Terre de feu


Terre de feu. Terre de pierre. C’est toi la langue, la gorge profonde. Au goût de falaise. A la sève olivier. Charger de ces hymnes puissants. Oh mon fléau condamne mon peuple au mutisme. J’entends dans les chambres jaunes. Le fief. La trahison. Et la langue avale le chèvre, et le chèvre avale la langue. Tout s’accumule. Tout se détruit. Le mot lettrisme est un astre et je sombre aux appels de la nuit. Et c’est la folie qui nous guette. J’attrape les hirondelles et je les additionne sur les fils enterrés des rues désertes de ce village, de ce royaume de pierre. Et c’est la pensée microscopique d’un peuple minuscule, d’un peuple sans voix. La révolte des papillons. Un coup d’ailes et rien ne bouge. Un coup d’ailes et la pluie disloque et emporte la poussière.

 Terre de feu. La Langue, la peau verbeuse et sucrée. Ma mère. Mon âme. Mes morts. Mahos bouscaleft. Au-dessus des têtes, les poutres s’affaissent et les vers sortent des cocons… dévorent les muriers, les cadres d’or, et les pages des dictionnaires. Le mal-violent franchit les frontières enflammées. N’écoute pas les appels de la nuit, reste digne et prolonge les différences, le coeur, la poutre. La rétine se colle à ces troncs glorieux. Terre. Langue. Danolsch, se taire, de la terre dans les bouches aphones et fiévreuses. On enterre, on enterre les femmes d’un autre temps, d’une autre vigne. On enroule leur racine, et on appuie sur leur tête… on les pousse de l’autre côté du monde. La valve se fragmente, implose, se dépose sur les parois courbes

 Ça menace l’équilibre des astres, et le coeur bourrasque est une désolation, un champ de ruine… et c’est l’Islande et c’est le Vercors et c’est l’ailleurs et je lèche la peau des saucissons le noyau des olives et je goute chaque épine / comme pour contourner le désastre / comme pour dévier l’appel des néants

On t’assassine et je sais Que si ud plavatch la mort que si ud plavatch la tristesse

Que si ud plavatch la trahison

 Dans mon être le chaos les pages encombrées et mâchées

 La foudre s’abat sur les fenêtres de ce royaume La foudre embrase le foyer et le foyer embrase la rue et la rue embrase le monde

Qui n’est plus étanche

Qui n’est plus que les restes d’une cheminée derrière un mur

Qui nesse falchéhid

 Planter les genoux

et je préside aux nuages et je te demande …

 Faut s’ouvrir

Faut aimer

Faut regarder

 Elle est là, enfermée à l’intérieur d’elle, sa langue est aphasique mais elle pense, elle rêve, elle sait

 J’arrache mes pupilles pour éviter la colère de mes aïeux. Si je pouvais pierre après pierre je déconstruirais la bâtisse pour qu’elle ne soit qu’à elle

Sur ma langue, tes songes, tes lettres…

et je chante et je chante

Marinella (Marinella…)

Le vent s’est engouffré dans les draps… toi l’enfant, la femme, la vieille…

 Ma peau est un charbon abandonné au fond d’une voûte

Et ta langue est perdue puisque je n’ai pas appris puisque je ne sais prononcer tes infinis 

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