Sphère d’or… Immersion (1)


Pauline Catherinot, spectatrice relais pour le Théâtre de Vénissieux

Conception et Mise en scène: Joris Mathieu

Jeu: Philippe Chareyron et Maud Peyrache – Images: Siegfried Marque et Loïc Bontems – Musique: Nicolas Thévenat – Texte: Gildas Mathieu

Dans le cadre du Festival Micro mondes

Plonger dans la nébuleuse. En immersion totale. Se laisser envahir par le texte, par l’univers, par les voix… Suivre pendant deux jours la Compagnie Haut et Court au Théâtre de Vénissieux. La Sphère d’or: Une mise en scène de Joris Mathieu. Parcours expérimental  inspiré par deux œuvres littéraires – Science-Fiction – La Sphère d’or (Erle Cox) et La Nuit des temps (Barjavel).

Préface de l’édition 10-18 de 1974 La Sphère d’or

Depuis plus de quarante ans, les amateurs de science-fiction n’évoquent jamais la Sphère d’or sans parler de « classique ». Classique fantôme, réduit à une survivance fragile dans la mémoire de ses lecteurs.
Tous se souviennent des circonstances bizarres de sa parution, vers 1929, dans une collection… de romans policiers : « Le Masque » ! Bien peu en avaient conservé l’édition qui, en dépit d’un vilain cartonnage jaune, atteint un prix… d’or lorsqu’on a la chance de la trouver. Pourtant, plus d’un lecteur devenu éditeur, ou introduit auprès des éditeurs, a rêvé de redonner à ce fantôme une existence matérielle, un nouveau public, un visage inaltéré. (La traduction établie par Louis Postif, alias « Richard Clerval », pour la collection « Le Masque » ne restituait qu’un peu plus de la moitié du texte original.)
Si de tels projets n’ont jamais abouti, c’est pour un motif stupide et déterminant : impossibilité de retrouver l’auteur ou ses héritiers, l’éditeur anglais et le traducteur français ayant depuis longtemps disparu.
Une véritable enquête policière menée à Paris, à Mâcon, à Melbourne, à Londres a fini par lever cette impossibilité. Elle ne nous a guère éclairé, par contre, sur la personnalité de Erle Cox, en dehors de deux dates 1873-1950. Même la date de parution de la Sphère d’or (Out of the Silence) demeure incertaine. L’édition Vidler de 1925, généralement tenue pour l’originale, semble avoir été précédée en 1921 d’une édition introuvable (sinon sur les catalogues) « compiled by L. Chaundy and E. H. M. Cox « .
Résidus de mystère qui n’empêcheront pas cette oeuvre de sortir du silence pour connaître une seconde existence. Comme son héroïne.

La Découverte

Arriver à 14 heures. [Un café / Un pull fétiche… ] L’équipe s’apprête à se remettre au travail. Joris Mathieu nous montre le parcours prévu. « ça commence par… ça finit par… » Trois étapes… pour une expérimentation unique. Le spectateur sera au cœur du sensoriel.

  1. S’enfoncer dans les artères du théâtre de Vénissieux. Loges. Transformation des lieux / En cours de réalisation / Archéologie. Des photos. Noir et Blanc. Un mannequin. Un piano. Des post-it. L’ambiance se dessine peu à peu… « A poétiser » dira Joris Mathieu. Le Jour J, les pièces seront plongées dans le noir (elles seront au nombre de quatre). Les spectateurs entendront des voix, ou plutôt une voix. [Hâte de découvrir tout cela pour ressentir et pour déterminer l’impact sur le spectateur… Itinéraire]
  2. Monter les escaliers. Murs sombres. Arriver sur le plateau. Découverte de la sphère [1] . Mannequin gît sur le sol. Le plateau sera recouvert par de la neige synthétique et sera invité à la découverte… Personnages / Femmes / Une sphère et Un corps / Une sphère et Une voix.
  3. Le rideau de fer se relèvera ensuite peu à peu et les spectateurs découvriront l’archéologue.

[1] L’équipe découvre le dispositif qui ne correspond pas entièrement au projet de départ. La forme sphérique a disparu… Demi-sphère. Il faudra donc s’adapter.

