Vers le néant poétique


Après le CNL et la tentative de fusion entre le théâtre, le roman et la poésie… Après une pétition, des signataires, des poètes inquiets… La planète poésie tremble à nouveau. En effet, le budget alloué au printemps des poètes est perforé. Certes, pour ma part, je suis assez critique en ce qui concerne cette manifestation. Mais je reconnais aussi son intérêt, celui de centraliser les informations, d’œuvrer pour une diffusion, pour un partage, de développer la formation… Son rôle, à la fois pédagogique, culturel et politique, est primordial. Il ne faut pas réduire cette « institution » à une simple vitrine. Il ne faut pas laisser les mentalités reculer. La poésie doit, a le devoir de rester en lien avec les gens. Le travail des poètes sur le terrain est fondamental mais il faut un soutien. Ne renonçons pas à ce printemps, à cette profusion, à cette accélération qui n’a lieu qu’une fois dans l’année. Quel autre rendez-vous poétique est à ce point capable de rassembler et de trouver un éclairage médiatique? La poésie n’a peut-être pas besoin des paillettes, mais seule et isolée elle ne sert à rien. Bien sûr, il existe de merveilleux festivals… comme ceux de Sète, de Lodève… Bien sûr, l’utopie consisterait à dire que la poésie se suffit à elle-même. C’est une utopie. On ne peut se permettre la légèreté. Il faut être vigilant!!!

Je vous transmets la lettre de Jean-Pierre Siméon, j’espère que vous y serez sensible…

Chers Amis,
Le Printemps des Poètes est dans une situation critique : après 10 années de réductions constantes des moyens alloués à l’association, le ministère de l’éducation nationale nous a annoncé au cours de l’été la coupe imprévue de 40% de la subvention 2012. (60.000 € de moins).
Cela entraîne un défaut de trésorerie tel qu’il implique la disparition à brève échéance de la structure, et consécutivement de la manifestation.
Le ministère de la culture, qui maintient son soutien, ne peut compenser ce retrait ; la seule solution est pour nous de récupérer auprès du ministère de l’éducation nationale la somme qui manque avant la fin 2012.
Vous pouvez nous aider en écrivant personnellement au Ministre de l’éducation nationale, pour lui dire votre attachement au Printemps des Poètes et témoigner de l’importance de son action auprès des acteurs éducatifs et culturels.
Ce peut être une lettre brève, mais vous comprendrez que plus le ministre recevra rapidement de nombreux courriers l’alertant sur la gravité de la situation et l’inquiétude qu’elle suscite, plus nous aurons de chances d’obtenir gain de cause.
Adressez votre courrier à : Monsieur Vincent Peillon
                                     Ministre de l’éducation nationale
                                     110 rue de Grenelle
                                     75357 Paris SP 07
Merci par avance pour votre soutien, je vous tiendrai bien sûr informés des suites.
Bien amicalement à tous,
Jean-Pierre Siméon, directeur artistique

La poésie n’est pas un art mineur. Souvenez-vous de la première académie. Souvenez-vous de la modernité des poètes. Souvenez-vous de cette voix engagée et lancée sous les ailes des avions. Sur le territoire. Pour ne pas oublier que l’on peut résister. Que l’on peut dire, hurler, vociférer. La poésie est liée à notre culture. La toucher. L’oublier. L’enterrer nous réduit à l’état de rien. Il faut réfléchir. Il faut occuper les espaces. Ce n’est pas un acte militant. C’est un acte poétique. Je vous invite à la réflexion. La situation me semble suffisamment grave pour écrire ce soir. La poésie se résume trop souvent aux épitaphes. Les poètes existent, ils sont bien vivants. Ils écrivent, publient et sont parfois lus. Je crains ce recul. Je crains cette frilosité parce qu’elle n’augure rien de bon. Réfléchissons!!! Réagissons!!! Poètes. Agissez!!! Nous n’avons que peu de droits. les droits d’auteur sont ridicules. Nous participons à des lectures, à des festivals… le bénévolat!!! Cela suffit!!! Ce n’est pas l’argent qui mène la poésie, mais il faut bien vivre, tenter la survivance. Alors quand en plus, on nous enlève le peu. Ne faut-il pas s’engager, se heurter aux murs et nous rappeler à notre essentiel ? La poésie n’est pas un loisir. Qu’on le sache!!! La poésie est un art. Majeur. N’oublions pas!!! (oui je le répète ce mot parce que j’ai peur de l’oubli, de ce gouffre dans lequel – on se ou – on nous précipite). N’oublions pas les poètes qui ont fait les beaux jours de la littérature, n’oublions pas ceux d’aujourd’hui qui ne sont pas des écrivaillons transis d’amour. Oui, la poésie existe!!! Alors en lutte, en marche!!!

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Chère Pauline,

    On ne peut que signer tout ceci des deux mains ! Ou plutôt des milliers de mains que nous avons aujourd’hui grâce aux soutiens manifestés sur cette page Facebook « Sauvons le Printemps des Poètes ».
    Soulignons seulement la nécessité de ne pas faire l’amalgame avec la question du CNL, plus complexe qu’on a pu le croire d’abord; mais ceci est un autre sujet.
    Restons groupés. C’est comme ça que les animaux se protègent de la pluie.

    AxoDom

  2. Et si vous voulez, croisons nos blogs d’une manière ou d’une autre : http://armesecretepoesie-axodom.blogspot.fr
    AxoDom

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