Renifler le parfums des fleurs


Avec: Agnès Bacconnier, Jean-Christophe Bacconnier, Séverine Anglada, Irène Baccuet, Anne Boué, Virginie Chaudier, Sylvie Chombart, Elisabeth Colombani, Marie-Chantal Deceur, Virginie Dejeux, Olivier Gabrys, Caroline Garnier, Cynelle Gedin, Michèle Gonon, Arnaud Guitton, Michel Le Gouis, Anthony Liébault, Elizabeth Maisonnier, Magali Mas, Isabelle Thévenoux, Elisabeth Venet.

Au cœur de la place Sathonay – un dimanche de septembre – des chaises, une carte – quelque part – ici ou ailleurs, quelqu’un… des formes, des entités humaines, des caractères entiers… Derrière la grille, une silhouette s’endort sur une table, s’allonge… glisse par terre. Une rêveuse. Presque quadrillée par l’optique. Une rêveuse quadrillée. Un cheval rouge – posé sur une table – la regarde – elle, sa robe et son oreiller. Le point de vue influe sur la réception. Un coussin pour tapisser le sommeil. J’aimerais plonger dans les entrailles de ce coton, m’y prélasser… aussi. Devenir un oreiller. Incarner le sommeil. Avoir une adoration pour le sommeil. Jalouser son sommeil – à ELLE. A cet instant… Les yeux n’ont pas encore remarqué – ceux de la foule – ceux qui passent – ceux qui sont derrière leurs stands… mais ça commence… les trajectoires de Nathacha Picard se dispersent et gravitent… Des aimants accrochés au forum des langues, des aimants accrochés à cette place et à ses contours. Vent de folie. Nous encercle. Alors, les marrons tombent du ciel – ça pleut… ça appelle… Les têtes se redressent peu à peu et commencent à voir. Elles ne comprennent pas encore… Les silhouettes avancent, contournent, dévorent les espaces… Frénésie du quotidien. Là – sous – nos – yeux. On se retourne, on sent, dans le dos, le mouvement, le déplacement. On entend les éclats de rire. Alors. Se retourner, attraper l’objectif. Mitrailler. Écrire sur le moleskine des bribes de mots, de textes… Sur le fil – sur un fil invisible – un fil bitume – trois hommes et deux femmes – rient, s’amusent, interpellent. Le col de chemise abrite deux cravates, colorées et peut-être folles. Dans les costumes, les corps bougent, attrapent le regard des passants – le sourire, c’est la détente qui se propage. Les muscles du visage deviennent souples… la joue fait des rebonds. Un virus dont – personnellement – je peine à me passer. Alors c’est la mitraille, la contemplation. C’est peut-être l’effet Victor Hugo. On tourne la tête, on cherche. Il y en a peut-être d’autres ailleurs. Pendant ce temps, elle dort – profondément – de tout son long… Retourner la tête… De l’autre côté… Près du passage de l’abbaye de la déserte, les funambules urbains rient encore, un rire à la fois communicatif et inquiétant… Chaque figure a un accessoire: un truc orange indéfinissable, des palmes (bleues ou noires – tout dépend du porteur), une rose, une serviette à carreaux. Les corps se déhanchent joyeusement. Âme taquine. On le sent – c’est incrusté sur le coin des lèvres… Espiègles. Alors mordre l’index, courir en rond. Jouer puis s’arrêter. Trouver refuge sur un plot en béton. Rires encore. Le rire papier ne s’entend pas, pourtant quelque part, dans le creux de mon oreille, il est là. Ce rire qui sort de la gorge pleine, ce rire léger et frappé. Les funambules s’arrêtent devant des montures-bicyclettes? Les mains déposent les objets dans un panier. Les mains reprennent les objets dans le panier. Les yeux quittent – un temps – les palmes, les cravates, la rose, le bazar… Derrière la grille. Derrière la grande carte. Des femmes en tenue de soirée ont pris place. La dormeuse – elle – tourne et tourne et tourne encore dans ses rêves. Les femmes semblent préoccupées. Visage inquiet. Peut-être. Alors se rapprocher. S’extraire de la chaise en plastique. Redresser les vertèbres qui craquent un peu. En C3 et en T3. Un mouchoir. Une étoile de mer. Une boîte. Une petite fille fascinée s’arrête et pose sa trottinette (il y a deux T à trottinette). Regarde. Les gens s’agglutinent. La dormeuse a abandonné la table pour un arbre. Il est vrai que l’écorce à un parfum subtile et enivrant. Les funambules se rapprochent. Un mouchoir. Une étoile de mer. Une boîte. Ils sont sur la place et s’avancent vers la carte, vers les femmes. Il y a le contraste des expressions. Le rire. La presque larme. De chaque côté de la table. Elles regardent. Ils dansent. Elles regardent. Ils tracent des lignes sur la nappe à carreaux (comme la serviette). Elles regardent, inclinent la tête. Ils se mordent le doigt et courent – parfois – avec des palmes? Ce n’est pas facile de marcher avec des palmes. Certains épisodes ardéchois me reviennent en mémoire. La langue amphigourienne est corporelle, elle ensorcelle. Poétique et superbe. J’aime. Le groupe se dissout, les femmes traversent, suivies par un couple qui se prête au jeu et qui s’invite. Excellent!!! Pendant ce temps, les funambules contemplent des ballons, des mangeurs de sandwichs… Ils marchent encore – les pieds dans les palmes… les palmes aux pieds, s’approchent des arbustes, se reprochent encore et les nez sentent, reniflent,les mains applaudissent les fleurs… Et la rêveuse, où est-elle??

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Bonjour,
    Je découvre votre blog avec des images et ces jolis témoignages sur ce que furent ces folles trajectoires de l’an dernier! Que de merveilleux souvenirs!
    Merci beaucoup pour ces retours sensibles!
    Olivier Gabrys

    1. Bonjour,
      Merci à vous pour ces belles trajectoires!!! Excellente journée. Pauline

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