Higelin symphonique


Orchestre National d’Île-de-France Bruno Fontaine, direction

  • Jacques Higelin, chant
  • Dominique Mahut, percussions
  • Christopher Board, clavier
  • Alice Botte, guitare
  • Arnaud Dieterlen, batterie
  • Zaf, basse

Une place in extremis. Point de rendez-vous improbable dans une voiture. Un échange presque clandestin. Un personnage en couleurs, avec un accent de là-haut. L’heure se rapproche. Le concert est à 20h30. Un week-end « Higelenesque ». Le bonheur!! Cela faisait longtemps, trop longtemps que je ne l’avais pas vu sur Paris. Alors on profite. On ouvre les naseaux. On hume le parfum du bitume. On respire. On se blottit dans des « pensées jolies ». On revoit des amis d’il y a longtemps, on boit des bières, on mange des gâteaux apéritifs et puis quand même on se dirige vers la Philharmonie. On monte les escaliers. Un miroir que l’on pourrait traverser. La modification de l’optique. On entend des voix… Viennent de plus loin, de plus haut. On y est. On entre. Le monde. Le beau monde aussi (quelques têtes connues… devinette: je suis un homme politique français, je porte des lunettes, je me déplace avec une paire de béquilles… je suis? Ah difficile. Je m’appelle Julien D.) Un dernier verre au bar. Et puis, le tic-tac. On passe. On montre le billet. On plie son cœur en deux pour ne pas qu’il déborde, pour ne pas qu’il tombe en lambeaux. On est dans la file. Dans la longue file. On attend. ON s’impatiente. Le tic-tac. L’heure tourne. Voix mécanique: « le concert va commencer immédiatement ». Plusieurs mètres vous séparent de l’entrée. Voix mécanique. Encore. Vous tentez comme les autres d’accélérer, de contourner, de vous contorsionner. Voix mécanique. Le coeur tape et ça se tord à l’intérieur. La presque peur de manquer le début. Avouons-le en fait: oui, vous avez peur. J’ai peur de manquer les premières minutes, de manquer l’entrée en scène. J’entends les instruments, la conversation hasardeuse des notes. Je suis là, dans cette file et je m’impatience. Après plusieurs longues minutes, passer enfin les portes et découvrir l’intérieur de la salle. Chercher la place avec hâte. Écraser deux pieds, peut-être plus… et puis enfin s’asseoir. Non, vous n’êtes pas étouffante, vous êtes maladroite. Une plaie.

