Taxi Téhéran


Le réalisateur Jafar Panahi s’improvise chauffeur de taxi. Il s’arrête une première fois pour un homme et une femme qui s’opposent sur la façon de traiter les criminels. La femme, plutôt progressiste, est d’emblée raillée par l’homme, qui ne souffre guère de devoir dialoguer avec elle et ses idées modernes. Ensuite, il doit s’occuper d’un homme qui se vide de son sang sur les genoux de son épouse éplorée, qui s’inquiète surtout de son propre sort si son mari venait à décéder. Un vendeur de DVD piratés s’invite dans le véhicule, reconnaît Panahi avant de l’emmener dans sa tournée de vendeur à la sauvette…

S’agit-il d’un documentaire-fiction ou d’une fiction? On se pose la question et puis on creuse et on trouve: un vrai-faux documentaire. Une technique que le réalisateur a déjà utilisé en 2011 dans Ceci n’est pas un film. J’ai lu quelques articles sur Jafar Panahi. Je n’ai pas vu ses autres films. Il faudra pour comprendre. Le cinéaste a été emprisonné en 2010 (je crois). On parle alors de cinéma résistant, de pied de nez au régime iranien. On parle d’un chef-d’œuvre et je ne suis pas convaincue par ce mot. L’impression de quelque chose d’assez superficiel, de joué, parfois de surjoué… les taches de sang qui disparaissent, l’eau qui s’évapore et puis le temps. Le temps de la narration. La mise en scène du vrai. Mais si le vrai est mis en scène alors où est-il? On s’interroge aussi sur le choix de certaines séquences, sur le projet du cinéaste… La vérité ne vient pas percer l’écran et c’est dommage parce qu’on ne sait plus vraiment. Qui manipule qui? Un film que l’on pourrait tout à fait regarder sur petit écran… Par contre, le discours interroge, pousse le spectateur à chercher, à tendre l’oreille. Le parti pris est très intéressant. Le plateau de tournage est réduit, limité (ou ouvert, cela dépend des points de vue) à une voiture jaune: un taxi qui arpente les rues de Téhéran. La gouaille de la petite fille fait sourire, parfois plus. Du haut de ses dix ans, elle affiche une détermination incroyable. Libre. Et pourtant dans sa bouche, le discours politique. Le cinéma sous le coup de la censure: pas de noirceur, pas de personnages dont le prénom est persan etc. Toutes ces règles… évacuées pendant une heure vingt de liberté. Je vais essayer d’en apprendre plus sur le réalisateur et de voir d’autres films. Savoir qui est Jafar Panahi (même si j’en avais entendu parler… je me souviens de son fauteuil vide au festival de Cannes). Je suis peut-être un peu sévère et puis peut-être qu’après un enchainement de plusieurs films, on s’essouffle un peu… J’attends vos commentaires. Nous pourrons ainsi échanger. Je pense aller voir Homeland dans les prochains jours…

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