Courte discussion avec Maud Peyrache qui s’apprête à rentrer dans la sphère. Répéter. Travailler. [je m’installe sur le bord de scène: écrire, regarder, profiter. Passionnant. Ne pas faire de bruits / Noircir les pages et les pages]

Le Carnet de notes…


« Tu es là. Blanche, froide, lointaine… Tu reposes sur ton socle, ton corps… »

Maud est dans la sphère. Devient le personnage. Femme d’un autre temps, d’un autre monde. L’identité se définit. Travailler les trois premiers paragraphes. Sur le plateau, le théâtre semble  protéiforme. Immersif.

Particule d’Orion / La Guerre / Voix étouffée / presque chuchotée/ Ressusciter / Réinventer le passer / Protéger le futur / Flashs hypnotiques / Aveuglement / Vitesse de nos deux hémisphères / Matricule / « ça définit notre place dans la société future » /

« Nos muscles étaient faits du même bois »

La molécule est en substance.

[Je suis fascinée, happée par chaque image. Je ne comprends pas encore la totalité des choix, mais j’avance, les idées avancent…]

15h15 / Fermeture du rideau de fer. Fumée envahit l’espace. Les lignes de fumée semblent transpercer la sphère.

« EB17 567 née dans la nuit… huit mois après la chutes des particules d’Orion »

Seul le visage est éclairé.

« Nous avons connu vingt ans de paix et d’harmonie »

Les faisceaux de lumière ont disparu – ça ne transperce plus la sphère / Aller à l’inverse du mouvement de la sphère

(Point rouge du micro)

« N’oublie pas de changer d’adresse »

Elle a disparu…

Corps figé et en mouvement – dans la sphère blanche… forme mute, attire l’œil irrémédiablement. Lutte impossible. Dans la sphère, ça tourne, ça vit, ça parle…Joris Mathieu dirige, regarde.  Il faut revoir les passages et les transitions. Vivre un peu plus à l’intérieur de l’espace. Davantage de souffle.

Le dispositif scénique joue sur le sensoriel.Cette thématique m’intéresse particulièrement. A chaque  représentation, ses sensations. A chaque spectateur, son itinéraire. Le théâtre est une expérience. La sphère, les images ont une influence sur les visions.

Le Travail du corps, du déplacement. Les Bras. La Tête. Il y a l’idée de la légèreté. « Je me laisse tourner. » « Non, non, justement pas »/  Les mains s’ouvrent – Paumes – Anéantissement de l’état statique. Le corps semble être en lévitation. Comme dans une autre réalité. Il y a un lien profond entre le texte et l’image. Le sens est multiple. Chaque détail à son importance. La minutie est impressionnante.

MÉTÉORITE / PLUIE / FERTILITÉ

Leitmotiv musical / défragmentation sonore / espace / rayon lumineux traverse le crâne et les yeux / Il faut se laisser partir après « une élève prometteuse et douée »

VIBRATIONS DANS LE SOL / L’image et le son sont dans mon corps, dans mes pieds, dans ma tête…

Les Sensations après…

Trois heures d’observation, et puis. Partir. Redescendre doucement sur la planète Terre. Réinjecter la réalité sous la sphère cerveau. C’était incroyable, fascinant!!! L’envie d’y retourner. J’aimerais travailler tout cela plus en profondeur.  On se sent bien dans un théâtre. Métier merveilleux et exigeant. Je ne connaissais pas le travail de Joris Mathieu. J’avais fait quelques recherches et notamment sur le Bardo. J’ai l’impression qu’il y a un lien entre ces deux mises en scène – au-delà du fait qu’elles soient ancrées dans l’optique, dans le théâtre d’optique. Quatre parties. Une expérience. Une aventure. Le théâtre est au bord du vide… entre deux illusions… Lié à l’expérimentation, à la sensation. Il faudra se poser la question de l’immersion, de ce théâtre immersif pour en comprendre chaque rebord. Le dispositif est inventif. Le travail de l’équipe artistique: impressionnant. Il faut voir les ordinateurs en régie et les doigts s’agiter. En live. Je vous conseille ce petit bijou. Imaginatif et Intelligent!!!

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