Armand Dupuy… Vie (5/5)


L’encéphalogramme du spectateur s’est penché sur l’oeuvre d’Armand Dupuy. Nous vous proposons cinq entretiens que vous découvrirez par étape (une étape par semaine).

La vie…

 

Pauline Catherinot : Comment se passe la vie à cinq heures du matin ?

Armand Dupuy : Dans l’ordre : descendre 15 marches, faire passer le café, mettre l’ordinateur en marche, relever les messages, jeter un œil à facebook, faire défiler les images, lire quelques commentaires. Répondre aux courriers, relire des textes, écrire (recopier des notes), parfois lire un peu – mais en papillonnant. Monter 30 marches, tourner un bref moment à l’atelier (regarder surtout), descendre, me préparer, partir. Mais il est déjà 7h30 ou 8h.

Pauline Catherinot : Es-tu plutôt Thé ou Café ?

Armand Dupuy : Café ! Avec la tasse que je lève à la santé des amis.

Pauline Catherinot : Qu’est-ce qui est essentiel pour toi ?

Armand Dupuy : Cette question, précisément !

Pauline Catherinot : Est-ce que tu aurais une recette à nous donner ?

Armand Dupuy : Il est plus prudent de consulter www.marmiton.org : 62 927 recettes est-il annoncé ! Mais je me débrouille pas trop mal pour certains plats.

Pauline Catherinot : Quel a été ton premier choc artistique ?

Armand Dupuy : Je crois que ce genre de « choc esthétique » précède l’art. Précède cette connaissance-là. J’imagine que ça commence avec les premières perceptions du monde. Je suppose que ça doit être assez impressionnant toutes ces couleurs qui vous pénètrent, ou plutôt toutes ces couleurs intenses qu’on est, soi-même. Puisqu’il est probable qu’au départ on ne fasse pas la différence entre ce qu’on est et ce qu’on voit. Mais dans le champ de l’art, j’ai rencontré deux œuvres, assez jeune, qui m’ont impressionnées. D’une part, il y a la découverte de l’architecture de Le Corbusier. On se promenait avec mes parents, quand j’étais enfant, assez souvent près du Couvent de La Tourette à Eveux. Et il y avait parfois ce débat entre les adultes, ces railleries : est-ce de l’art, tout ce béton, et pourquoi on fait ce tapage autour de ce qui n’est « que ça » ? Ça me questionnait mais j’étais incapable de formuler quelque pensée que ce soit à ce sujet. Je n’étais pas équipé. Puis, un peu plus tard, il y a eu Opalka. J’avais vu une émission, une nuit – j’étais malade, bien fiévreux. Et je découvrais ce gars qui peignait la suite des nombres en les récitant en polonais. On disait que c’était un peintre… je trouvais ça étonnant, dérangeant. Il disait aussi que la mort était un outil. L’art n’était plus seulement de l’art, ça devenait une vie. Ça m’impressionnait terriblement. Mais, comme avec Le Corbusier, j’étais incapable de faire quoi que ce soit de ce que je recevais. L’un et l’autre, même si je les ai oubliés pendant longtemps, ont laissé des traces durables, c’est certain. Des traces qui étaient plutôt des gouffres vertigineux. Je me posais beaucoup de questions, enfant, et j’avais conscience, peut-être, que ces gouffres posaient des questions qui étaient de bien meilleures réponses que celles qu’aurait pu me fournir n’importe quel adulte à cette époque.

Pauline Catherinot : Que lisais-tu enfant ? Quel serait ton premier souvenir ?

Armand Dupuy : Je ne lisais pas du tout. Je détestais lire. Je me contentais de ce qui était « obligatoire » à l’école.

Pauline Catherinot : Si tu étais : un mot, un silence, un son, un lieu, un animal, un instant, un personnage ?

Armand Dupuy : Je suis assez mauvais pour ce genre de jeux… désolé ! Mais il y a peut-être des réponses à piocher dans les livres : des mots qui reviennent, qui insistent. On pourrait faire un portrait chinois en guettant certaines occurrences.

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7 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. « On pourrait faire un portrait chinois en guettant certaines occurrences… » D’accord, je veux bien essayer :
    Si Armand Dupuy était un mot, ce serait certainement le mot « tête », pour l’animal, je penche pour une mouche et s’il était un meuble, il serait très certainement la table de la cuisine… J’y suis ? 😉

    1. Je ne sais pas. Il faut demander à l’auteur.

  2. Ma question était toute rhétorique, il s’agissait surtout d’un petit clin d’œil en passant…

    1. Oui oui j’avais bien compris. J’essayais de faire un trait d’humour. Bien à vous! !!

  3. Et à vous ! Nous nous sommes donc bien comprises.

    1. Désolée, j’écrivais à partir d’un téléphone. Pas simple. Merci pour vos commentaires. Postez en autant que vous voulez!!!! Belle soirée. Au plaisir de vous lire!!!

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