Des morceaux de Saez


Photo de David Pommier

On y va. Dans la farandole à Cournon. Au Zénith. On a rendez-vous avec Saez. Quelques chansons dans le poste d’une Peugeot blanche… Alors on y va. On avale les kilomètres. On répand le liquide des cappuccinos entre deux fauteuils en simili cuir sous les yeux d’une petite fille. On attrape les bateaux, on cherche la mer, on rêve de Venise… on rêve de ces routes… inconnues et superbes. – Je te dis que tout est possible, que tu peux, que tu pourras, te draper dans les secondes, dans les sommeils colorés… que le soleil attire les éclats… et ce sera bien, et tout se passera bien (derrière la peau, sous les os) – Emportée par la voix de. Tracer par la guitare et le piano. Saez. Damien de son prénom. Les lettres comme des écorchures – juste là – au coin. Après deux heures de route. Après des kilomètres. Après des litres de café. Après l’énergie vibrante. Après les yeux qui tombent. Le zénith est en vue. Comme un seau retourné. Bâtiment aux accents germaniques. On allume le feu à nos poches. On est peut-être aussi un peu les fils et les filles d’Antonin Artaud. Dans les entrailles, jeunesses aux allures plurielles. On a la vingtaine, la trentaine, la quarantaine. Dans les enceintes, le dernier album se ballade et allonge les lignes dorsales. La fosse. Saez. Des morceaux de Saez. Des morceaux de guitare. Parfois. Une trajectoire possible. Alors la voix. Alors le son. Seul en scène (je crois) pour deux chansons. L’acoustique. La perforation. La mousson du cœur. Et j’écoute. Et je me laisse aller. Pas la bonne saison. Pas la bonne histoire. On ferme les paupières. Sanglots poétiques et furieux de Damien. Parfois les cheveux longs et noirs. Parfois une barbe. Une bouche. Un front. Une main. Un pull –  noir – à col roulé – en laine – Des expansions perlées – qui tombent. Dans la gorge de Damien, les mots s’arrachent à la langue et le lexique déroule son long tapis « des petits sous », « soleil d’hiver »… Comme une langue singulière. Marquée dans le sang et dans la révolte.  Poésie épaisse. Loin de ce rivage. Loin de la scène, cachée par des corps en mouvement. ça tire sur les vertèbres. On voudrait se grandir. On voudrait s’envoler et se poser dans les hauteurs. Rien pour accrocher le regard. Des nuques. Des épaules. Des faisceaux lumineux pour reconstruire le concert, pour rassembler les morceaux de Saez. Diriger vers. L’artiste longe la scène. Revient. Clope. Verre. Energie à la fois sauvage et distante. Comme dans un salon. Voix articulée, accent révolté et reconnaissable entre tous. Parle peu Saez entre les chansons. Mais termine à genoux sous un concert d’applaudissements. On sort de là – ressaisit – peut-être davantage réveillé… Sur les épaules, ça a disparu un peu… Avancer – dans la nuit- Tomber – de – sommeil…

  1. Photo de David Pommier

    Quais de Seine

  2. Tango
  3. Elle était profonde
  4. Pour y voir
  5. Betty
  6. Les printemps
  7. J’hallucine
  8. Fin des mondes
  9. Miami
  10. Le roi
  11. Pillule
  12. Cigarette
  13. Voici la mort
  14. J’accuse
  15. Into the wild
  16. Rochechouart
  17. Marie – Marie ou Marilyn – A bout de souffle
  18. Fils de France
  19. Ma petite couturière – Embrasons-nous
  20. Marguerite
  21. Putains vous m’aurez plus
  22. On a pas la thune
  23. J’veux qu’on baise sur ma tombe
  24. Tu y crois
  25. Châtillon-sur-Seine
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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Anthön dit :

    Peugeot, Pauline, Peugeot!

    1. mais tu es sûr de ça, j’ai toujours pensé que c’était une renault

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