. Silence. Le rideau s’ouvre. Applaudissements. Musiciens s’installent. Gérard Jouannest est là. Immense musicien. (Compositeur de Brel… pour ne citer que lui).

/ Nous avons manqué la rencontre-dédicace. Nous sommes arrivés trop tard. Quel dommage!!! /

Merveilleuse introduction (avertissement: les répétitions seront nombreuses: « magnifique », « merveilleux », « superbe »…). Le micro placé – au centre – est vide… Notes s’envolent… ça emporte… Mes ailes sont accrochées… là sous le piano noir… Envoûtant. Il est inutile de résister. La mélodie se transforme… Une silhouette féminine. Apparition. Juliette Gréco. Céleste. Voix. Premier texte. Je me souviens de tout…  tout me revient dans le cou …

/ je me souviens de tout… de la scène du Châtelet. C’était il y a quelques années. Pour ses 80 ans. /

Le sourire de Juliette Gréco, de grands yeux noirs… On s’avance, on s’installe, on s’enfonce dans le fauteuil rouge… Ma Chambre de dame… une boîte en carton, je pense à ces elles, à ces épaules courbées, à ces rides, à ces joues roses… Je pense à ces elles… au goût des délices… Dans leurs chambres de dame… elles ont aussi des boîtes en carton…

Chanteuse… Enveloppe le verbe… fragile, fort… comme protégé le mot, comme bercé, le phrasé…  L’interprétation est juste et subtile. On passe d’une émotion à l’autre. Richesse des registres. Jolie môme… Léo Ferré n’est pas loin… On imagine… on imagine… Les doigts de Gérard Jouannest courent sur les touches… Une grande complicité…  Une rose éclatée… Jolie môme… la môme Gréco effrontée… Elle nous raconte des histoires impossibles et « rappées » dès le départ… un petit poisson, un petit oiseau… Parfums de soleil… Au coeur de la nuit, je me rappelle… de son regard, de ses mains qui s’agitent, qui accompagnent le mot… Rêves. Rêves. Des rêves entiers… On entend le sanglot ou le rire… Et je plonge et je plonge… avalée par le rythme, happée par la scène… Magnifique!!! Je voudrais que cela ne s’arrête jamais… Comme dans un manège… Des chevaux de bois qui tournent…  Et puis il y a ces chansons, ces textes qui vous transpercent, des frissons dans le corps… « des chansons comme un devoir de mémoire, on pensait peut-être que les choses deviendraient plus humaines, que le sang, que l’humiliation, que la torture… étaient une chose oubliée, ça n’a jamais été pire… » Le Train de nuit glace le sang… une larme coule… Je me souviens, je me souviens… de cette émotion… Mon âme sans abris, dévastée par le dire, par le regard, par la main qui se contracte… Un temps… pour retrouver la légèreté, le souffle… Il faudrait parler de son humour, de l’interprétation de Déshabillez-moi et de ces autres textes, de ces autres notes… Des rires dans la salle… des spectateurs sous le charme…

Une intimité…

J’arrive… dialogue terrible avec la mort… le pouvoir de la musique contre lequel on ne peut rien… J’arrive, je n’ai jamais rien fait d’autre qu’arriver. De chrysanthèmes en chrysanthèmes… à chaque fois plus solitaire… » Le texte arraché du néant. Elle chante de tout son corps, de tout son épiderme… l’amour de la langue… palpitant… « Une chanteuse vivante pour faire de la musique vivante ». Elle se dirige vers le piano, tend sa main à Gérard Jouannest… gestes tendres… Une main dans les cheveux. Applaudissements…  Ovation…

Dans ce fauteuil rouge, ramasser les larmes qui s’écrasent sur le sol. J21. J. Comme Juliette… Grande dame. L’émotion plurielle. Se lever. Applaudir de toutes ses forces.

Fragile. Balayé. Touché au-delà du coeur. Le je. Le mien. Ce tout petit je… disparu… et pourtant… de grandes ailes dans les intérieurs…

A l’ombre des néons, s’enliser dans des pensées superbes. Poitrine qui se déchire pour mieux se remplir… une heure vingt de concert… Le don de soi… De la générosité… Chansons aux courbes légères. Garder les mots, les intonations, les gestes sous les paupières… Faut s’extraire. Faut revenir. Dans le réel. Dans le hall… ou ailleurs. Ailleurs. C’était une jolie nuit… L’une de ses nuits exquises que l’on grave… que l’on revendique… Sous les étoiles… Prendre le temps de retenir les recoins… les poussières, les grains de folie… Une étoile après l’autre. Une couleur après l’autre. Sous ma cage thoracique, je souffle… la respiration est vivante… Bonheur singulier… Rester là devant le Diapason… parler, rêver… comme pour ne rien perdre, comme pour ne rien oublier… J’veux garder chaque son, chaque sourire, chaque mot sur mon âme… J’veux puiser ma force dans cette source… J’veux protéger cette mémoire friable. J’veux que mon coeur s’empare de ce chemin… J’veux que le vent me retienne un peu, m’envoile, m’emporte au-dessus des astres… dans ce mélange des genres… J’aime. J’aime cette musique, cette voix. Magnifique. Magnifique…. Ne pas partir. Rester là, encore un peu. Attraper les secondes… Quelques unes… Encore un peu de cet air, de ce ciel et puis repartir… Repartir. Parce qu’il le faut… On ne peut rester là… Parfois on aimerait que le temps s’arrête… Profiter… Sans mesure. Sans concessions… S’engouffrer dans des espaces invisibles… Jardin secret… Jardin étrange… J’aime. Formuler un rêve du bout des lèvres… « Le tout petit je » donnerait beaucoup pour échanger quelques mots avec cette grande dame…Mais il est des rêves qu’il faut conserver dans des boîtes grises… parce qu’ils sont inatteignables..

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