Fulgurances urbaines


« Performance théâtre-danse conçue pour vingt femmes et cinq hommes. Des corps en chœur traversent la ville et rendent hommage à la féminité. Au gré des rues, sur un stade, à un arrêt de bus, devant une boite aux lettres… Ouvrez les yeux, il va sûrement se passer quelque chose ! »

Pour en savoir plus: Dossier de présentation Trajectoires

Contact scène: Amphigouri Théâtre 04.72.19.67.82 / amphigouritheatre@free.fr

Directrice artistique de la compagnie et Metteur en scène : Nathacha Picard– Chorégraphe : Magali Mas – Mariette Navarro, dramaturge – Alice Calm, fabricante de sons – Julie Lascoumes, costumière – Violaine Fay, musicienne et collaboratrice – Pierre Volant, photographe – Virginie Chaudier, participante et coordinatrice – Bruno Bouvet, vidéaste

Avec : Catia Adami, Séverine Anglada, Agnès Bacconnier, Jean-Christophe Bacconnier, Irène Baccuet, Virginie Chaudier, Anne-Cécile Chinotti, Sylvie Chombard, Elisabeth Colombani, Marie-Chantal Deceur, Cécile Ducharne, Bénédicte Fauvet-Messat, Violaine Fay, Caroline Garnier, Michèle Gonon, Arnaud Guitton, Nathalie Julien, Michel Le Gouis, Anthony Liébault, Elizabeth Maisonnier, Magali Mas, Julien Picard, Elisabeth Venet.

« Le Principe:20 femmes / 5 hommes / 20 identités / 5 personnalités / 20 curiosités / 5 complices / 20 beautés / 5 rêveurs traversent ou occupent un espace public défini. Elles ont une tenue de soirée élégante et distinguée, une attitude dessinée, une marche ou une démarche assumée, rythmée et elles sont ensemble bien que différentes. Ils sont habillés de la même façon ou pas, ils sont en costumes sobres. Elles et ils passent, traversent, courent, suivent des personnes, patientent, se dirigent vers un point précis. Elles et ils râlent, sourient, pleurent, pouffent de rire, chantonnent, prient, soupirent, se mordent les lèvres, grimacent, se sentent sous les aisselles, pensent, se tiennent le ventre, se rongent les ongles, fixent un homme une femme / sifflent, rient, s’évanouissent, applaudissent, rougissent, se suivent, chuchotent des secrets, s’encouragent, jouent à chat perché, se recoiffent, vérifient leur haleine, regardent avec insistance, comptent, soupirent… Elles et ils vont vivre une histoire commune, qui peut connaître un incident, un rythme cassé par un arrêt ou une gestuelle commune ! Ça peut également être un affolement progressif où ils et elles perdent le contrôle de leurs marches, de leurs rythmes. Une femme ou un homme peut à elle/à lui seul(e) créer un trouble et se distinguer à un moment donné. Une musicalité les rassemble. »

Il va sûrement se passer quelque chose. On ne sait pas quoi. On ne sait pas où. Sortir du métro et se précipiter dans les rues. Scruter les moindres recoins. Se retourner. Traverser. S’attendre à croiser quelqu’un – quelque chose – n’importe – où / n’importe – quand / C’est par ici / Mais [où?] Il ne faudrait pas manquer l’essentiel. Fureter le béton. L’œil est à la recherche – de corps – de chœurs – de voix. MJC Montplaisir.Le point central, presque centrifuge de ces figures en partance. Le calme. Les différents « acteurs » du festival Europe et Cies discutent, prennent le temps. D’un café. Mais. Rien. Pas de traces de ces autres… Il ne se passe rien. Cela se prépare en coulisse. On sent l’effervescence, la magie qui s’annonce. Soudain… Un sourire. Une trajectoire de metteur en scène. Des papiers dans les mains. Le pas décidé. La presque détente. A l’autre bout de ce jardin d’été… Hâte. Fumée qui s’échappe… Arroser la poubelle avec de l’eau plate. Comparer les parapluies. Faire le point. Ne pas s’asseoir. [On ne sait jamais]… Soudain, les féminines – belles – les robes rouges ou bleues avancent. Comme suspendues. Talons hauts. Maquillage. L’élégance. Il faut choisir. Partir à droite. A gauche – Magnifiques – Qui suivre? Le bitume et les pas qui claquent et s’invitent.Tenter la discrétion, les spectateurs sont nombreux… les appareils aussi. Cela perturbe certainement le dispositif, les trajectoires qui s’intègrent puis se désagrègent dans la ville, dans ses murmures et viennent troubler les passants. Les fulgurances urbaines se heurtent à la normalité, au quotidien, aux habitudes. Au seuil d’un nouvel espace, d’une expérience humaine et mouvante. Entre osmose et rupture.

