Nuit blanche


Nuit blanche. Lointaine. Nuit blanche. Les idées stagnent en un point. La main se place au-dessus, de l’autre côté, à l’opposé de l’organe infesté pour la prendre cette douleur. Pour la prendre cette peau. L’espoir secret que cela n’est rien. Nuit blanche pour résumer, pour regarder la vie en face. Avec l’espoir secret que le dernier jour n’est pas arrivé. La peur. La peur de se confronter demain. Loin. Tellement loin des autres. De ces autres qui poursuivent leur chemin dans l’insouciance. Qui ne disent rien, qui s’échappent, qui s’éloignent. Ils se lassent peut-être de ces états de démons, de ces états intoxiqués. Et ils manquent. Nuit blanche où le combat psychologique fait rage. On a vécu. On a vécu une journée entièrement. Parce qu’on ne peut s’empêcher de se dire qu’au fond, que là, en un point, il y a peut-être quelque chose de terrible, que là quelque part, en un point, il y a un monstre qui s’est levé. On se déplace. Il se déplace. Il faut suivre un rythme, l’envolée des hirondelles, il faut se placer sur le fil. Et quand on se trouve à côté, on se perd. On n’existe plus vraiment. On disparaît peu à peu, et on cherche parfois à renforcer le contour dans les souvenirs où vous n’avez déjà plus votre place. Vous savez que le monde hurlera encore après. Tout retourne au silence. Au silence de cette nuit à se ronger les sangs. Le temps s’interrompt. Nuit blanche où le corps retient sa respiration dans la clandestinité. Loin des autres. Des amours. Des amants. La surface froide de ce côté-là. La surface inutile. Nuit blanche. Où les volets ouverts, il suffit de contempler la ville, les rares lumières. Où peut-être que là aussi, les idées stagnent en un point. Un point furieux et inaudible. Divisible par deux. Il suffit d’essayer. De se cramponner. Pour y arriver. Certains pensent que la lâcheté, que la faiblesse sont une présence chaleureuse. Ils pensent que vous avez cessé d’y croire. Ils s’enfuient. Le corps et la conscience aimeraient les ramener ici. Leur dire qu’on essaie. Que l’on essaie vraiment. Que l’on se bat contre soi-même. Que l’on se bat pour la passer la barrière. Qu’il n’y a pas de complaisance mais que la réalité a ses lois. Pas de fatalité. Pas de pathos. Pas d’excuses. La peur de M. Mot maudit à ne pas dire. Les yeux ouverts dans cette nuit, les paupières deviennent blanches. Les idées tournent autour comme des charognards attirés par la carcasse (abandonnée par la peau, les formes). Nuit blanche où l’on rêve du sur-lendemain. Les mains jointes. On murmure quelques mots en direction du ciel. Les premières lueurs. Ne pas attendre (de vivre). De pas attendre (l’épaule). Ne pas attendre (le réconfort). Ne rien attendre. Si ce n’est la survivance au point.

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