Voix Vives / Jour 7


Alors ce jour-là. Amnésie..; Que s’est-il passé? Il s’est certainement passé quelque chose. Mais quoi?

Si si ça me revient… (oui, mais lequel… on ironise ce soir, personne ne comprendra… on assume)

Alors… Ce jour-là. J’ai certainement pris un petit déjeuner, traversé la ville, longé le canal, regardé le ciel, croisé des gens, oublié mon badge, porté mon sac. Je suis certainement passée comme tous les matins saluer Yves sur la Place du Pouffre. Je suis certainement passée au bureau (déposer le bazar).

Qu’ai-je fait avant 10h30??? Ce 25 Juillet. Le noir total.

Sète. Un vendredi matin. Du mois de Juillet. Je me dirige rue Garenne. Claudie Lenzi et Frank Smith sont les invités d’Antoine Simon. Deux approches. Frank Smith a lu (de mémoire) des extraits de son livre Etats de faits (Editions de l’Attente). Il rappellera lors de la matinée son attachement au documentaire, au cinéma, au théâtre… Les projets ne manquent pas. J’ai surtout aimé la seconde série, le travail sur le chœur. La lecture est singulière puisqu’elle se fait sur un téléphone. IL fallait y penser! J’y vois des références au théâtre antique, mais également à Koltès, au Théâtre politique. J’espère avoir l’occasion d’entendre ce texte sur un plateau. Frank Smith a imaginé un dispositif scénique. Des voix qui – Des voix qui se – Le vocabulaire est épais. découpé. Précis. Maîtrise de la langue, de la grammaire. Rien ne perturbe l’écoute. Rien ou presque. Un regard. Une porte de garage. Un regard. Du plastique. Un regard. Des oiseaux. Un regard. Deux hommes parlent. Lorsque l’on parle de l’écriture de Frank Smith, je crois que l’on peut oser les termes de « politique », « d’engagement », de « fragments », de « documentaire ». La poésie n’est peut-être pas la solution, pas la seule solution. Mais peut-être est-elle une solution. « La poésie de Frank Smith se forge à l’épreuve du plomb ». J’ai en tête une lecture. Une autre. C’était il y a deux ans. Il s’agissait des Correspondances. Philippe Tancelin et Frank Smith étaient côte à côte. Le débat était profond. J’avais été frappée par la profondeur et la richesse des champs, des perspectives, par l’écriture dans la minutie. Le détail. La description brute, méticuleuse. Rien ne pouvait ou ne semblait pouvoir échapper à la plume de l’auteur. Claudie Lenzi a proposé une brillante performante autour de l’audition, des moustiques. La présence dans la simplicité. Mais avec force, avec conviction. J’ai été bousculée par certains textes ce matin-là. J’ai aimé « les petits objets curieux« … « Le cachet fait foie »…

Nous sommes ensuite allés prendre un café Place du Pouffre avec Béatrice, Pierre, Armand, Dani… La pause-douceur s’est transformée en séance de travail. En effet, Claudie nous a proposé de venir lire lors de sa lecture du soir. On découpe le texte. On prend des notes. On discute. On échange.

REPAS

15 heures… On presse le pas. Dani est invité de l’émission radiophonique Poètes au présent. Walid est également là. Sa poésie est poignante. La poésie est hors d’atteinte, en dehors des conflits. Elle est un cri, une révolte, une révolution peut-être. La main tourne la mousse orange. Bruits parasites dans les canaux. La nervosité des poètes est parfois incontrôlable. La main tourne, tourne, tourne, appuie sur la mousse. Dani demandera lors de l’émission à Laurent de créer un rythme spécial pour l’un de ses textes… Vivacité et Energie. Alors après, nous sommes peut-être allés boire un café. Nous sommes peut-être passés au bureau. Nous avons peut-être discuté. Je suis ensuite allée voir la Lecture de Cécile Richard… De la poésie de plein fouet avec un fouet en forme de tapette rose. Les chroniques se giflent, se frappent dans le rose, n’échappent pas à Cécile. Sauvage! La pluie et l’orage ont dû arriver peu de temps après. Le déluge…

Je crois que les chemins se sont ensuite divisés… Certains devaient embarquer… Aller au bureau (ça change). Y croiser Brigitte Baumié et d’autres encore…

De mon côté, j’ai rendez-vous avec Jenifer pour la traduction en langue des signes. On se retrouve au bar du plateau. Carlos (alias Christophe Mahé…) fait une brève apparition. Jenifer me pose quelques questions sur le sens de certaines expressions. Je lui demande de m’apprendre à dire les titres de mes poèmes. J’ai parfois fait quelques confusions (entre amoureux et problème, ce qui va souvent de paire… ) C’était passionnant. J’aurais aimé avoir davantage de temps pour apprendre d’autres mots, d’autres phrases, pour dire plus, pour aller plus loin dans l’expression, dans le corps. C’est déjà beaucoup. On oublie que c’est déjà beaucoup. Tout ce que l’on vit là est énorme. C’est simplement magique! Alors forcément, on avance et on y prend goût. Tout prend sens. Tout est naturel. La soif d’apprendre et de faire. De se dépasser. D’aller au-delà, de briser les murs. Nous avons ensuite assisté à une performance incroyable devant le bar du plateau entre théâtre, langue des signes, musique. Très très fort. Je ne connais pas le nom de la compagnie. Dommage de découvrir ce rendez-vous seulement ce soir. Peut-être demain, pour la dernière… (si ce n’est pas trop la course).

Je suis repassée par le bureau. J’ai attrapé les affaires. On file avec Dani au Théâtre de Poche pour une répétition. On pose nos affaires dans le hall. Je manque de pêche. Je ne suis pas la seule. Eric trouve les mots et l’énergie revient. On tente. On teste. Je suis heureuse d’être là. Bonheur véritable. Ces moments sont précieux, ce sont de petites bulles. Il faut savourer. On prend du plaisir. Les gens arrivent, entrent dans le théâtre, prennent place. Cédric est assis sur le bord de la scène. Karin au fond. Dani, sur le côté. Les voix vont pouvoir partir et arriver de tous côtés. Tout est allé très vite. Un petit salut et puis s’en va. Il faut courir sur une autre scène. Je suis perdue. Je croise Mathilde. On échange quelques mots. Il n’y a pas un chat. Tout est trempé. (cf article).

Repasser au bureau. Un poète. Un faux bond. La panique pour une lecture qui ne peut se faire. Cynthia cherche des solutions.

Nous sommes ensuite allés au Théâtre de Mer pour assister au concert de Grand Corps malade… (je me souviens d’une petite plaisanterie d’ailleurs). Nous avons montré nos badges. Claudio Pozzani n’est pas loin. Pull en laine. On ne pourra pas voir la fin puisque nous avons réservé dans un restaurant: L’Alouette sans tête. Très très belle soirée. On tentera ensuite le QG… une fête se prépare paraît-il. Personne. On optera finalement pour le bar du plateau. Bonne nuit et à demain!!! Pour la dernière journée. Pas envie de dormir mais d’étendre les secondes pour qu’elles deviennent des minutes, les minutes de heures et les heures, des jours… Haut le cœur!!! Dans les étoiles, au-dessus de la mer et des goélands.

 

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