Voix Vives / Voyage


Nuit remue. La tête est aux pieds. Se réveiller. Balancer les draps et se précipiter. Liste. Liste. Où est la liste? Effusion. On se précipite. Le cœur palpite. On dépose le chat qui miaule, qui miaule à un endroit. Lâcher le félin. On remplit la valise. On s’assoit dessus parce que ça NE FERME PAS. Il y a trop de chaussures. Trop de tout. Trop de choses. ça NE FERME PAS; La fermeture va céder. C’est le bordel. Qu’est-ce qu’on oublie? Qu’est-ce qu’on oublie? Des trucs certainement, ces petits riens qui sont utiles. Ces petits détails qui feront peut-être la différence.

J’ai hâte de partir, d’aller là-bas. J’en rêvais depuis longtemps. Sète. Voix Vives. Un objectif. Alors dans le tumulte. Je rêve. L’espoir. L’envie passionnée. On fonce. Il n’y a pas de barrages.

Se rendre à la gare. Bon. Un panneau indique que mon train a un retard de trente minutes. Je vais rater ma correspondance. Tout va bien. On ne s’angoisse pas. On mange assise sur la grosse valise. On savoure. On prend le temps. On regarde les gens. On fait l’inventaire. On vérifie à l’intérieur de son cerveau que tout est là. Textes. Pupitre. Chaussures. Chaussures. Re-chaussures. On va pouvoir marcher et se rendre d’un point à un autre. Avec des pieds de toutes les couleurs. Bon. Information SNCF. Quarante minutes finalement. Pas de panique. La correspondance s’éloigne de plus en plus. Pas de panique. Tout va bien. Une petite heure et enfin nous atteignons la voie, le train, la voiture, le fauteuil. Frais. Rencontre avec le voisin d’infortune. Qui parle. Un jeune homme qui travaille dans le domaine médical. Tatouages sur les bras. Piercing. Je sors mes classeurs, la machine à faire des trous. Je classe. Je classe. je fais des changements. Déplacement des textes. Il y en a partout. Ça NE RENTRE PAS. Il y a trop de feuilles. Mon voisin. Qui parle. Me dit que la tablette c’est plus pratique, ça prend moins de place. Et oui, mais on ne peut pas faire des lectures avec une tablette. Le voyage se passe et se passe bien. On travaille tranquillement. J’ai oublié mon casque. Pas de musique. Dommage. Tout se passe bien. Le train avance avec un retard d’une heure. J’organise la suite, la correspondance grâce à Violaine qui est incroyable et qui gère les choses à distance. Le train s’arrête. En pleine voie. Peu avant Nîmes. Immortaliser l’instant. Une petite photo. Le temps s’installe. Un monsieur de la SNCF parle et nous donne tous les détails: « nous sommes arrêtés en pleine voie suite à un incident passager. Autant dire les choses clairement, il s’agit d’un suicide. Une équipe est sur place pour faire le nécessaire. La police et le procureur de la république doivent venir pour faire le nécessaire. Nous en avons pour une heure, peut-être deux heures d’attente. Merci de ne pas chercher à sortir du train. Les portes sont fermées. Nous remercions les fumeurs de ne pas fumer, il y a des enfants à bord. Et nous informons que le bar vient de rouvrir ». Sur ces bonnes paroles, positives et lumineuses. Nous patientons. Les portables s’allument, certains font des récits apocalyptiques. Le monsieur de devant qui regarde un dessin animé Moi, moche et méchant (ce qui lui va plutôt bien)… discute et dit qu’il est inquiet, il craint qu’un train nous rentre dedans. Oh joie. Oh esprit positif où te caches-tu? Mon voisin. Qui parle. Décrit la morgue, les corps en décomposition et le reste. Il travaille dans le domaine médical. Je regarde ses lèvres bouger. Je dégrafe ma concentration. Nous patientons. Plus d’eau. SOIF. Quelle poisse!!! Ce voyage est mortel (humour facile et peut-être de mauvais goût).

Le train repart (c’est comme Mars). Et s’arrête. Puis repart. Puis s’arrête. Puis repart. Puis s’arrête. Mesures de sécurité. Nîmes se rapproche. Repart. S’arrête. Nîmes se rapproche et s’atteint finalement. Sortir et découvrir le chaos. Voyageurs perdus. Employés de la SNCF débordés. Un peu sur les nerfs. Informations contradictoires. Le moral se corne et s’assombrit. Pas de correspondances pour Sète. Je retrouve Matthieu, mon compagnon d’infortune et musicien sur le festival. Après un certain temps. LONG. Une voiture est en route pour venir nous chercher. Un train est finalement annoncé. Un TGV. Nous montons à bord. La valise est lourde et me détruit le dos et les bras. Sète. Enfin. Le ciel couvert. Une dame est là et nous embarque à bord de son véhicule. Direction la réunion!!! YES.

Déposer la valise. LOURDE et les sacs au bureau et MANGER. Respirer. se détendre et boire un peu de vin. BONHEUR.

La soirée d’ouverture s’est bien passée. Assise à côté d’Armand Dupuy. Eva qui m’accueille chez elle m’attend. je récupère les affaires. Traversée de Sète avec la valise. Ce n’est pas le marché noir dans la valise mais le bordel poétique. Trouver l’adresse. Maison chaleureuse. On va pouvoir dormir.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s