Voix d’Annette


« J’ai l’impression que cela faisait vingt ans que je me préparais à ce spectacle… » (Nicolas Ramond)

Mise en scène: Nicolas Ramond / Texte: Fabienne Swiatly / Avec: Anne de Boissy et Charlotte Ramond / Musique: Sylvain Ferlay / Lumière: Yoann Tivoli / Son: Christophe Allègre / Scénographie: Benjamin Lebreton / Régie plateau: Patrick Laurino / Costumes: Cissou Winling / Diffusion: Fadhila Mas/ Production: Nolwenn Yzab

Que reste-t-il d’Annette et de ses laboratoires ? de ses trajectoires ? de ses tentatives ? Après deux années de résidence au Théâtre de Vénissieux, la compagnie les Transformateurs signe un spectacle original et fort. Comme des éclats de miroir. Le fragment. La tête se penche, la bouche se crispe. Le corps se transforme. S’effondre. Se tord. S’électrise. Décharges musicales et frénétiques. La musique de Sylvain Ferley oscille entre frénésie et légèreté. Encéphalogramme. La trace. La pulsation. Comme des bulles qui éclatent. Syndrome de West se glisse dans la robe jaune. Parfois légère. Parfois en dehors du monde et pourtant à chaque seconde. Dans le monde. Le temps – à l’image de ces costumes posés sur des cintres – est suspendu. Les voix d’Annette sortent du silence et se font entendre. Le spectacle interroge la norme, la normalité: « Normal. Normal celui qui est d’équerre. Celui qui est d’aplomb. Normal celui qui ne provoque pas de remous. Normal celui qui est en bonne santé, Celui qui a les jambes droites, qui a le corps longiligne (…) » [Fabienne Swiatly, Annette, édition Color Gang – sortie prévue en Février]. Annette avance (ou évolue) dans des tableaux, des séquences. Entre les voiles, les ombres apparaissent puis disparaissent. Poésie des images. Force du propos. Annette. Monstrueuse. Annette. Différente. Annette. Colorée. Annette. Touchante. Une société qui enferme. Encercle des pensées, des préjugés. La verticalité du corps. S’effondre. Plonge dans la masse épaisse. « Avant, tout allait bien. Tout était parfait… » La recherche du metteur en scène commence par la scénographie qui offre de grandes possibilités. Bouleverse la trajectoire. Un carré.  Cinq mètres sur cinq pour se libérer. Une chambre. Peut-être un hôpital, une maison. Le quoitidien. Guitare couvre les mots hurlés, crachés. Nicolas Ramond propose une partition aux accords tordus, des éclats. Photographie. Couleurs vives. Pour dire le passé. Pour multiplier Annette. Pour lui donner une voix. Encore. Ou. A nouveau. Pour interroger. Un écho au monde médical, à ces professionnels dispersés dans la salle. Entre légèreté. Et. Gravité. Le spectateur cherche, puis trouve la respiration. Dans la hauteur (du plateau). Dans le texte chuchoté (dans le micro). La confidence. La justesse. « Regardez moi, regardez-moi, où je n’existe pas » Le texte (on aurait pu le craindre) ne sombre pas dans le pathos. Fragile Annette, s’enveloppe dans le drap, s’endort. Se drape. Conscience jolie. Revient. N’est pas intacte. « Ma soeur n’est pas un tas ». Frangine avance sur la terre ferme, cap sur l’horizon. Elle. Sent. Sous les pieds. La terre. Le vent. Léger. Léger. Entre les fauteuils, dans le noir de la salle, la juste respiration. Je m’accroche aux mots: « allez debout. » Saveur sucrée. Happy. Happy. Clip enjoué. Annette roule et mâchouille sa propre langue.(tous les sens…). ça s’empare de moi, de l’épiderme. Des frissons. Encéphalogramme. Where are you Annette? Where are you?

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Annette sera au TNP du 12 au 22 Février

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