Voix Vives / Jour 2


Deuxième jour. Plus à l’aise. On se sent pousser des ailes. Le ciel n’est pas vraiment bleu. Mais la bonne humeur est là. Se diriger vers le centre ville. Je suis chargée ce matin: sac lourd (contenant les classeurs, les textes, l’appareil photo, le zoom, une lampe torche, deux pinces à linge, des kleenex, un stylo…), le pupitre, des affaires de rechange etc etc. Maison sur le dos. Je suis passée par le bureau. Quelques poètes sont assis à la terrasse. Les yeux sont encore endormis. Le café fume au-dessus des gobelets en plastique (il faut en mettre deux pour éviter de se brûler les doigts). C’est un peu l’effervescence ce matin. Quelques poètes sont encore dans la nature. Il faut aller les chercher. Répondre au téléphone. Je m’installe à un ordinateur. Il manque la souris. Patienter. Parler vaguement anglais… On bredouille. On peine à trouver les mots. On a l’impression de comprendre parfaitement. Mais rien ne sort comme il faudrait. L’accent est déplorable. On parle avec ses mains. Quand soudain, un voisin de table finit par traduire. Nous sommes sauvés!!

Il est bientôt 10h30, il est temps de rejoindre la rue Garenne pour « Poésie de plein fouet ». Antoine Simon accueille ce matin Dani Orviz et Charles Pennequin. Deux performances de qualité. Deux univers différents. La bonne humeur de Dani. Le charisme. La maîtrise entière du geste, de la voix, du rythme. Dani Orviz est une grande figure de la scène slam (troisième au niveau mondial et premier en Europe). Il y a foule. Comme un joute verbale et sonore. Les têtes sortent des fenêtres. Une petite fille s’arrête, cueille une fleur, regarde la scène… Charles Pennequin se lève avec un mégaphone rouge: « je me révolte… je me révolte tout seul… » il passe à travers les gens, disparaît. On entend sa voix. Les gens cherchent… rient encore. Il réapparaît. Dimension!!! A conjuguer à deux voix. Excellent!!! Cela fait comme un petit pincement de poitrine. Soudain, le trac. [On se demande pourquoi…] Standing Ovation. Les applaudissements n’en finissent pas. Je disparais rapidement après la lecture. J’ai rendez-vous avec Cédric Matet (photographe) afin de travailler sur la lecture du lendemain. Il faut vérifier le diaporama, chasser les éventuelles coquilles. Nous nous retrouvons donc au bar du plateau pour une petite séance de travail. Il faudra modifier un peu le texte. Le résultat est très esthétique. Nous avions travaillé ensemble lors de l’exposition « l’étoffe même du corps » avec Helen Martres et Cédric. C’était l’occasion de refaire quelque chose ensemble et de boucler la boucle. Le temps passe vite à Sète. Il faut se dépêcher, monter la rue Garenne et se diriger vers la Terrasse du Quartier Haut où Michel Giroud est attendu pour une performance. J’ai manqué quelques minutes. Je m’installe sur le bitume. Michel Giroud (le Coyote) est là. Face à Frank Smith. Il a devant lui quelques instruments: des clochettes, des percussions (je crois… je suis un peu loin…) et puis un collier pour les ânes. Il parle de la filiation, de ses ancêtres. Je ne tenterai pas de retranscrire ses paroles, cela sera approximatif et  cela trahirai certainement sa pensée. Il est ensuite temps de rejoindre le QG pour aller manger. Le ventre gronde… S’isoler ensuite. La lecture se rapproche. Il faut vérifier les textes. Travailler un peu.

J’ai ensuite rejoins la Chapelle du Quartier Haut pour y écouter (une seconde fois) Béatrice Machet. J’aime cet endroit. Je ne manquais aucun rendez-vous l’an passé. Les murs sont blancs et noirs. On croirait un décor de film. Comme le résultat d’un incendie manqué. Il n’y pas d’ouvertures. La lumière ne rentre pas. Béatrice est au premier rang. Dani est venu nous rejoindre. Frank Smith présente, en quelques mots, le travail de Béatrice. Elle monte ensuite les trois marches, s’installe à la petite table, explique le découpage de sa lecture: certains textes proviendront de son livre d’art (sculpté sur du bois si ma mémoire est bonne) puis, une suite de textes autour des plis. S’ensuit une discussion avec Frank Smith autour de l’écriture, du cheminement de l’artiste, de son parcours, de l’écologie… Je me suis ensuite installée à une table. Une petite bière avant de s’élancer vers la Place du Pouffre pour une première séance de dédicace. Nous avons longuement discuté avec Daniel Maximim. Un très beau moment de partages. Les rencontres se suivent, toutes bouleversantes. J’ai l’impression de trouver peu à peu des membres de ma famille poétique: Armand, Dani, Dominique et bien d’autres. Impossible de tous les cités. Ce festival risque d’être bouleversant à bien des égards. C’est tout simplement magique. Je crois que le bonheur absolu existe et qu’il est peut-être ici à Sète.

Il est plus que temps d’aller Place du Pouffre. Daniel m’accompagne, puisqu’il est également prévu pour cette séance de dédicaces. Je retrouve donc Yves Artufel, mon éditeur au chapeau!!! La table est grande. De nombreux livres décorent le tissu. De nombreux livres en effet mais devant Salah Stétié et Moëz Majed. J’ai un peu l’impression d’être David face à Goliath. Je m’assois. La table me paraît immense, tout comme l’affiche. Un exemplaire de Papier-Carbone. Je trouve cela plutôt drôle et en total décalage avec mes voisins de droite. Daniel Maximin a disparu. Il est au loin. Il m’expliquera plus tard que ses livres n’étant pas arrivés… il lui était impossible de dédicacer quoique ce soit. Je prends l’instant avec beaucoup de distance. je ne m’attends pas à vendre. Je mise sur un livre. L’exemplaire unique. Nous verrons. Et comme trois chaises restent vides. Didier Calleja (qui tient notamment le stand Al Dante et qui est à l’origine de la revue l’Agacé de Sète) décide d’organiser une dédicace sauvage avec Karin Huet, Jérôme Bertin. Quatre livres vendus finalement. Je prends cela pour un bon présage.

Nous retournons manger au snack africain. Nous faisons des choix inverses. Patricio et deux autres poètes viennent nous rejoindre. Des accents. Des échanges encore et encore. Bonheur. Pas de piment ce soir. L’anecdote se transmet… Sapho et Antoine Simon ne sont pas très loin, à quelques mètres sur scène. J’ai l’impression que je confonds les heures, les jours. Il est presque 21 heures, nous allons au Théâtre de la Mer pour écouter Carmen Maria Vega. Petite équipe… Amadeo, Armand, Dani…

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