Voix Vives / Sur la plage au point du jour (Jour 4)


Textes lus: Après le pont – Nocive – Fond de mer – Nuit d’été – Profane – Juillet

Pas dormi de la nuit. Peur de ne pas me réveiller, de ne pas entendre la sonnerie, de manquer le rendez-vous tant attendu. Lorsque le festival m’a demandé si j’avais des souhaits. Je n’avais qu’une seule envie: la lecture de 5 heures. Au départ, je pensais lire un texte imaginé (en partie) pour la crique Et les regarder les fantômes. L’an passé, j’avais eu le coup de cœur en écoutant Pierre Tilman et Nicole Peyrafitte. C’était intense. La réception est différente à cette heure-là. On est dans un demi-sommeil, saisit par le vent. L’envie donc de tester la lecture, de se confronter à la voix endormie, aux éléments, à la douceur du matin.

Pas dormi de la nuit. Tourner. Tourner. Tourner. Réfléchir et tourner encore les idées entre le cerveau et les draps. Se dire qu’il faut dormir. Se concentrer mais ne pas y arriver. L’heure avance puis le réveil sonne. Se lever. Faire tomber des choses. Pas de réflexes ou si peu. La veille, on plaisantait. On se disait que j’allais la manquer cette lecture, qu’un poète serait oublié et que ce serait moi. Je n’imaginais pas que la fiction rejoindrait la réalité.

Je me suis préparée. J’ai avalé un jus d’orange. J’ai mordu dans des galettes de riz. La douche pour se vitaliser. J’ai placé la robe dans le sac rose. J’ai vérifié les textes, attrapé le pupitre et les pinces à linge, vérifié que la lampe fonctionnait. Je suis descendue 4h30 rue Jules Vallès. Il n’y pas un chat ou si peu. Quelques phares passent mais ne s’arrêtent pas. Je regarde la lune, les immeubles éteints. Je réfléchis, révise les quelques textes. La pression monte. 4h45 toujours personne. Se raisonner. Eviter la panique et l’angoisse. Imaginer que l’équipe a des tonnes de choses à faire. Le téléphone sonne. Voix. Me dit que la rue n’apparaît pas sur le GPS. Voix perdue. Voix fragile. Nous cherchons une solution, un autre lieu. Le commissariat. S’élancer avec tout le bazar, traverser le pont. Frémir à chaque passage. Rien. Personne. Commencer à paniquer. Il est 4h55. Une voiture s’arrête enfin. S’engouffrer. Démarrer. Se presser. Plaisanter et dédramatiser. Eviter le camion poubelles. Prendre une rue en sens interdit. Arrêter la course devant la barrière. Sortir. Se dépêcher. Allumer la lampe. Descendre à travers les rochers. [Complicité avec C qui a fait tout ce qu’elle pouvait pour arriver le plus rapidement possible. Merci à elle. Nous avons une chance folle ici. Nous sommes extrêmement bien entourés. Équipe incroyable!!!!] Se mettre au parfum. Changer les textes qui ne correspondent plus. Massacrer les deux premiers. Tenter le texte en allemand. A cinq heures, les mots ne viennent pas en allemand. Alors écorcher les mots, les sonorités. Chercher la respiration. Se perdre parfois entre les notes. Ne plus connaître la place des mots et puis les retrouver. Les allonger. Tenter de les envelopper et de leur donner le souffle. Un moment malgré tout intense parce que là. Sur le sable. Voir le vol des goélands. Sentir les gens, les respirations. Entendre le bruit des vagues. Retenir les feuilles dispersées par le large. Respirer enfin, en même temps que le jour.

Quelques courageux se sont baignés. Fous!!! Eau glaciale « elle est froide cette chose-là » (Dani Orviz)

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