Motus Minus


Avec Jean-Philippe Amy, Michel Le Gouis, Nathacha Picard, Julien Picard

Mise en scène: Jean-Philippe Amy et Amphigouri Théâtre

Durée: 45 minutes / Dossier de presse Motus Minus

Résumé: Nulla, petite fille de forains, est coincée à son stand de jouets. Profitant de sa somnolence, ses marionnettes s’éveillent pour retracer les tribulations de sa loufoque famille en quête d’une terre d’asile pour leur foire légendaire.

Septembre. Une après-midi ensoleillée. Se diriger vers la Maison du Peuple de Pierre-Bénite. Une salle colorée et imposante. Aujourd’hui. On joue ! Le Festival Scènes en famille a commencé… Après une petite promenade dans les entrailles du Théâtre où nous suivons le guide… Nous nous installons dans une petite salle. Les enfants sont assis par terre – sur des coussins. Les remarques de ces jeunes spectateurs ne manquent pas de piquant – ça bouge, ça vit!!! « Chut! Amélie… »

Le décor est à la fois minimaliste et poétique. Un stand. Un vélo. Une roue. Des jouets… L’endroit fourmille… Les rouages, les machines intriguent la spectatrice que je suis. Nulla (incarnée par Nathacha Picard) est sur le plateau, derrière un stand.  Elle fait des nœuds. Elle tend des tickets aux spectateurs, sourit. Seule. La roue du vélo tourne, tourne. Mais Nulla reste seule. Une musique orientale s’échappe. Seule ou presque… Près de la scène, derrière une petite console et un micro… Jean-Philippe Amy dirige l’ambiance sonore.

La lumière se réduit. Les enfants ne bougent plus ou presque… « Maman… » Nulla s’endort. Distorsion du son. Disparition de la musique orientale…  » Pourquoi il dort?… » « Oh il va tomber » « C’est cassé. » « C’est cassé » C’est cassé »

On plonge dans les rêves ou dans les cauchemars de cette petite fille aux souliers rouges – comme dans le Magicien d’Oz. Le stand tourne, tourne, tourne. Apparition puis disparition. Deux hommes en bleu manipulent les objets. « J’veux m’asseoir sur tes genoux » Bourrasque. Tempête de sons. « Maman, j’ai peur… » Accalmie!!! « C’est beau » Les marionnettes investissent l’espace, s’échappent, parlent dans une langue étrange. Après le chaos, il faut reconstruire. La petite famille part à la recherche de Nulla. Elle ne parle plus. A t-elle d’ailleurs déjà parlé?  « Elle a quoi sur la bouche » Un petit sparadrap comme pour symboliser les non-dits, le handicap, la différence. A chaque spectateur, son interprétation. N’oublions pas que le spectacle a été pensé et créé pour promouvoir les droits de l’enfant (après un appel à projets de la région Rhône-Alpes en 2009).

Motus minus (dès 4 ans) et « Silence » (dès 10 ans), spectacles peu verbaux faits de sons et mouvements et s’inspirant de 14 droits majeurs de la Convention Internationale des Droits
de l’Enfant, a eu le soutien de la région. (extraits du dossier de presse)

(Bruits de tétine)

Un bateau passe (j’ai adoré ce passage – fort, puissant et magnifique). « C’est quoi ça?  » La petite famille tente de s’échapper de l’île où elle a échoué. Mais Nulla est trop grande. Alors. Alors que faire? Attendre. Et tenter de passer, quelques temps, plus tard la douane. Structure administrative froide matérialisée par un miroir. A ce moment là, j’ai pensé à Brazil. Nulla peine à passer le barrage, elle est différente – elle ne parle pas. La Voix conclut qu’elle ne sait rien faire, qu’elle est inutile. Terrible!!! La tristesse se propage dans la salle. « J’ai mal aux fesses »

(Bruits de tétine)

J’avais oublié… les enfants sont spontanés… ça fait du bien. Ils n’ont pas de barrières. Ils vivent le spectacle, s’interrogent… Ils partagent leurs joies et leurs craintes en direct.

La famille de marionnettes se retrouve dans une maison. « Pourquoi elle a fermé la fenêtre? » Nulla travaille. Cycle effréné. La petite fille enchaîne les tâches. Faire le ménage. L’exploitation de l’enfant – un sujet profondément actuel. Nulla fatigue et tombe, tombe, tombe… « Elle a trop travaillé »

Distorsion des sons. Musique orientale. Comme une boucle. Nulla est derrière son stand. Elle ouvre les yeux. Elle sourit. Elle rit. Elle répare le petit ours qui avait perdu un bras. « C’est super joli » (…) « Tout parti » Oui tout est parti: les marionnettes, les voix, les hommes en bleu. Nulla reste seule. Légère. La vie reprend ses droits. Applaudissements. Mention très spéciale à Jean-Philippe Amy qui fait l’ensemble des voix et des bruitages. Incroyable et Prodigieux!!!

Un spectacle à découvrir en famille. Les lectures sont multiples et portées par l’âge, par les rêves… Nulla viendra de toutes façons vous réveiller et vous interpeller. J’entends encore sa petite voix qui pourtant évoluait dans les absences de son.

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