Voix Vives / Hervé Bougel


© Pauline Catherinot

Pré#Carré, éditeur de poésie, publie des livrets cousus main depuis 1997. La maison est parrainée par Roland Tixier. Vous pouvez vous abonner et ainsi recevoir quatre livrets (un à chaque saison). Pour cela, il suffit d’adresser un chèque de 25 euros à Pré#Carré – 52, rue quai Perrière – 38000 GRENOBLE / precarre_editeur@orange.fr

Après un petit café (commandé à la guinguette) nous nous sommes installés derrière le stand des éditions Pré#carré. Grand soleil. Hervé Bougel, casquette vissée sur la tête, répond à quelques questions.

Pauline Catherinot: Comment sont nées les éditions Pré#Carré?

Hervé Bougel: Il y avait Roland Tixier que tu connais peut-être. Pendant seize ans, il a eu une maison d’édition avec des livrets dans le même format que le mien et qui s’appelait Le Pré de l’Age. Je suis éditeur depuis quinze ans, ça fait 45 ans que j’écris. A un moment, on perd un peu la conscience de ces choses-là. J’ai publié Au pré de l’âge et le format me plaisait bien. Avant cela, j’avais « une feuille de chou » … une petite revue, enfin un truc… qui s’appelait La Rubrique. C‘était déjà un premier acte éditorial. Je me suis dit tiens ce serait intéressant de continuer. Alors, j’ai hésité pendant à peu près deux ans. Puis, je suis allé le voir, chez lui, à Villeurbanne et je lui ai dit que ça m’intéresserait de faire des petits carrés, ce qui s’est fait finalement. C’est comme ça que cette histoire a commencé.

Pauline Catherinot: Pourquoi avoir choisi ce titre?

Hervé Bougel: C’était le Pré de l’Age l’édition de Roland, donc l’association entre Pré et Carré m’a semblé naturelle. Après, cela a pris tout son sens avec mon caractère et mon tempérament.

Pauline Catherinot: Le format est-il toujours carré?

Hervé Bougel: J’ai fait quelques rectangles parce que les textes n’entraient pas dans le format. Autrement, ce sont toujours des carrés, dix par dix, et le format est identique, il y a 16 pages de textes et 24 pages pour le livret, cela ne bouge jamais.

Pauline Catherinot: Quelle a été ton envie première ? Comment pourrais-tu qualifier la ligne éditoriale ?

Hervé Bougel: Si tu veux, quand j’ai commencé, je ne savais pas du tout dans quel monde j’allais tomber. Je savais simplement que  ça m’intéressait. Je dis souvent des livres, que tout le monde peut en faire… bon après, chacun y met plus ou moins d’application. Ce n’est pas un jugement de valeur, mais si tu as un peu de fric devant toi aujourd’hui, tu fais des livres. Tu fais un livre, puis deux… après tu t’aperçois, que c’est un vrai travail, qu’il faut y consacrer du temps. On m’a beaucoup dit au début : « un jour tu feras des vrais livres ».

© Pauline Catherinot

Pauline Catherinot: Qu’est-ce qu’un vrai livre ?

Hervé Bougel: Je ne sais pas. J’en ai fait quelques-uns… quatre, cinq… J’ai publié des livres, mais ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. Je me situe dans un esprit de collection, dans quelque chose qui existe depuis toujours dans la poésie. Ce sont les plaquettes, les fascicules, les livrets, c’est également la réalité de ce travail et puis de la poésie. Il y a toujours eu des feuilles de chou. Après, on y apporte sa patte, ce que l’on a envie de faire, mais c’est une réalité constante… Tous les auteurs, et tous les poètes, ont publié des plaquettes. Tous les textes que l’on écrit, que les gens écrivent et moi y compris ne sont pas des textes de 50, 60 ou 80 pages. On peut dire une chose essentielle en quelques pages, en quelques lignes. C’est ce que je défends ! Le livret de poésie et la plaquette ont une parfaite légitimité.  Je disais hier à mes camarades de l’Amourier, qu’on publie souvent les mêmes auteurs, ils le font sur cinquante pages ou soixante, moi je le fais sur 24… Jean-Pierre Chambon, Sylvie Fabre-G, Michaël Glück sont des gens qui publient ici et là. Les auteurs veulent un support qui soit propre et qui soit diffusé. C’est ça l’idée.

Pauline Catherinot: Peux-tu nous parler de la diffusion ?

Hervé Bougel: En quinze ans, j’ai construit un beau réseau de relations, un beau réseau d’abonnés. J’ai un peu moins de deux cent abonnés, ce qui est important pour ce genre de choses, et puis pour la diffusion… Je n’ai pas de site, mais à travers les écrits de mon blog ou par l’intermédiaire de facebook, je communique. J’aime bien tous ces médias. J’aime bien ce mode de fonctionnement donc la diffusion c’est ça, c’est l’abonnement, les salons. Je fais chacun des livrets, le premier tirage se fait à 400 exemplaires, j’en ai immédiatement plus de deux cent qui partent en direction de mes abonnés, des amis, donc c’est une bonne diffusion pour la poésie.

