Chloé Mons: MONSOON


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CONCERT DE CHLOE MONS LE 9 AVRIL (Scène du Canal-Jemmapes)

Pauline Catherinot : L’album se compose de douze chansons, le titre est Soon. Pourquoi ce choix? 

Chloé Mons : SOON veut dire bientôt et il s’agit beaucoup de chansons d’amour. C’est un peu « Un jour mon prince viendra… ». Et puis MONS et SOON ça fait MONSOON, mousson en anglais, ce qui fait écho à l’Inde.

Pauline Catherinot : Les rayons du soleil sont-ils toujours suffisants pour y puiser la force ?

Chloé Mons : Les rayons du soleil sont constants et généreux, c’est à nous de leur faire de la place. C’est parfois beaucoup de travail, beaucoup de rangement! Mais c’est essentiel de laisser la lumière se faire une place.

Pauline Catherinot : Vous aimez la musique punk, êtes-vous allée à l’exposition consacrée à ce mouvement ?

Chloé Mons : Pas encore. Oui j’aime le punk!

Pauline Catherinot : Quel est le dernier album que vous avez acheté ?

Chloé Mons : Le dernier Lloyd Cole. Un très bel album.

Pauline Catherinot : Quel est votre James Bond préféré ? Auriez-vous été une bonne James Bond girl ?

Chloé Mons : J’aime TOUS les James Bond! Je suis fan absolue!!!!! Il y en a un très beau qui se passe en Inde justement, c’est Octopussy. Bien sûr j’aurais adoré être une James Bond girl, et je ferai ça très très bien! C’est imprimé en moi!

Pauline Catherinot : Quel serait, pour vous, le meilleur album de PJ Harvey ? Qu’aimez-vous dans sa musique ?

Chloé Mons : Je ne peux pas choisir un album car j’aime vraiment son chemin, le fait que ce soit une artiste en recherche perpétuelle.  J’aime vraiment sa liberté, le fait qu’elle n’hésite pas à aller soudain dans une direction très différente, comme sur White Chalk, ou à revenir à ses premières amours avec Hu hu her avec un enthousiasme in-ébranlé. Elle fait exactement ce qu’elle a à faire, n’obéissant qu’à son désir profond.

Pauline Catherinot : Comment écrivez-vous ? Est-ce le texte qui vous mène à la musique ou l’inverse ?

Chloé Mons : Oui c’est le texte d’abord. J’écris et ensuite la musique vient. Souvent j’ai une idée de là où je veux aller, une atmosphère dans la tête, une couleur. J’écris les mots au rythme de la vie et puis la mélodie vient assez naturellement, dès que je veux la chanter. Je sais tout de suite si c’est juste ou non.

IMG_0886Pauline Catherinot : L’expérience personnelle dont vous parlez fréquemment a-t-elle été, une fois encore, au cœur du dispositif créatif ?

Chloé Mons : Absolument. Je ne peux créer que comme ça, avec ma vie, mon ressenti. C’est mon matériel intime.

Pauline Catherinot : Quelle phase, dans l’élaboration d’un album, préférez-vous ?

Chloé Mons : J’aime tout. C’est un processus long avec des étapes très différentes. Il y a la phase d’écriture qui est un étrange mélange d’extérieur puisqu’il faut vivre, ressentir, mordre dans le réel, et d’intérieur puisqu’il faut être à l’écoute de soi-même pour coucher les mots sur le papier. La composition est une autre étape solitaire où la chanson prend forme. Ensuite c’est le partage avec les musiciens, l’enregistrement. Et puis la scène. J’aime chaque moment et chaque étape à venir est une vraie excitation.

Pauline Catherinot : Que puisez-vous dans les différents voyages que vous avez faits ? J’ai l’impression que vous avez voyagé pour chaque album… l’Afrique, l’Inde…

Chloé Mons : J’aime voyager, j’aime l’inconnu, j’aime l’ailleurs. C’est toujours inspirant puisque ça génère des sensations nouvelles à chaque fois. Je suis de nature curieuse.

Pauline Catherinot : Est-ce que l’on peut dire que votre musique se place dans des sphères entre désenchantement et envoûtement?