Trajectoire 1: Parapluies et somnambulismes

Les chaises se déplient, mains applaudissent les automobiles. Elles/ Passent/ Médusées. Mains – D’un même battement. De l’autre côté des vitres, l’étonnement, le sourire. Quelques klaxons. Le « spectacle » citadin s’imagine, se dessine au gré des rencontres et de ce coryphée… les mouvements, les ondes, les empreintes éphémères. « Funambulent » devant le fleuriste, la banque, l’opticien…

Deux oreillers en robe de soirée. Rouges. Se suivent et s’endorment sur les murs, sur les vélos, sur les voitures. Un sommeil précieux et déambulatoire. Somnambulismes. La traversée. La vision périphérique sur le trottoir en face. On se fait rattraper par les trajets, par les visions lointaines. Contagion. Chut! Pas un mot. Elles – dorment – doucement – d’un profond sommeil – celui des reines, des amoureuses, des femmes, des passantes… Elles nous bousculent un peu. Prennent le temps, celui de la vie. Nous entrainent et nous embarquent dans cet autre rythme. Le pas s’allège et ralenti.

Deux parapluies cheminent, s’arrêtent, courent, contemplent, se retournent, traversent. Une main sur une épaule, à l’abri sous les arceaux, sous les couleurs. Un bleu acidulé. Un arc-en ciel. Hommes.

Plus loin. Une autre trajectoire / Femmes / Assises / Contemplent le bitume /

MJC

Trajectoire 2: Les cerises et les amoureuses

Puisqu’il ne pleut pas.

Trois femmes. Un abri de bus. Des boîtes. Commentaires de celui qui regarde. De dos dans un costume gris-bleu. Trois femmes. Ouvrent les boîtes. Trois femmes mangent des cerises et crachent sur la route. Trois femmes rient. Trois femmes se lèvent. Trois femmes et un homme et un abri de bus et des boîtes et des cerises attendaient – peut-être – le bus. [Un joli fou rire]

Puisqu’il ne pleut pas.

Un Homme. Une Femme. Un oreiller.

Puisqu’il ne pleut pas.

L’esprit a pensé…  « J’ai crevé l’oreiller – J’ai du rêver trop fort – Ça m’prend les jours fériés » (A. Bashung), « J’ai aimé quelqu’un sans jamais le voir jusqu’à vouloir de toutes mes forces qu’il voie en moi comme moi-même » (Frédéric Boyer)

Puisqu’il ne pleut pas.

© Pauline Catherinot

Madame. Monsieur. Rêvent. D’horizon, de matelas. Partout. Sous le ciel et ailleurs. Ensemble. Marchent et Dorment. Morphée. Le songe… Ils / sont / Beaux. Du tendre. De la complicité. Des images – La superbe – Le poétique à l’état urbain – Capter des sourires. Des esquisses. Des moments de grâce. Une berceuse – jolie. Chuchotée presque au creux des oreilles. Voix. Et s’endormir dans un buisson, sur le rebord d’une fenêtre, sous un abri bus… L’éclat. La brillance. Le mouvement des corps sans cesse renouveler, réinventer. Les déserts de la ville se promènent pour aller dans les « on ne sait où ». La robe se plisse et rencontre le costume. Les visages se retournent et se révolutionnent. Une seconde. Une minute. ça s’ouvre le temps de la fulgurance. L’esquisse d’un envol où les sens s’additionnent. Ville transformée. Pourtant. Certaines nuits. Les mêmes costumes. Mais. Pas la même poésie.

Tout dépend peut-être du regard, de l’intention, de l’état.

Puisqu’il ne pleut pas.

Photo de P. Catherinot

Des papiers. Post-it et dispersion sur le toit d’une voiture. Le jaune. Le rose. Le format diffère. Puis. Plus tard. Les mains mâchent les crayons de bois, écrivent des lettres d’amour, libèrent le verbe. L’apesanteur. La légèreté-macadam(e). La révolution colle et s’accroche aux capots.

Puisqu’il ne pleut pas.

MJC

Trajectoire 3: Louche et Instruments de musique

Une dernière trajectoire. Plus longue. Se diriger vers une place.

Un homme. Un carnet. Une cravate rouge. Des robes. Un violon (qui grince, hurle, couine…). Une louche. Une femme avec une louche. Des Tournesols. Un oreiller. Une porteuse éveillée. Une petite fille. Un concert de klaxons. Deux cyclistes. Deux vélos blancs suivent, descendent de la monture. Juste derrière. Pensent qu’il se passe quelque chose d’important, de différent, d’incroyable peut-être. Une file. La longitude. Dansent. S’accrochent aux grilles. Cadence. Infernale. Nonchalante. Déraisonnable. Démarches plurielles. Les tours de plot. les robes tournent. Les talons s’abandonnent. La main donne des ordres, écrit, commente, parle en allemand. Damit. Damit. Un homme. Chante. La discrétion puis les pas qui tapent. Les pigeons s’envolent. Le coryphée, un peu cabot, un peu sale gosse. Groupe se divise. Attend le bus.

Un chauffeur bougon. Un autre enthousiaste. Une femme sous des écouteurs ne remarque presque rien.

Damit. Traverser. Des silhouettes apparaissent aux fenêtres. Damit. Tourner les talons. S’accrocher aux vitres. Un costume bleu. Damit. Marcher sur la route. Filer droit ou courbe ou gauche. Laisser le carton. Et s’enfuir.

« Elles sont trop belles » une petite fille

MJC /

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Mariette dit :

    Très belles photos…

  2. annick dit :

    Bravo les filles et les garçons.Le spectacle c’était vous mais aussi la réaction ou pas des piétons et automobilistes.Merci à Amphygouri &co Bises à tous.

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