Appelez-moi Catherine, mais Catherine Deneuve!!!


Catherine. Catherine. Qui est cette Catherine qui me ressemble comme deux gouttes d’eau? Une jumelle. Un double. Une ombre. Une femme très demandée. Tout le monde l’appelle… Catherine par ci. Catherine par là. Parfois on pourrait hurler: AHhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh qui est cette personne? cette Catherine que tout le monde appelle. On aimerait lui fermer la bouche à cette Catherine. La choper. Effacer le prénom et lui en donner un autre. L’attraper enfin. On aura peut-être plus de chance demain. Au réveil. A priori on la croise le matin et dans les reflets. Dans tous les reflets: au fond des bols de thym, dans les flaques, dans les vitres, dans les lunettes de ces autres qui disent sans relâche et sur tous les tons: Catherine? Bonjour Catherine. Alors Catherine. Au fait Catherine. Catherine. Catherine. Catherine. Oh! OT! Catherine… oh. Toujours là entre les dents et sur les langues. Catherine. Fixement devant moi, il la cherche. Cette Catherine. Elle court (sans cesse). Et c’est moi qu’ils trouvent. Ou alors c’est l’autre, le double. Je fais ma Catherine. Et ils cherchent encore. Toujours devant moi, en me regardant fixement, comme si… Comme si je la connaissais MOI cette Catherine. Moi qui ne m’appelle pas Catherine. Cela ne sert à rien de vous planter devant moi, de dire: « Catherine ». D’insister en vous demandant pourquoi je ne réponds pas. Je n’ai pas envie de répondre. J’ai envie de. Je ne la connais pas. Vraiment je ne la connais pas. Si je vous le dis. NON, je ne la connais pas… Cette Catherine qui me ressemble. Ce n’est pas moi. Nous ne sommes pas nous. Je ne suis pas elle. Et c’est vrai pour l’inverse. Nous sommes deux pour un même visage. Deux pour une bouche. Qui se moque. Qui répond au prénom déformé. J’en connais d’autres des Catherine. D’autres qui ont peut-être ce prénom… ou alors elles aussi elles ont un autre prénom, qui commence par une autre lettre. Hein Catherine? Où que tu sois, si tu savais comme je te comprends oh Catherine! J’ai un nom qui te ressemble; tellement proche. On se ressemble. Tu es la copie. Deux lettres font la différence. Un O. Un T.  Elle a l’air de leur manquer. C’est bien triste tout ça. Oh Catherine!  Et après je me dis que je veux des biscuits, un nom, un prénom qui ne se confondrait ni avec Janine ni avec Cointreau. Catherine Paulinot ou Poulinot (ça dépend des accords, des accents, des heures), la troisième vit dans une ferme alors que la première, l’originale on ne sait pas trop. Dans la transparence et le chaos. Dans l’erreur aussi. La première. Et bien c’est la première. Il a bien fallu une première fois. En cours. Un prof de français et ce fut l’escalade. Depuis. C’est Catherine. It’s very extraordinary. I can love my name, love words, two words… Please…. You can You can… allez on essaye c’est facile j’ai les mêmes initiales que le parti communiste, que Paul Claudel, Parcel Croust, Pathalie Carraute, Pamuel Cekett, Pantonin Cartaud, Polivier Cadiot, Pacques Chigelin, Prigitte Containe et j’en passe. Le prochain qui m’appelle ainsi je l’appelle …., j’avais un autre mot mais ça plairait pas à Catherine qui est très prude et très respectueuse. ELLE. C’est trois fois rien un prénom. C’est rien. Mais c’est. Faut s’adapter aux identités que l’on vous donne, aux prénoms qui vous ressemblent.. Appelez-moi Catherine Paulinot! C’est pratique, c’est un double maléfique à qui on peut tout faire faire. Une connerie, c’est elle. Une faute de mauvais goût, c’est elle, c’est forcément un coup de cette mégère: Catherine! CATHERINE CATHERINE TOO LONG CATHERINE CATHERINE TU TE FOUS BIEN DE MA CATHERINE LAISSE MOI PASSER TOI ET TES BOUCLES TOI ET TON ET TA CATHERINE CATHERINE VOLEUSE DE LE PROCHAIN QUI JE LE Et si on lui ajoutait un a, ça ferait plus exotique, Catherina Paulina, pour l’exportation. Pour bouffer des tapas et des gâteaux au miel. C’est elle qui va sur les ponts, qui chantent des refrains interdits, c’est encore elle avec ses souliers rouges et les rubans qui s’envolent dans le vent. C’est encore elle, le parfum. C’est encore elle, les gamelles incrustées par la viande brûlée. Elle sait rien faire, on se demande bien ce qu’ils lui trouvent. A cette Catherine! Oh Catherine, qui es-tu? Où es-tu? où te caches-tu? Quelque part dans ma peau, quelle partie du visage s’appelle Catherine? Oh Catherine. Tu me fais de l’ombre. Et tu te marres… ça te fait rire!!! Catherine, c’est pas facile à dire en plus… c’est le genre de prénom qui s’accroche à la mâchoire, ça colle aux dents. Au café, c’est Catherine. C’est décidé, je change. Pour la communauté, je change, pour que ce soit plus simple. Appelez-moi Catherine, mais Catherine Deneuve!

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