Chloé Mons : C’est joli ça! En tous cas, ces deux mots me parlent bien sûr. La musique a un pouvoir enchanteur et envoûtant et je suis très à l’écoute des forces invisibles qu’elle véhicule. Et mes textes se penchent souvent sur ces liens impalpables entre les êtres, entre les choses. C’est un des grands mystères de la vie, de l’amour, et on se cogne tout le temps à ça. C’est merveilleux et très étrange.

Pauline Catherinot : Vous chantez très peu en français, pourquoi ?

Chloé Mons :: Mon premier disque Chienne d’Un Seul était presque tout en français. Et depuis Walking c’est en effet surtout en anglais. Je ne sais pas, ce n’est pas un choix réfléchis, ça s’impose à moi. Par contre après cette aventure en Inde avec ce producteur américain, j’ai vraiment envie de langue française! Donc je peux dire que le prochain sera en français.

Pauline Catherinot : Vous avez travaillé avec Yan Péchin sur votre dernier album. Vous le connaissez depuis longtemps. Comment s’est passée votre collaboration?

Chloé Mons : Yan a joué sur tous mes albums solo, c’est donc le quatrième que nous faisons ensemble. On s’est rencontré il y a longtemps et tout a été évident. Je n’ai pas besoin de parler, il comprend exactement où je veux aller. Il est de ma famille, de mon sang, de ma caravane où qu’elle aille. 

Pauline Catherinot : Si vous étiez un animal, un son/un bruit, un vent.

Chloé Mons : Une Hirondelle. Le tonnerre. Le Zéphyr.

Pauline Catherinot : Quels sont vos prochains projets ?

Chloé Mons : Un concert sur « Calamity Jane » au Musée de la Nature et de la Chasse le 11 Décembre. Commencer un nouvel album tranquillement, l’air de rien…

Pauline Catherinot : Comment est né le projet du film documentaire ?

Chloé Mons : Naturellement avec l’idée d’aller enregistrer en Inde. je ne pouvais pas imaginer revenir sans traces de cela.

Pauline Catherinot : Qu’avez-vous ressentie au moment où vous vous êtes aperçue que vous ne possédiez plus votre album enregistré en Inde ?

Chloé Mons : Un sentiment terrible d’injustice et d’impuissance, une grande tristesse face à ce gâchis.

Pauline Catherinot : Quelles différences (on peut l’imaginer…) existe-t-il entre la version enregistrée en Inde et celle enregistrée à Paris?

Chloé Mons : La vraie différence est l’absence de violon à Paris. En Inde il y avait ce violoniste magique qui ajoutait une couleur très forte.

Chloé MonsPauline Catherinot : Comment vous sentez-vous sur une scène ?

Chloé Mons : Comme à la maison. Là où je dois être, où je fais ce que je sais faire le mieux.

Pauline Catherinot : Si je vous dis rébellion, vous me dites…

Chloé Mons : La moindre des choses.

Pauline Catherinot : Comment pourriez-vous définir votre liberté ? Vous êtes quelqu’un de libre, vous faites ce que vous voulez sans vous préoccuper de ce que l’on pense de vous, c’est rare aujourd’hui. Où puisez-vous cette force ?

Chloé Mons : Pour moi, être libre, c’est quand même l’essence même de l’artiste. C’est la seule façon d’être honnête. Je ne sais pas faire autrement, je n’ai pas le choix. C’est aussi sûr que les éléments: le feu, l’air ou l’eau. 

Pauline Catherinot : Vous avez commencé en faisant du théâtre, est-ce que cela vous manque ?

Chloé Mons : On ne peut pas dire que ça me manque vraiment car je suis comblée par ce que je fais. Mais c’est vrai que ça me ferait plaisir d’en refaire, surtout pour le travail en équipe, l’aventure humaine. La musique est un tel travail solitaire…

Pauline Catherinot : Quel lien avez-vous avec votre public ?

Chloé Mons : Je ne le rencontre pas assez alors il me manque un peu. Je le sens fidèle et attentif, mais nos échanges sont trop rares faute de concerts.

Pauline Catherinot : Qu’aimeriez-vous  que l’on dise de vous, en bien ou en mal  ?

Chloé Mons : Je m’en fous.

Pauline Catherinot : Etes-vous constamment en marche ?

Chloé Mons : Oui oui oui.

Pauline Catherinot : Quel son avez-vous rapporté de votre voyage en Inde ?

