Les poings serrés


Les dents serrées. Les poings serrés avec une folle envie de HURLER de manière continue et peut-être brutale. Avec une folle envie de jeter des choses, de déchirer des feuilles. N’importe quoi. Pourvu que ça se détruise. Je suis allée au Théâtre. Pour le plaisir. Petits bonheurs simples. Public merdique. Lamentable!!!! (la détente impossible, j’appuie sur cette même détente, et je tire à vue) Ont flingué la représentation. Ont flingué le silence. Ont flingué la concentration. Certes, ça provoque des réactions le théâtre. On a le droit de réagir, de s’élever contre, de brandir l’étendard. Certes!!! Mais putain bordel, du respect? DU RESPECT pour les COMÉDIENS, pour LES SPECTATEURS qui ont peut-être envie EUX d’écouter et d’entendre le texte. Et là les mots (- pourtant magnifiques- dans le peu que j’ai entendu) ne sont pas arrivés en F8. Barrière infranchissable ou presque.  Parce que. Des individus qui ne perçoivent même plus le monde environnant. Qui font comme à la maison, comme dans la rue. Sortent leur putain de téléphone de (bip) Faut quand même savoir l’éteindre ce truc?. Greffé à la peau. Sont dans leur bulle. Malédiction ou bêtise généralisée. Complètement accrocs. Communiquent en permanence mais ont perdu l’essentiel. Je suis vieille. Je suis conne. Je suis acariâtre.  Manque le bob, les jupes avec des fleurs et les collants en laine. (Bip) Il y  a des portes. Tu pousses, ça s’ouvre. C’est incroyable. On n’arrête pas la technologie. Et en plus pas besoin de batterie. C’est la force de ta main, de ton bras qui crée le mouvement. Qu’ils partent, qu’ils partent loin.  Mare. Mare. Mare. Depuis le début de l’année, moult représentations massacrées parce que bidule ne sait pas se taire, ni se tenir. On aurait envie de leur dire (bip bip bip bip bip bip) Mais on conserve – pendant la représentation – son calme, ça boue intérieurement, ça embrase le palpitant, c’est la déforestation du calme et de la sérénité. Le plaisir: pulvérisé en plein vol. Merci qui. Mademoiselle qui passe toute la représentation à envoyer des textos – et ça vibre – toute la représentation à surfer sur facebook, à regarder l’heure (pas de montre???) – et ça éclaire – et ça vibre – et ça s’allume – et ça sonne et c’est chiant. Et quand elle n’écrit pas, qu’elle ne pense pas avec ses deux neurones qui s’électrocutent – elle commente. Le commentaire profond et pertinent glissé avec peu de discrétion à sa voisine qui sort elle aussi son portable – et ça s’allume – et ça éclaire et ça condamne à la désertion de la CONCENTRATION. Rangée de …. Qui commente le texte. Rien compris. Pas même un soupçon de curiosité. L’idée que parfois le fait de ne pas aimer mais de faire un effort, c’est ce qui permet d’avancer, de se grandir… ça ouvre, ça construit, ça renforce…. Tout ça c’est putréfié par les ondes, ça ne leur arrive au CERVEAU. Et alors qu’il ne reste que dix minutes. Elle. S’en va. Fait lever la rangée. ça fait du bruit – on entend plus rien, on ne voit plus rien. Mare de ce nombrilisme où on se moque éperdument de l’autre. Vivement que ça se termine. Une place de perdue. Faudra lire la pièce. La revoir peut-être… Se créer une bulle, faire du yoga.

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