Pauline Catherinot: Comment perçois-tu le festival Voix Vives de cette place du Marché du livre ? Quels sont les points forts et peut-être les points les plus mitigés ?

Hervé Bougel: Le point fort…  je suis vissé ici comme un oursin au fond de l’étang de Thau, donc je vois peu de choses. Je vois quand même, en circulant, en venant le matin, ou l’après-midi, que la ville, que je connais depuis trente ans, est très investie dans le festival, par les différents lieux de lecture tout autour. Je ne sais pas par contre, quel est l’impact sur la population ni quel est le travail qui se fait avec les libraires, ce serait peut-être des questions à poser. Il y a du monde, une densité. Pour les points faibles… Pourquoi est-ce que les auteurs qui lisent dans différents lieux ne viennent pas ici, sur cette place tout à fait centrale. C’est dommage. Il pourrait aussi y avoir une animation, à peu près constante, ce n’est pas encore le cas. Il y en a plus qu’il y a  deux ans, et pourtant cet endroit pourrait être un lieu, peut-être le vrai lieu central où il y aurait un mouvement.

© Pauline Catherinot

Pauline Catherinot: Comment se passe la rencontre avec les gens?

Hervé Bougel: On fait un travail très particulier comme éditeur. Je fabrique tous ces petits livres, il faut peut-être le dire, ils sont entièrement fabriqués et cousus à la main. J’y passe un temps infini, il y a une grande partie du travail qui est absolument solitaire, isolée… et quelle était la question? Je vais y revenir… Il y a une autre part, qui est la relation. On sort soit dans un salon, soit ici dans la rue. C’est que je répète aux gens qui me disent: « on a du mal à vendre ». Oui, en effet. Mais on est dans la rue, les gens vont à la plage ou ici… il faut donc aller au-devant, parler, échanger. C’est un travail très contrasté entre l’isolement dans lequel on se trouve assez souvent et le réseau de relations permanent et constant que l’ on tisse avec les abonnés, les acheteurs, avec des gens intéressés, des gens qui envoient des manuscrits. On est sans cesse en mouvement, et ici aussi, il faut l’être…

Pauline Catherinot: Quelles sont les étapes de fabrication? Comment procèdes-tu de la réception du manuscrit à la diffusion?

Hervé Bougel: Je reçois beaucoup de manuscrits, pour un petit comme moi, j’en ai d’autant plus avec le mail, ça y va, ça bombarde… on va dire 200, 250 par an. Je publie quatre textes par an, et il faut bien dire que ce n’est pas ce que je reçois par la poste qui donne matière à publication, c’est toujours ce qui est de la relation. On voit les auteurs, on discute, on laisse une ouverture, si à un moment, tu as quelque chose pour moi etc etc. Les choses se font comme ça, mais il faut bien dire que ça n’est pas ce que j’ai chez moi dans ma boîte aux lettres, ou sur mon ordinateur qui me surprend. C’est dommage, j’aimerais bien, voir un truc un jour. Là, je me dirai, tiens quand même… Je n’ai jamais, ce n’est pas un choix délibéré, publié quelqu’un dont je ne connaisse pas le nom ou que je n’ai pas lu… Cela n’existe pas surtout, si on veut établir et monter un catalogue conséquent, tenu avec des auteurs, avec une ligne claire – c’est ce que je défends. Je n’ai jamais beaucoup d’avance moi et puis je ne veux pas, parce que je pense que dans ce type de publication, il faut laisser l’ouverture, je m’y efforce.

Pauline Catherinot: et la difficulté d’avoir justement plusieurs casquettes: éditeur, auteur est-ce que ce n’est pas compliqué et épuisant?

Hervé Bougel: Ce travail là est un continuum… Le texte doit tout d’abord être dans le format. Quelqu’un qui m’envoie cinquante pages, bon, c’est un peu compliqué… Il y a ensuite l’aménagement sur la maquette que je construis, toujours à l’identique, et après vient le travail pratique: l’impression. C’est du numérique, c’est pour ça que je fais des tous petits prix. Cinq euros, c’est le prix d’une plaquette. Il y a tout le travail de pliage, de couture, les livres sont tous cousus avec un petit fil, un petit cordonnet blanc, et puis ensuite, quand j’ai le texte… je fais le choix du papier de couverture et ça c’est un grand atout. Je me demande comment habiller un texte, est-ce que je fais une plaquette moche agrafée avec un papier dégueulasse et je mets le nom de l’auteur dessus pour montrer qui c’est… ou est-ce que je cherche, pour chacun des livrets une identité, une couleur, un ton. Le nom n’apparaît jamais sur les couvertures, c’est aussi un choix. C’était également celui de Roland il y a très longtemps. Il faut que les gens ouvrent le livret pour savoir qui l’a écrit.