Chloé Mons : Surtout les percussions, ces rythmes très loin du binaire de chez nous.

Pauline Catherinot : Comment choisissez-vous vos voyages ? Comment est né ce projet de disque en Inde ?

Chloé Mons : Mes voyages arrivent de façons différentes, ça peut être l’amour ou le travail ou juste la curiosité. Pour l’Inde c’est différent. Mon père y va depuis quarante ans chaque année et je voulais faire un disque en rapport avec ce pays mais aussi avec cette partie intime de ma vie.

Pauline Catherinot : De quelles sensations avez-vous été traversé lors de cette expérience ?

Chloé Mons : Elles sont multiples et colorées. 

Pauline Catherinot : Vous disiez dans une interview que le seul espace de liberté est la scène… Qu’est-ce qu’on trouve sur scène que l’on n’a pas ailleurs ?

Chloé Mons : On peut se mettre nu si on veut, on peut fumer, on peut hurler, on peut tout montrer.

Pauline Catherinot : Avez-vous des regrets ?

Chloé Mons : Non.

Pauline Catherinot : Quels sont vos rêves ?

Chloé Mons : Il y en a tant! Mais en tout premier l’amour bien sûr.

Pauline Catherinot : Avez-vous une pensée sauvage et libre à nous confier ?

Chloé Mons : J’en ai trop, je suis faite de ça.

Pauline Catherinot : J’emprunte les mots de Brigitte Fontaine,  » Partout, c´est la prohibition Alcool à la télévision Papiers, clopes, manque de fric Et vieillir dans les lieux publics  Partout, c´est la prohibition Parole, écrit, fornication Foutre interdit à soixante ans Ou scandale et ricanements »  Tout d’abord, êtes-vous d’accord avec elle ? Et ensuite si oui pourquoi ?

Chloé Mons : Oh que OUI.  Brigitte est magnifique. Elle est comme une marraine pour moi, elle a ouvert la voie. Dans cette chanson là elle dénonce cette époque atroce dans laquelle on vit où les espaces de liberté se réduisent comme une peau de chagrin. Comme pour elle ,cela m’oppresse, me donne des envies de tout casser. Mais comme je suis une artiste je crée. C’est ma façon à moi de poser des bombes.

Pauline Catherinot : Quel est votre livre de chevet ?

Chloé Mons : Vie Secrète de Pascal Quignard

Pauline Catherinot : Plutôt Thé ou café ? Chien ou chat ?

Chloé Mons : Thé toute la journée, café en fin de matinée. Chat chat chat absolument.

Pauline Catherinot : Qu’aimez- vous le plus ou monde ?

Chloé Mons : Ma fille, l’amour, la création.

Pauline Catherinot : Comment êtes-vous venue à la musique ?

Chloé Mons : Naturellement. D’abord en en écoutant beaucoup beaucoup.

Pauline Catherinot : Qu’est-ce qui est essentiel pour vous dans votre quête artistique ?

Chloé Mons : La liberté, celle qui est d’être à l’écoute de soit et d’obéir à ça uniquement.

Pauline Catherinot : Quel mot « interdit » aimeriez-vous prononcer / le prononcez-vous régulièrement ?

Chloé Mons : Je dis beaucoup de gros mots.

Pauline Catherinot : Jamais sans vos santiags ?

Chloé Mons : Jamais sans mes bottes, C’est mon pantalon à moi! Les santiags pour la cambrousse. En ville, des talons!

Pauline Catherinot : Quelle part de vous ressemble à Madame Muir?

Chloé Mons : Romantique, absolue, fidèle, contemplative avec un sens naturel du fantastique. 

Pauline Catherinot : Plutôt Madame Muir ou Calamity Jane?

Chloé Mons : Les deux. L’âme de Mrs Muir avec le chemin rocailleux de Jane.

Pauline Catherinot : La chanson Mr Phantom est un chant d’amour (pour Alain Bashung) mais est-ce aussi une référence à ce film, film que vous aimiez tous deux The Ghost and Mrs. Muir?

Chloé Mons: En effet Mister Phantom est un doux écho à ce film, mais surtout à Alain

Pauline Catherinot : Avec quel(s) artiste(s) aimeriez-vous travailler?

Chloé Mons : Il y en a beaucoup mais je préfère le chuchoter aux étoiles.

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