Les lumières s’éteignent et puis les premières notes. Des archets, des violons, une harpe… l’arc de cercle. Le chef d’orchestre est emporté – entier – dans cette ébullition sonore. Costume noir. Pochette rouge. Une paire de lunettes. L’énergie. Mais qu’est-ce que c’est? Ce n’est pas du Higelin, je ne sais pas trop… mais c’est beau. J’aimerais la connaître mieux cette musique-là… L’impression d’être dans un film, dans une forêt… Ce petit chemin qui sent la noisette. J’avais Thomas Bernhard aussi en tête (pour d’autres raisons).Rythme accélère. S’arrête. Les applaudissements. Musiciens se lèvent. D’autres arrivent. Une tête blanche apparaît. Higelin symphonique!!! L’ovation. Premier balcon. Place 56. Je vois. La vue plongeante, parfois brouillée. Maudite myopie. Je verrai les visages plus tard (sur arte). Pour l’heure, je profite des émotions, du concert… J’écoute, mes oreilles sont à l’affût. Hâte de découvrir la setlist. La salle est debout. Irradiée. L’émotion forte. L’émotion qui submerge peut-être aussi sur un coin de scène. Dans le costume noir. L’ovation qui n’en finit pas. Le temps. Le temps à part. Le temps que l’on prend, que l’on donne. « Je suis tellement heureux. » Nous aussi. Il y a ce nous. Ce nous de spectateurs. Ce nous unique et pluriel à la fois. Ce nous debout. Ce nous qui applaudit dans le noir. Nous. Une marée immense qui donne des ailes, de l’énergie. Se revoir et s’émouvoir. « Bon, reprenons-nous ». Le rire d’Higelin. Premières notes qui tombent du ciel (c’était facile). Orchestration seventies je crois, seventies et sympohonique. Du Higelin. Mais pas vraiment. Autrement. J’aime bien… ça sonne. Les mots sortent parfois maladroitement de la bouche. Fragile. Yeux rivés sur l’écran. On se détend. On se fait confiance. On se laisse porter. Pas peur des nous. Comme j’aimerais tomber d’en haut. Toute petite goutte d’eau. Je me souviens des directions, des chemins d’errance, des rencontres ici et là, des concerts… Je ne sais pas vraiment combien. Mais c’est gravé, ici. Dans la poitrine. Me laisse bercer. J’y suis!! Youhou. On se laisse aller complètement. Ahaha. Nous chante. Nous fredonne. Nous rit aux éclats. Nous est heureux. Nous remplit son corps de force et parfois de larmes (pour les évacuer plus tard). Le silence. L’assise. Le dream « vous ne commencez pas? ça va être long, mais ça va être bon »… Je glisse. Je m’efface devant nous. Et je trace, je vis dans les ellipses. Je plonge dans les airs. Je vole. Et je divague (certainement). Ice cream. Passionnel. Philharmonie-ice. (c’est facile… pardon, cela ne sera certainement pas mon meilleur texte, dommage, j’aimerais pouvoir dire l’indicible, les creux, les silences, les accrocs). Le chef d’orchestre et le chanteur dos à dos. Comme un reflet. Comme un double dans l’obscurité qui bondit. Adios. Un peu perdu, oublie parfois le chemin puis le retrouve pour ne plus le lâcher. L’appel de la liberté à tant de visages… de passage sur ma terre lointaine… Libre de toute nostalgie…. Je me souviens de vos cheveux longs, de votre accordéon, de Mahut. Là. Ce soir-là: la plus belle leçon de musique/ VIVRE. Merci. Alors ce soir, nous est heureux de la sentir cette belle liberté… ça échappe… mais c’est tellement bon. Cadeau de la vie!!! A vous!!! La joie profonde et sincère. ADIOS. BONJOUR. Se retourne souvent vers l’orchestre… « Il y a des beautés » des Alice Botté, des Mahut. PARS. Année 70. Un générique des années 70 ou non… Mona… Oui Mona Lisa Klaxon… Magnifique… Excellent!!! Très très belle orchestration… Quand le téléphone sonne, je sais… je sais que… je sais que c’est Mona Lisa Klaxon. Nous remue. Nous klaxonne. Nous sur le fauteuil en velours de la Philharmonie danse, bouge dans l’obscurité… Nous aime les léopards… Nous aime les incantations… Nous est là. Les costumes noirs coordonnent leurs mouvements sans le savoir. Le pouvoir de la musique. Higelin des années 70. Et je petit J que je suis aimerait que ce morceau dure une petite éternité. Le petit J pourrait s’en satisfaire. Le petit J mémorise les gestes, les déplacements, les pieds qui se balancent… Retient le son… et se souvient des boucles, des séries… dans une voiture rouge et blanche… Ne coupez pas… NE COUPEZ PAS. NE / COU/ PEZ / PAS. NON /NE COU/PEZ/PAS… Puis la douceur. Higelin symphonique. Higelin cinématographique. Très belle harmonie… Je me ballade au bord de l’eau… Et je suis les sillons… en rêvant au fil de l’eau… dans le bleu du ciel… dans le halo des projecteurs… Pointillés au plafond… Magie… Nous nage. Nous nage à travers les eaux profondes. Nous est attiré loin, toujours plus loin. Petite voix du petit J aimerait parfois que Jacques Higelin parle un peu plus. Le J les aime ces moments de perdition,de détours, ce phrasé… Ahaha… En rêvant, au fil de l’eau… J va loin. J oublie les pensées obscures. J oublie la ruine. J : bercé dans l’infiniment bleu du ciel… Violons… Certains essuient quelques larmes… Ce serait tellement bien de descendre. Lumières rouges. Mon coeur bat… Mon coeur bat… Tournent les machines??? et souvent tombent en panne… Bat le coeur. Ne t’arrête pas. Comme le coeur de mes frères… regards complices… Vieille cloche fêlée…. Aux héros de la voltige… J ne comprends pas non plus ce qu’on lui reproche. LA MORT EST LE BERCEAU DE LA VIE… Higelin et ses musiciens se retirent… Halloween… « le sketch, on l’avait répété pendant trois jours » On peut dire que ça a de la gueule. Je ne peux pas dire que ce soit le texte que je préfère, mais cette musique… comme cela… juste magnifique… Je pourrais m’étendre de toutes mes vertèbres, tanguer, danser sur un parquet… dans une robe rouge… Me laisser emporter…. Cabaret. Danse presque macabre pour marcher du bout des talons sur les morceaux de vers… Manquent que les épaules… « Il ne supporte pas les critiques… il a travaillé comme un dingue pour écrire un truc merveilleux…  » Dommage, qu’il n’y ait pas plus de liberté, que tout soit maîtrisé… Mais bon, c’est le parti pris… L comme beauté. Beau. Vraiment Beau… Forte émotion. « Je savais que ce serait très long » Accordéon… J’espère un accordéon désaccordé… Premières notes… et non… Ce sera (mais c’est très bien) La rousse au chocolat… Higelin rejoint Bruno Fontaine qui s’est installé au piano… le parc Montsouris… Mon coeur est déchiré… J promène ses anomalies… J se débarrasse… J aime les touches blanches … Je ne vis pas ma vie, je la rêve… Pars. Première fois que j’entends cette chanson comme cela. Je pense à elle. A M. A celle qui m’emmenait sur son vélo. A celle qui fredonnait. Pars, fais ce que tu dois faire. Cri d’amour et de douleur. Berceau de larmes. J pleure. Entièrement traversée. Elle a du coeur, Elle aime la vie et la mort ne lui fait pas peur. J espère de tout son coeur. J a mal aux mains à force d’applaudir. J a une bague en argent. J  regarde Izia rentrer sur le plateau. L’embrassade du père et de la fille. Robe colorée. Ambiance feutrée, jazzie… Je pense à un film de la nouvelle vague mais je ne sais plus vraiment lequel…. Main dans la main… Père et Fille… Le versant de l’autre…. Cachés derrière les portes du ciel…. Magnifique grain de voix d’Izia Higelin. Doux. Larmes coulent, coulent sur les joues de mademoiselle. Beaucoup de tendresse, d’amour. Moment délicieux. Se laisse aller dans les bras de son papa. Mare de Larmes. « Dans la famille, je voudrais prendre le fils ». Le fils en rouge. Tout en rouge. Un rouge électrique et peut-être sauvage. Lettre à l’ennemi public numéro 1. Energie. Monte le juke box. Percussions de Dominique Mahut.