Pauline Catherinot: Est-ce que l’idée de la couleur vient de suite?

Hervé Bougel: Quelques fois je trouve très vite et parfois je cherche pendant des jours, des semaines. Je vais dans les boutiques ou sur les catalogues. Il faut vraiment qu’à un moment ça me parle. Pour moi, les textes correspondent à des couleurs. C’est toujours un moment important: choisir la couleur de la couverture, le papier, ce que je vais y mettre, la teinte, quelle couleur je donne à ce texte. D’ailleurs, je parle souvent des livrets en matière de couleur.

Pauline Catherinot: Combien y-a-t-il de titres? Que pourrais-tu nous dire sur la collection?

Hervé Bougel: Dans la collection des carrés de poésie, je suis aujourd’hui au 73ème titre. J’ai publié de nombreux autres titres autour, des volumes, des ouvrages, des plaquettes. J’ai eu une revue il y a une dizaine d’années et  en quinze ans, j’ai publié à peu près, j’ai fait le compte une fois, 220 documents, il y a quand même l’esprit de la collection, il y a le travail, la durée.

Pauline Catherinot: Comment se fait la passerelle entre ton métier d’auteur et ton métier d’éditeur?

Hervé Bougel: Il n’y a pas de passerelles. Si je viens comme auteur, je viens comme auteur… si je viens comme éditeur, je viens comme éditeur. Je n’ai jamais publié un texte que j’ai écrit moi-même. Je laisse ce soin à d’autres si j’ose dire, et puis j’ai un point de vue, que j’appellerais une déontologie, d’autres pensent autrement, qui consiste à dire je ne vais pas demander aux gens de s’abonner à mes publications pour y mettre mes propres textes… ça me paraît être une aberration, je ne veux pas faire ça, ça serait pour moi un manquement, une forme de malhonnêteté. J’ai la chance de publier quelques livres chez des éditeurs intéressants.

Pauline Catherinot: Quels sont tes projets?

Hervé Bougel:  J’ai lancé une collection de lettres à des auteurs. Un auteur s’adresse à un autre auteur, Emmanuel Merle sur Jim Harrisson. Il y a six lettres, c’est une chose qui fonctionne… j’aime bien ce format qui est un peu plus souple. Je viens de lancer une autre collection de livrets en trois volets cartonnés qui s’appelle dazibao, c’est un ensemble de trois textes écrit par un même auteur. Il y a deux titres pour le moment: Amandine Marembert et Christian Degoutte. J’ai également un projet avec une revue qui s’appelle A verse, qui est à Paris, ce sont des jeunes gens, j’aime bien leur travail, je leur ai proposé de constituer un ensemble de trois livrets. Il y a sans cesse un mouvement, une dynamique autour de Pré #Carré. Je veux rester dans ma spécificité, c’est ce que je veux faire. Quand j’ai commencé je ne savais pas du tout comment, j’ignorais si ça allait me plaire, au bout d’un temps j’aurais pu dire c’est un truc de dingue, j’y passe un temps infini.

Pauline Catherinot: Que faisais-tu avant?

Hervé Bougel: Je ne suis pas éditeur professionnel. J’ai été… on ne va pas faire le détail… mais à 16 ans j’étais ouvrier, je suis un autodidacte, après je suis devenu animateur socio-culturel. Quelques temps plus tard, j’ai fait un DUT métier du livre,  j’ai toujours été dans le papier.

Pauline Catherinot: Quel a été ton premier choc artistique ou littéraire?

Hervé Bougel: ça c’est compliqué, si on parle du livre… si on remonte à des influences, que j’ai eu en littérature, très jeune à 14 ans, il y avait déjà la poésie. Et puis comme beaucoup de gens de mon âge, même si aujourd’hui il est un peu oublié, enfin disons que ça intéresse moins…. dans les années 70, j’ai beaucoup lu Boris Vian, je connais très bien son œuvre. ça m’a emmené ensuite à d’autres auteurs, à Queneau, à Perec… C’est difficile de citer des noms, parce qu’on aime des textes, pas forcément des auteurs. Si tu me demandais en poésie, je te dirai que je ne sais pas. On peut être sensible à Victor Hugo comme à Salah Stétié. La valeur pour l’éditeur c’est le texte. Sinon je suis très sensible à la peinture, à la photographie, j’aime beaucoup les photographes, j’aimerais travailler avec des photographes. J’ai d’autres activités en arts plastiques, j’ai été marionnettiste. Je ne me suis pas enfermé, je ne suis pas obsédé par le livre, ça fait partie intégrante de ma vie, mais je fais beaucoup d’autres choses. J’étais à Brest début Juillet parce que l’on m’avait invité pour un festival de Carnets de voyage où j’ai travaillé autour de l’image, du film, je veux être totalement vissé à cette chose là, ça me plaît, c’est ce que je fais, j’aime le faire mais je veux rester ouvert.

