Arno


A Georges Moustaki

Avec: Arno, Serge Feys (claviers), Mirko Banovic (basse), Filip Wauters (guitare), Mattijs Vanderleen (batterie)

(c) Pauline Catherinot
(c) Pauline Catherinot

« Wake up rise up don’t fall asleep« . Les joues sont grises. Les gens ont l’air triste – ce soir – dans le métro. Peut-être le froid. Peut-être la pluie. Peut-être… « Il y a des serpents dans mes bottes Il y a des chiens qui frappent à ma porte Les étoiles chantent au ciel noir La lune me regarde comme un chat noir Je n’suis plus le même Depuis ce jour là La vie n’est pas parfaite Elle se trompe parfois » (Depuis ce jour-là, Arno à la française)La rame avance lentement vers Vénissieux. La parenthèse (musicale) attendue depuis longtemps. L’envie irraisonnée d’écouter, de sentir au fond de ses oreilles la musique furieuse et décalée d’Arno. La valse. Se balancer. Sentir le poids sous les pieds, pour se décoller du bitume… là… le souffle sucré… Brussels. Rue de Flandres. Des chaises en bois derrière la vitre. Ostende et la mer déchaînée. L’eau grise. Le vent puissant. La plage (presque déserte). Les grains de sable. Les chevaux qui s’élancent la tête la première. Là. A cet instant. Une pensée pour. Arno. Caussimon. Ferré. « On voyait les chevaux de la mer qui fonçaient la tête la première (…) Je me suis baladé dans le printemps (…) Ni gris. Ni vert. Comme à Ostende. Et comme partout. Quand sur la ville, tombe la pluie. Et qu’on se demande si c’est utile. Et puis surtout si ça vaut le coup de vivre sa vie. Je suis parti vers ma destiné mais voilà qu’une odeur de bière (…) de frites et de moules marinières (…) et la bière, on vous la servait… » C’est un bazar plus ou moins organisé dans mon cerveau. Ce soir. Sur les lèvres. Le sourire éternel. On scotche ses pensées à la perspective Hintjens.

Il est 20 heures et je viens d’arriver. Il y a foule. Pas eu le temps de manger. Oublier le ventre et préférer les tripes. Je mise sur l’appétit-musique qui gommera les grondements incessants de ces entrailles qui hurlent et se tordent. Les portes s’ouvrent enfin. Le placement est libre, les gens avancent – déterminés – Il faut trouver la place. LA PLACE! Viser le centre. Une place. Les premiers rangs. J’ai une chance folle. Au deuxième rang. Un vide. Mon oreille capte des fragments de conversation et j’entends que c’est libre. Merci!!! Enfin. La bonne étoile se réveille. La place magique, inespérée. Juste là. Pas de « grand » devant. La trajectoire est parfaite. L’oeil pourra observer, scruter le moindre détail sans gêne et se laisser aller à la rêverie. En toute sérénité. CHIC!!! (et pas CHER). D’ailleurs sur scène, le régisseur s’active: place les serviettes blanches, scotche la liste des chansons, vérifie le pupitre, dépose une bière fraîche près des enceintes, teste les instruments. Derrière moi, déferlante de paroles « putain, il a une de ces grosses… » « il te laissera les clefs ». Quelqu’un se demande si la place du milieu est prise, celle du troisième rang. Un sandwich se trouve à six fauteuils – sur la droite – Une main pioche dedans et une bouche mâche. A côté, une bière. Six fauteuils et nous pourrions manger. Organisation, organisation…. Une dame blonde quitte les coulisses, suivie par un jeune homme (le fils d’Arno???). Et non, ce n’est pas Voici, mais les potins se glissent parfois sur les pages du carnet. Dans les enceintes, on entend les Beatles…

Le silence enfin. L’obscurité (tant attendue). « We’re ready for the show ». Le son. Les mouettes. L’entrée en scène. Les musiciens. Le son. Les mouettes. Serge Feys en tête. Chevelure blanche. S’installe derrière les claviers. Les mouettes. Les premières notes de We want more surgissent et perforent l’ensemble de mes cellules. Fort. Peut-être trop. Cage thoracique tremble, résonne, bouge. Comme un tremblement de terre. Vibrations sonores dévoreuses d’espace. Beethoven, nous arrivons! L’énergie est là. La démarche dans le costume noir. Arno. Les jambes lourdes. Tangue. Les pieds trouvent le chemin. Chaussures marrons. Balancent le micro d’une main à l’autre. Crache les mots. Une femme au premier rang expérimente la danse de fauteuil. Life, life is wonderful Live ist schön und fantastic Siffle 1-2-3-4 een hoedje van papier. La vie quotidienne est arrachée et emportée par cette vague superbe. Faudrait le voir en Belgique. Cela doit être génial (peut-être démesuré). Je me souviens. Dans les années 90, dans un centre commercial, j’entendais pour la première fois, la voix rauque d’Arno. Un choc. C’était à Toulon. Quelques semaines plus tard, il passait sur Canal plus et chantait dans les yeux de ma mère. Un regard incroyable. A ce moment, j’ai compris que les musiciens avaient un pouvoir dingue sur les donzelles, un charme fou. Sont irrésistibles.

Setlist:

  • Intro (entrée des musiciens)
  • We want more
  • Fantastique
  • Que pasa?
  • Elle pense quand elle danse
  • I don’t believe
  • Ratata
  • Lola
  • Die Lie
  • Je veux nager
  • The Parrot Brigade (TC Matic)
  • Dis pas ça à ma femme
  • Quand les bonbons parlent
  • Meet the Freaks
  • Comme à Ostende (dédiée à Georges Moustaki)
  • Watch out boy
  • Dans les yeux de ma mère
  • Chic et pas cher (piano + basse)
  • With you (je ne sais plus…)
  • Ostend dub
  • Putain Putain
  • Rappel: Vive ma liberté
  • Bathroom singer

20130524_230115[1]Après / Le concert est terminé. Les gens ne partent pas, se rassemblent autour du bar ou de la boutique improvisée. Achètent bières ou tee-shirt. Les tympans décapés. A une table, j’écris quelques mots sur le carnet. J’aime. Il est temps de s’élancer dans la nuit. La tête tourne un peu. Peur de rien. Lettre illisible dans la main droite. Tourner à l’angle. Le carnet sur la poitrine, le Tee-shirt noir coincé sous le bras. La démarche tangue. Un peu. Je passe. Devant le camion noir, devant les fans. On s’attendrait – presque – à voir sortir Alain Bashung, à entrer dans un café et à entendre les deux compères. J’ai le film de Benchetrit dans la tête. Un film excellent (j’ai une préférence pour le Gaby Gaby et pour les corn-flakes) . Je m’arrête devant le guitariste. Bredouille trois mots. Lui tend la lettre. Tourne les talons. Sort de ma peau, de mon corps. Cernée par la fatigue, je file. Vingt-trois heures et vingt minutes, je file.

Camion Arno

J’aurais bien aimé pouvoir vous proposer un petit entretien avec Arno, mais cela n’a malheureusement pas été possible. C’est dommage! Un jour, peut-être, l’occasion se présentera-t-elle… Merci à Hélène (du Théâtre de Vénissieux pour la tentative et à la boîte de production d‘Arno pour la réponse)

Prochaines dates de concert… 

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