Voix Vives / Partir


 J’ai laissé quelques affaires au bureau.

Je me suis levée tôt (très tôt) pour aller les récupérer.

J’ai laissé le badge là-haut, sous les toits.

Les rues ne sont pas encore animées. Tout a disparu. Les poètes. Les scènes. Les fauteuils. La place du Pouffre s’est métamorphosée. Les tentes blanches sont fermées. Quelques éditeurs sont venus prendre les derniers cartons. La guinguette est démontée (en partie). Personne ne prend le café. On entend aucun bruit. Pas de murmures. Pas de mouvements. Les palmiers ont été rassemblés. Le bar du plateau est désert. La rue Garenne a retrouvé ses habits. On écoute les oiseaux chanter (deux dans une cage). Le coeur se serre. Le festival est terminé. Il ne reste que quelques traces. Les souvenirs. Le son des voix. Les visages. On pourrait presque pleurer. On pourrait presque s’asseoir sur un banc. On pourrait presque. Mais on avance parce que le temps presse. Il y a tant de choses à faire: petite liste s’allonge. Pas eu le temps de dire au revoir à tout le monde… ça restera dans la suspension, dans ces zones intouchables. Le bureau est ouvert. Prendre les sacs. Faire le tour. Saluer et Remercier. Je l’ai souvent dit, mais on a été chouchouté, choyé par cette belle équipe. De petites attentions, une logistique bien huilée. C’était simplement parfait. (et ça n’aide pas à partir…)

On tourne les talons.

On s’enfuit.

On ne regarde rien.

On fixe le sol.

On pense.

On cherche les mots.

On essaie d’arrêter le cerveau, son cycle épuisant.

On hésite à allonger le pas pour voir la mer, piquer une tête.

Mais l’heure tourne et on n’a pas le temps… J’aurais aimé rester quelques jours de plus. Bain de soleil. Bain de mer. Se reposer. Ici. Je m’y sens bien dans cette ville. C’est un peu chez moi.

Rentrer. Une dernière fois. Prendre le petit déjeuner. Offrir un livre. Discuter. Rire. Monter et préparer la valise qui ne veut pas fermer. Trop de choses. Trop de tout. Trop de chaussures. Des piles de livres. Pas assez. Valise (monstrueusement) lourde. Faire plusieurs tours. Eve m’emmène dans un quartier que j’aime beaucoup: La pointe courte. Le pays des pêcheurs et des chats. J’étais tombée sous le charme l’hiver dernier. On se promène. Les vagues. L’air. Le vent. Les chats se cachent ou dorment dans des caisses. Rouge Alpilles se repose. Prendre un thé. Discuter. Rire et partir. Quelques poètes sont sur les quais. On parle en anglais, en français. Certains ne disent rien… Partir…

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