Pauline Catherinot: J’ai l’impression que la liberté c’est quelque chose de très important pour toi… (quelle perspicacité)

© M. Catherinot

Hervé Bougel: Ah oui oui tout à fait depuis, je veux pouvoir m’échapper. Je travaille avec de fortes contraintes, en temps, un texte tous les trois mois, mais la contrainte est productive.

Pauline Catherinot: A quoi correspond le mot « non »?

Hervé Bougel:  On devient quelque fois, en tant qu’éditeur, une machine à dire non. On dit non, on dit non… sans arrêt à des tas de gens… quelqu’un est venu me voir l’autre jour: « il faudrait que tu m’expliques pourquoi tu m’as refusé le texte »… alors on discute… on a quand même le bonheur de dire oui à un texte. J’ai été très ému par des choses que j’ai reçu, le bonheur de dire oui, c’est aussi ça, cette liberté, cette chance… la chance magnifique de rencontrer des beaux auteurs, des artistes, des gens de cette qualité, je suis très très heureux de ça, la règle… Comment dire? Il y a un critère fondamental pour moi… c’est de se poser la question de savoir ce que l’on voulait faire quand on avait huit ou dix ans… Mes parents étaient ouvriers, ma mère lisait beaucoup, je me disais: « je ferai un livre ». Voilà, je ne suis pas très éloigné de ça. Quarante ans après, je regarde les choses, je me dis: « j’ai écrit quelques livres, j’en ai d’autres à faire, j’en ai publié, j’ai rencontré dans ce monde de belles personnes, ça va quoi, je ne suis pas… il ne peut pas y avoir d’aigreur, c’est bien comme ça.

Pauline Catherinot: une petite question qui n’a pas grand-chose à voir avec l’édition… Que peux-tu nous dire de la photo qui bouge, un évènement qui a pris pas de l’ampleur…

Hervé Bougel: alors la photo qui bouge… les gens se sont un peu moqués en disant: « vous avez inventé la vidéo ». On a rien inventé du tout… Je suis parti de ce travail qui s’appelle Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, de Perec… L’objectif, pour nous, est de saisir un moment… Je pourrais mettre l’appareil et laisser tourner et j’aurais une image… Saisir ce qui se passe quand il ne se passe rien.

© Pauline Catherinot

Pauline Catherinot: Combien de personnes participent ?

Hervé Bougel: On est un groupe d’une quarantaine, d’une cinquantaine de personnes, à tenter d’attraper ici et là des instants, des passages, des moments de rien, de vie. J’étais à Brest sur le festival des Carnets de voyage, j’ai fait 90 films de 29 secondes, parce que 29 c’est le département du Finistère… tous les jours entre 9h09 et 11h42, au même endroit, toutes les neuf minutes, et au final, j’ai un film de cinquante minutes… avec l’agitation que ça suppose, des bateaux qui vont, qui viennent. Cela ne témoigne pas de grand-chose, ça témoigne de peu, mais ça témoigne aussi de ce que je suis, et d’un ancrage et d’une réalité intéressante.

Pauline Catherinot: Si tu étais un mot, ce serait quoi ?

Hervé Bougel: la constance ou peut-être l’obstination

Pauline Catherinot: Est-ce que tu as assouvi la plupart de tes rêves, et quels sont ceux que tu aimerais atteindre?

Hervé Bougel: oui je t’ai dit, ce que je voulais faire à 8, 10 ans, quand bien même aurais-je échoué, j’aurais essayé. J’ai encore des livres à faire, de nombreux projets artistiques à mener. Je suis toujours en mouvement, intellectuellement. J’étais marionnettiste à 25 ans, j’ai envie de travailler sur de nouveaux projets dans ce sens, je m’y suis remis un petit peu… Sur ces 20 années, peut-être trente, enfin l’échelle je ne la mesure pas, qui me restent, j’ai encore envie de travailler. J’ai une grande énergie. Je ne suis pas au bout des choses, au contraire, j’ai des livres à faire, je viens d’avoir une bourse importante de la région Rhône-Alpes, sur un projet de livre…

Pauline Catherinot: Est-ce qu’il y a quelque chose que l’on n’a pas abordé au cours de l’entretien et que tu souhaiterais aborder ?

Hervé Bougel: Non, non, ça va, je suis bien ici, à Sète, dans ce que je fais par ailleurs, dans une énergie, dans un mouvement positif, créatif qui m’importe.

https://encephalogrammeduspectateur.wordpress.com/2012/07/27/voix-vives-herve-bougel/

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