Voix Vives / Jour 3


Je ne sais pas pourquoi je me suis levée si tôt ce matin. Il n’y a pourtant pas d’urgences. Les stands commencent à lever les rideaux Place du Pouffre. Certaines installations semblent être nées pendant la nuit. Il y a cet homme qui dort. Sous les pieds de la table, des milliers de poèmes. La journée promet d’être belle. Il se dit que certains viennent de loin aujourd’hui. Par le train. En deux groupes. Leur présence est importante. Ils seront là dans quelques heures. Il faut essayer de faire le maximum de choses avant leur arrivée. C’est peut-être ça l’urgence d’ailleurs. Je passe comme tous les matins par le bureau. Les traits sont tirés. Claudio Pozzani est assis à une table avec Antoine Simon. Il griffonne des mots sur une feuille. Longue écriture. En bleue. Concentré. Échanger quelques mots. Poser le matériel. Et ne pas savoir à cet instant ce qu’il faudrait faire. J’oublie certainement quelque chose mais quoi??? Ecrire. Rêver. Et puis s’apercevoir qu’il est 10h30 et que le rendez-vous matinal de va pas tarder à commencer: « Poésie de plein fouet ». L’invité du jour est Claudio Pozzani. Il est accompagné par Laurent Sauron, un jeune percussionniste. L’atmosphère est détendue. Après une courte présentation, Claudio prévient l’auditoire en expliquant qu’il va lire quelques textes calmes (car il y a une autre lecture au coin de la rue). Ce sont des poèmes issus de son recueil. Il alterne les textes en français et en italien. Antoine lui prête parfois sa voix: « Claudio a besoin de mon aide, car il ne parle pas bien le français »… Minutes… « Claudio a besoin de mon aide, car il ne parle pas bien l’italien ». La langue a fourché. Claudio Pozzani fait ce qu’il sait faire: il y a du rythme, de la voix. Je le sens peut-être moins à l’aise que les années précédentes. Il pensait d’ailleurs que sa lecture allait durer trente minutes… Léger moment de flottement pour chercher les textes. Se lever. Se placer devant le micro et dire la poésie avec cet accent si… Croiser Jihad. Tenter de parler en anglais. Ah vocabulaire, où êtes-vous parti? Dans des gouffres. Avalé par la bouche qui massacre sans cesse les accents. Sauf les petits mots, les tous petits mots. Croiser une autre personne. Qui a des envies de piscine. (J’irai bien piquer une tête également… la mer n’est pas loin)

Je retrouve ensuite Cédric Matet et Helen Martres pour une ultime séance de travail. On vérifie une dernière fois le diaporama, les textes, le minutage. On se déplace d’un endroit à un autre. Trop de soleil. Trop de reflets sur l’écran. Café trop fort… Pas d’électricité… Bref, on a perdu un peu de temps. Nous avons finalement trouvé refuge au Café du plateau où deux personnes jouent du clavier. Cédric a bien bossé. Le résultat est très esthétique. La lecture de l’après-midi risque d’être forte en émotions. Petits coups de fils.

Allonger le pas et se rendre à la Terrasse du Théâtre de Poche. Marc André Brouillette officie. Une poésie tout en profondeur. La minutie du vocabulaire (justement) et des images. Accent. Aussi. J’ai manqué une bonne partie. C’est dommage. Il faudra revenir à cette écriture. Les occasions ne devraient pas manquer pendant le festival.

Se diriger vers la cantine. Tendre le précieux ticket. Fuir un peu le soleil qui tape. FORT. On ne va pas se plaindre. Rejoindre ensuite une partie du cercle au Jardin du Château d’eau. Rires. Raconter tout ce que l’on peut. Demander des nouvelles. Manger des fruits, des galettes de riz. Pendant que certains se préparent à la sieste (dans les hamacs), d’autres redescendent pour se préparer. J’ai croisé sur le chemin quelques visages connus. Passer par le bureau. Attraper les sacs et prendre la direction de la Chapelle.

[J’ai comme l’impression que ces petites notes vont être répétitives….]

Après la lecture de Chapelle… Certains sont allés poser leurs valises. D’autres se sont impatientés. D’autres encore sont allés écouter Claudie Lenzi et Moëz Majed sur le Parvis de l’église Saint-Louis. Claudie a lutté contre le vent, contre les feuilles. Les textes sont forts. Une rencontre très importante. Une femme extraordinaire!!!! J’ai beaucoup à apprendre d’elle. Je me souviens il y a deux ans, j’étais venue sur le festival et la rencontre avec l’écriture de Claudie avait été un véritable choc. De ces lectures qui bouleversent, et qui modifient votre rapport à l’art, votre perception, votre vision. Elle ouvre sur un monde sensoriel. La poésie de Claudie est un monde d’objets, de mots sortis de la bouche, des oreilles. Généreuse et incroyable. Je voudrai dire plus, mais en disant plus, on trahit alors certaines pensées que l’on ne veut en aucun cas écorner. J’espère que je pourrai lui rendre un jour un peu de tout ce qu’elle m’a donné et permis d’atteindre en si peu de temps. Il y a Eric aussi, Cédric. Là, encore… la famille poétique s’agrandit. Et on se sent bien, on se sent tout simplement bien. Avec l’envie de faire qui se consolide. On ose un peu plus. La peur perd de son éclat. Je n’oublie pas pour autant le second poète qui était là. Moëz Majed. Une lecture plus intérieure. Une lecture fleuve pour un texte phare (la formule est un peu simple, vous me pardonnerez certainement cette facilité). Les mains ont peiné parfois à découper les pages de la belle édition. Les pages épaisses. La voix a tremblé parfois. Ces deux écritures sont différentes, mais elles ne s’opposent pas. Elles se répondent parfois. Les poètes échangent. C’est extrêmement riche. Après quelques mots… on quitte le parvis pour le bar du plateau. Immense tablée avec des sétois, des lyonnais, des habitants de Saint-Jean la Buissière… Soirée magique!! Nous sommes ensuite allés manger (une fois n’est pas coutume). Il ne faut pas se coucher trop tard. Je repasse par le bureau, il y a quelqu’un au fond, qui travaille. je m’assois. Je reste quelques instants. Il est temps d’aller se coucher. Je me lève tôt demain… à 4h30… pour la lecture de la crique.

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