Voix Vives / La Chapelle du Quartier Haut: en noir et blanc… (Jour 3)


 

Thème : Le corps et Les amours déchus

Désert. L’endroit est désert. Chargé d’émotions. (C’est la journée!!!) J’en ai tellement rêvé. Me retrouver. Là. Ici. Dans ce lieu. Dans ce lieu précis. C’est presque irréel. J’ai vérifié à plusieurs reprises que je ne m’étais pas trompée de date. Le planning est à portée de mains. Tristan, le technicien, est là. Il met tout en place, court dans tous les sens. Il ne parle pas français mais italien. On se débrouille.  Le bureau n’est pas loin. Je vais attraper un thé et un café. On travaillera mieux. Je lui explique le découpage. En deux temps. Cédric et Helen font leur apparition, Nous allons pouvoir tester le diaporama avec le vidéoprojecteur. Je croise les doigts. Pendant qu’ils installent, je vais me changer. J’ai prévu une robe aux couleurs de la Chapelle: noire et blanche. De petites pointes de rouges. Des souliers vernis. Bouche colorée. Petite ceinture. Je suis prête. Je positionne le classeur sur le pupitre.

Cédric est aux commandes. Il teste. Parle en anglais. Vérifie. On a eu quelques sueurs froides. L’ordinateur ne voulait pas se connecter au vidéoprojecteur. No signal. Frank Smith vient d’arriver. Je lui explique les grandes lignes. Il doit s’absenter quelques instants afin de voir si quelque chose a été fait pour/contre la fuite d’eau. Petite inondation dans le hall. Enjambement de la méditerranée (à échelle miniature). La climatisation (je crois) est morte ! On fait quelques essais. La pression commence à monter. Il faut se calmer. RESPIRER. Prendre l’air qui vient de l’entrée.

Il est presque 17 heures. Je rejoins le premier rang. Tout est en place. J’ai le retour images sur le côté, un peu trop peut-être. Cela ne va pas être évident. Il aurait fallu plus de temps. Ce qui est fait est fait. Les gens commencent à arriver. Je reconnais quelques visages. Après une présentation (je vais certainement arrêter de dire que le présentateur présente le poète, c’est redondant et vous avez certainement compris à force !!!), je m’installe derrière le pupitre pour la première partie consacrée à L’étoffe même du corps, une série de 10 textes et photographies. Les mains, les bras bougent seuls. J’ai l’impression que cela manque de rythme. On me dira plus tard que j’étais trop concentrée sur le retour images. Je suis plutôt d’accord, mais l’émotion était là. Je ne pense pas que cela ait été un frein. Un temps. Boire une gorgée et partir sur la lecture d’un texte fleuve: Et les regarder les fantômes. Texte écrit en une nuit (ou presque). Initialement, je voulais proposer une lecture autour des amours déchus avec quatre textes: Le cortège amoureux; Profane; … ; Et les regarder les fantômes. Il y a une belle intensité je crois. Ce fut une lecture sur le fil. J’ai cru tomber parfois, emportée par le poids des mots et puis la force, l’énergie pour contre-balancer. Il y avait une belle écoute. Une poignée a été poussée… (il faudra reprendre cette lecture pour eux) La discussion qui a suivi, a été très riche. Les questions étaient intéressantes. Enfin, l’échange s’est poursuivi avec certains spectateurs. C’était fort!!! Très fort!!! Au fond de la salle, sept sont là. Merci!!!! Vous ne savez pas comme –

Depuis que je suis arrivée, je prends un plaisir fou à lire, à écrire, à partager. C’est une période idéale. Espérons que cela dur!!! Je croise les doigts.

(tellement peur que tout cela disparaisse… rien n’est acquis, tout peut disparaître en un fragment de secondes. Il faut travailler encore et encore, ne pas cesser. Franchir les étapes, les obstacles, profiter des élans, des moments de bonheur pour puiser la forcer et avancer encore)

EXTRAIT:

Et. Sans détour. Tout a. Tout, sauf ce qui était là, dans la
poche intérieure, derrière la couture arrachée un soir de
fête. Ce qui était là n’était plus dit, mais ça existait
encore dans le présent. Entre les accrocs, là, sous le fil,
on sentait le passage de l’aiguille, des doigts sur le tissu.
[Comme une ampoule pour que ça coule et que ça
sèche] Pourtant, c’était enterré depuis – derrière les
cailloux, dans un coin du jardin. Des griffures sur les bras,
(je) rêvais de nos ombres dans la nuit sous un parapluie à
danser et à les croquer les fruits… A croquer dans les
noyaux pour sentir, dans la bouche, les morceaux de
nous. (Je) rêvais des nuits sans sommeil où nous étions
dans l’élan du monde. Je (rêvais) de ta peau lointaine de
quelques centimètres. A peine effleurée. A peine oubliée.
Je (rêvais) de tes mains qui redessinaient mes os. Je
(rêvais) – Il y avait – là, dans ce temps, une révolte
interne qui refusait de s’abandonner (entièrement).

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