Lettre à… (2)


Cher … ,

Je rentre. Minuit est passé. Déjà. Que le temps passe vite sous ce ciel. Parler. Parler toujours. Faire deux mètres et parler. J’ai les pieds en feu. petites blessures de guerre: deux ampoules. La faute à la sandale droite. La faute à cette journée de marche à travers la ville. Ce n’est rien. C’est la blessure qui te rappelle que tu as passé une excellente journée. Tu ne tombes pas encore de sommeil. Je suis assise au bureau ce soir. Bien mieux que le matelas: source de la chute de la veille. La lente plongée dans le sommeil. Je suis rentrée un peu dans la précipitation ce soir. On ne m’a pas appelé Catherine ce soir. On m’a dit un mot en quatre lettres, un mot qui ressemble à hutte. Un mot sorti d’une voix éraillée et alcoolisée. Je ne me suis pas retournée. Je n’ai pas dit que l’on m’appelle Catherine habituellement. Je me suis perdue. J’ai tourné trop tôt ce soir. J’avais les talons derrière, le bruit des talons. J’en oubliais les mouettes et le souffle du vent.

Soixante et onze. Faible score. Soixante et onze photos en presque deux jours. J’ai fait mieux. J’apprends à viser et à appuyer ensuite. Je tente de faire la bonne photo, celle dont je serai fière. Merveilleux olympus. Complice. Je viens de terminer la soirée au bar du plateau (et non pas des platanes). La décoration a été refaite. C’est plutôt joli. Les murs sont marrons. Reste l’espace blanc avec les signatures de poètes. Si tu veux aller aux toilettes. Il faudra te demander si tu aimes Fort Boyard. On te donnera une lanterne. Il te faudra l’allumer. On te dira de ne rien faire tomber. Tu fermeras la porte. Petit espace qui semble tout autre éclairé avec cette simple lanterne. J’ai donc passé la soirée ici. La voix de Lily F dans le fond. Cette voix qui provenait de la rue rapide. Belle voix de Lily. Belle voix. Je l’imagine assise là. Je parle avec J. Je travaille la langue des signes. J’apprends quelques mots supplémentaires. Je dis l’année dernière, facile, moustique, bavarder etc… J’ai renversé ma bière aussi sur la chaise en plastique. Bermuda humide. Vapeur belge. Je pense à Dominique et à la femme au rouleau. Pas de nouvelles d’ailleurs de Dominique. Que fais-tu?

C’était l’anniversaire de J aujourd’hui, un autre J. Le J qui me loue cette chambre.

Une journée anniversaire où tout s’est passé à la perfection. Je t’en dirai plus de vives voix. Les rencontres. La fuite des guinguettes, le burger infecte moitié steak moitié chicken. Quelle idée!!! Je te laisse lire les autres petits textes. J’espère que les pierres parlent un peu et qu’elles sont connectées aux murs d’ici. Sache qu’il ne se passe pas un jour sans que j’entende parler de toi ou sans que j’entende parler espagnol. On aurait pu se débrouiller aisément cette année. Bonne nuit.

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