Je suis du village l’idiot et j’entends, j’entends, j’entends les rumeurs de le ville, les forces, les failles… Irradié. Voyageur immobile. Je suis du village l’idiot et j’entends, j’entends, j’entends…. les os s’allonger, les vertèbres se détendre… Irradié… Voyageur immobile…. Je suis le sage, le fou, le débile. Des sons hallucinants… Le soir où s’abat sur la tête des NOUS la fièvre. Je suis. Je suis du village l’idiot. Je suis la dame en noire. Je suis le placide éléphant du musée d’Orsay. Je dévore les idées noires et je me dérobe à cet océan. Je me laisse aller à la rêverie. J’entends. J’entends. J’e,ntends. Les cordes. Les mains qui s’abattent sur les instruments. Boucle. Les escouades. Boucle. Des éclairs sonores. Le mirage visuel. Higelin symphonique à l’assaut. Lâché. Lâché le fauve à l’assaut des galaxies!!!! INTENSE. Je suis. Je suis. Je suis. ET. ET. ET. J’entends les rumeurs de la ville. Voyageur immobile. IRRADIE. Les NOUS déploient les cordes vocales. Loin des mirages. IRRADIES. 

Orchestre debout. Ovation. Debout. Higelin quitte le plateau. Ovation. Pluie d’applaudissements. J’aime ce bruit, bien plus que celui de l’océan ou du vent.

Piano noir. Jacques Higelin à son piano. Un aviateur dans l’ascenseur. Merci!!! Champagne!!!! ça sent la fin… Ah J aimerait que ça dure toute la nuit. J en appelle aux forces obscures, aux esprits. J éclate ses doigts. Maudite bague. J a les mains en feu. J est heureuse. J est ici à la Philharmonie. J profite. J porte une couronne. J a garé sa licorne en double file. Elle attendra. J adore. Divinement maléfique et higelenesque. Un temps. Quelques mots et PARS pour terminer en musique, en couleurs. Reviens-NOUS vite.

Jacques Higelin ne quitte pas la scène, ne veut pas quitter la scène. Beau. Touchant. Et triste aussi (peut-être un peu). Une très belle soirée. Qui n’était pas vraiment sous le contrôle entier du chanteur. Mais c’était intense et tout simplement beau. Un magnifique moment. Immense merci. Pour tout cela. Pour ce beau concert. Il ne manquait rien. Même si forcément J aurais pu rester-là des heures entières.

Partir enfin. Ramasser un programme sur le sol. Tourner le dos. partir le coeur léger!!!! Merci. Merci. Merci. Les nous sont touchés. les nous ont adoré. Les nous ont été heureux. OVATION!

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